Une start-up californienne, Orchid, propose un assistant conversationnel basé sur l’intelligence artificielle, présenté comme un « second cerveau » capable de gérer des tâches quotidiennes en échangeant par messages texte. Selon Euronews FR, ce service, qui promet de s’immiscer dans les relations amoureuses et les décisions personnelles, fait déjà l’objet de vives critiques sur les réseaux sociaux.
Ce qu'il faut retenir
- Orchid se présente comme un « second cerveau » IA, capable d’organiser des rendez-vous, rappeler des dates importantes ou même réserver des restaurants, en échangeant par SMS.
- Une vidéo promotionnelle, largement moquée, illustre son fonctionnement avec un scénario où l’IA sauve un couple en rappelant un anniversaire oublié par manque de disponibilité.
- Les utilisateurs sur Instagram qualifient le produit de « dystopique » et dénoncent une externalisation excessive des relations humaines, notamment dans le cadre du couple.
- Orchid propose également de répondre à des e-mails professionnels ou de vérifier la présence d’allergènes dans les aliments, des fonctionnalités jugées risquées par les internautes.
- Selon une étude d’OpenAI et Harvard, 75 % des interactions avec des IA comme ChatGPT concernent désormais des tâches non professionnelles, reflétant une tendance croissante à déléguer des actes du quotidien.
- Les applications de rencontres comme happn observent une hausse des « AI situationships », où les utilisateurs entretiennent des relations informelles avec des chatbots pour combler un besoin d’écoute ou d’affection.
Un assistant qui se veut indispensable, voire existentiel
Fondée dans la Silicon Valley, Orchid mise sur une approche « friendly » pour vendre son produit. Contrairement aux assistants vocaux classiques, l’IA s’exprime par SMS, dans un langage proche de celui des jeunes générations, avec des emojis et des phrases en minuscules. « Tu ne peux littéralement pas. C’est pour ça que je suis là », répond l’assistant dans la publicité, après qu’un homme a oublié l’anniversaire de sa compagne, trop absorbé par ses jeux vidéo.
Le scénario, qualifié de « situation réelle » par l’entreprise, montre comment l’IA réserve un restaurant et achète des lys — la fleur préférée de la partenaire — pour réparer l’oubli. Mais les réactions en ligne sont unanimes : « À quoi ça sert d’être en couple si vous externalisez tout l’effort et la compassion ? », s’interroge un internaute. D’autres commentaires, comme « C’est immonde et si ça ne s’arrête pas, l’humanité est condamnée », traduisent un rejet catégorique de cette automatisation des relations humaines.
Des fonctionnalités qui poussent les limites de l’acceptable
Au-delà de la gestion des anniversaires, Orchid propose des services plus surprenants encore. Selon Euronews FR, la start-up suggère que son assistant peut répondre à des e-mails professionnels, aider à rédiger des idées ou même scanner les aliments pour détecter des allergènes. Une fonctionnalité particulièrement controversée, comme l’a souligné un utilisateur : « Ça peut être n’importe quoi. Et la liste des choses qui m’envoient à l’hôpital est suffisamment longue pour que n’importe quoi soit un problème. »
Cette dernière proposition, jugée « inquiétante » par de nombreux internautes, a depuis été retirée des communications d’Orchid. Pourtant, elle illustre une tendance de fond : l’IA s’immisce dans des domaines toujours plus intimes, où la marge d’erreur n’est pas tolérable.
L’IA, nouveau miroir émotionnel ou symptôme de solitude ?
L’émergence d’Orchid s’inscrit dans un mouvement plus large d’IA « tout-terrain », utilisée pour des tâches banales. Une analyse menée par des économistes d’OpenAI et d’Harvard, portant sur 1,5 million de conversations avec ChatGPT entre 2022 et 2025, révèle que 75 % des interactions concernaient des demandes non professionnelles. Ces requêtes allaient de conseils culinaires à la recherche de la pharmacie la plus proche, en passant par des demandes de motivation ou de réconfort.
Ce phénomène rejoint une autre tendance, celle des « AI situationships », identifiée par l’application de rencontres française happn. Inspirée du film Her, cette notion désigne des relations informelles entretenues avec des chatbots, perçues comme des « miroirs émotionnels » ou des « espaces d’écoute ». Une étude européenne menée par le Austrian Safer Internet Centre indique que près d’un adulte sur cinq a déjà utilisé un chatbot pour des conversations romantiques, tandis qu’un quart des répondants craint que les jeunes ne tombent amoureux d’une IA.
Les chiffres confirment cette porosité entre l’humain et la machine. Selon YouGov, trois Australiens sur dix ont déjà éprouvé une vulnérabilité émotionnelle face à un chatbot. En Europe, les résultats sont similaires, avec une utilisation croissante des assistants IA pour combler un besoin de connexion.
Une technologie qui interroge la société
Ce débat dépasse largement la simple polémique autour d’Orchid. Il pose une question plus large : jusqu’où l’IA peut-elle s’immiscer dans nos vies sans en altérer l’essence ? Les relations humaines, l’affection, la prise de décision — autant de domaines où l’automatisation soulève des enjeux éthiques et sociaux. Si certains y voient une avancée technologique libératrice, d’autres y perçoivent une menace pour l’authenticité des interactions.
Orchid, en misant sur un discours « friendly » et des exemples concrets, tente de normaliser cette intrusion. Pourtant, les retours des utilisateurs potentiels, à en croire les réseaux sociaux, sont sans appel : l’humanité n’est pas prête à externaliser l’amour, ni même à déléguer les petits riens du quotidien à une machine. Autant dire que le « second cerveau » d’Orchid a encore du chemin à parcourir avant de convaincre.
Les internautes reprochent à Orchid de proposer une externalisation excessive des relations humaines, notamment dans le cadre du couple, où l’IA se substituerait à l’effort et à la compassion. D’autres dénoncent des fonctionnalités risquées, comme la vérification des allergènes dans les aliments, jugées trop dangereuses en cas d’erreur.
Selon une analyse d’OpenAI et Harvard, 75 % des interactions avec des IA comme ChatGPT concernent des tâches non professionnelles, allant des conseils pratiques à la recherche d’informations. Une tendance qui reflète un besoin croissant de délégation dans les actes du quotidien.