En sept ans, le cours de l’or a quadruplé, passant d’environ 35 à 140 euros le gramme. Cette envolée, liée aux crises internationales répétées et à l’instabilité mondiale, stimule autant l’extraction légale qu’illégale du métal précieux. Selon RFI, cette dynamique contribue à la dégradation accélérée de l’environnement et menace la santé des populations locales, notamment en Amazonie, où l’orpaillage illégal s’intensifie.

Ce qu'il faut retenir

  • Le prix de l’or a été multiplié par quatre entre 2019 et 2026, atteignant jusqu’à 140 euros le gramme.
  • Cette hausse s’explique par la recherche d’une valeur refuge dans un contexte géopolitique instable.
  • L’orpaillage illégal en Amazonie s’est développé, entraînant des conséquences environnementales et sanitaires graves.
  • Le blanchiment d’or extrait illégalement s’organise à grande échelle pour profiter de la demande mondiale.

Un métal précieux devenu une cible pour les marchés financiers

Le cours de l’or n’a cessé de progresser depuis 2019, reflétant une tendance mondiale où les investisseurs se tournent vers des valeurs refuges en période de crise. Avec une progression de près de 300 % en sept ans, le métal jaune est devenu un actif de choix pour les épargnants comme pour les spéculateurs. Comme le rapporte RFI, cette hausse a aussi attiré l’attention des réseaux criminels, qui y voient une opportunité de profit rapide.

Autant dire que la demande accrue a un double effet : elle légitime l’exploitation minière industrielle, mais elle encourage aussi des pratiques illégales, difficiles à contrôler dans des régions reculées comme l’Amazonie. Les autorités locales peinent à suivre le rythme de cette expansion, souvent liée à des réseaux transnationaux de blanchiment.

L’Amazonie, épicentre d’une exploitation incontrôlée

En Amérique du Sud, l’orpaillage illégal a pris une ampleur alarmante. Les chercheurs d’or, souvent des travailleurs précaires, creusent illégalement dans des zones protégées, détruisant la forêt et contaminant les sols au mercure. Selon des rapports cités par RFI, les méthodes utilisées rejettent des tonnes de mercure chaque année dans les rivières, mettant en danger les écosystèmes et les communautés autochtones.

« L’orpaillage illégal en Amazonie n’est pas seulement un problème environnemental, c’est un fléau social et sanitaire. Les populations locales subissent des intoxications, tandis que les forêts disparaissent à un rythme effréné. » — Un porte-parole de Greenpeace, cité par RFI

Les chiffres sont accablants : des milliers de kilomètres carrés de forêt ont été dégradés depuis 2020, et les maladies liées à l’exposition au mercure, comme les troubles neurologiques, se multiplient chez les habitants des zones touchées.

Le blanchiment, maillon essentiel du système criminel

L’or extrait illégalement en Amazonie ne reste pas sur place. Pour être écoulé sur les marchés internationaux, il doit être blanchi. Cela passe souvent par des sociétés écrans, des faux documents ou des transactions réalisées via des pays tiers. Selon RFI, ces mécanismes permettent aux réseaux criminels de recycler des centaines de millions d’euros chaque année, alimentant ainsi l’économie souterraine.

Les enquêteurs soulignent que le système repose sur la complicité de certains acteurs du marché de l’or, qui ferment les yeux sur l’origine des minerais pour profiter de la manne financière. Les douanes et les autorités de régulation peinent à endiguer ce phénomène, en raison de la complexité des chaînes d’approvisionnement.

Des solutions existent, mais leur mise en œuvre reste limitée

Face à cette crise, des organisations non gouvernementales comme Greenpeace appellent à un renforcement des contrôles et à une traçabilité stricte de l’or. Certaines initiatives locales, comme la création de réserves minières légales, tentent de canaliser l’activité vers un cadre plus respectueux de l’environnement. Pourtant, leur efficacité reste limitée face à l’ampleur du phénomène.

En Europe, des parlementaires ont récemment proposé d’imposer des critères de durabilité pour l’importation d’or, mais ces mesures se heurtent aux intérêts économiques de certains pays producteurs. D’après RFI, la question divise aussi les acteurs de la filière, entre ceux qui prônent une régulation plus stricte et ceux qui craignent une perte de compétitivité.

Et maintenant ?

Un sommet international sur la lutte contre l’orpaillage illégal est prévu en septembre 2026, sous l’égide de l’ONU. Les discussions pourraient aboutir à de nouvelles normes de traçabilité, mais leur application dépendra de la volonté des États concernés. Par ailleurs, des ONG préparent des campagnes de sensibilisation ciblant les consommateurs, afin de réduire la demande en or issu de l’illégalité.

Cette situation rappelle que la hausse du cours de l’or, si elle répond à des logiques économiques globales, a des répercussions locales dramatiques. Entre enjeux environnementaux, santé publique et criminalité organisée, le débat dépasse largement le simple cadre du marché des métaux précieux.