La SNCF a annoncé que sa filiale low cost, Ouigo Espagne, a enfin dégagé des bénéfices en 2025, après quatre années de pertes, selon nos confrères de BFM Business. Cette réussite est due à la capture de 20% du marché espagnol, malgré un environnement hostile. L'offre low cost de la SNCF a permis d'attirer de nombreux passagers, avec une augmentation de 44,3% du nombre de voyageurs par rapport à 2024.

Ce succès est d'autant plus remarquable que le marché ferroviaire espagnol est très concurrentiel, avec la présence de l'opérateur historique Renfe et de la compagnie privée Iryo, une filiale de Trenitalia. La SNCF avait initialement prévu d'atteindre l'équilibre en 2024, mais des facteurs imprévus tels que des retards dans la livraison et l'homologation du matériel roulant, la crise énergétique et les interruptions de trafic causées par des événements climatiques extrêmes ont retardé ce objectif.

Ce qu'il faut retenir

  • Ouigo Espagne a dégagé des bénéfices en 2025 après quatre années de pertes.
  • La filiale low cost de la SNCF a capturé 20% du marché espagnol.
  • Le nombre de voyageurs a augmenté de 44,3% par rapport à 2024.
  • La SNCF veut maintenant accélérer en Italie, où elle prévoit de lancer 14 allers-retours sur deux lignes.
  • Les ambitions de la SNCF en Italie sont fortes, avec une part de marché de 15% attendue en 10 ans.

Le contexte

La SNCF avait lancé Ouigo Espagne en 2021, avec l'objectif de proposer une offre low cost aux passagers espagnols. Malgré les difficultés rencontrées, la filiale a réussi à attirer de nombreux clients, grâce à des prix compétitifs et une offre de qualité. La SNCF avait également prévu de lancer des services en Italie, mais les choses ne sont pas faciles dans ce pays, où les règles du marché sont très strictes.

Les TGV M de la SNCF, qui devaient être utilisés pour les services en Italie, sont en retard, et les propositions faites par Rete Ferroviaria, l'équivalent italien de SNCF Réseau, ne conviennent pas au groupe français. Christophe Fanichet, le président de SNCF Voyageurs, s'est rendu plusieurs fois en Italie pour rencontrer le ministre des Transports, Matteo Salvini, et même récemment Gaetano Caputi, chef de cabinet de la Première ministre, Giorgia Meloni.

Les défis à relever

La SNCF doit relever plusieurs défis pour réussir en Italie, notamment la concurrence avec les opérateurs historiques et les règles du marché très strictes. Le groupe doit également obtenir un accord-cadre satisfaisant avec Rete Ferroviaria pour obtenir de la visibilité sur ses futurs sillons. La SNCF a saisi le gendarme italien de la concurrence, qui a ouvert une enquête pour abus de position dominante et « stratégie d'exclusion » à l'encontre de la FS, la SNCF italienne.

Et maintenant ?

La SNCF doit maintenant attendre les résultats de l'enquête et les décisions des autorités italiennes pour savoir si elle pourra lancer ses services en Italie. Le groupe a prévu de lancer 14 allers-retours sur deux lignes, avec des prix en baisse moyenne de 20%. La SNCF est confiante dans son modèle et estime que son offre low cost peut être un succès en Italie, malgré les défis à relever.

La réussite de Ouigo Espagne et les ambitions de la SNCF en Italie sont des enjeux importants pour le groupe, qui veut doubler le nombre de ses passagers en Europe en moins de 10 ans. La SNCF doit relever les défis de la concurrence et des règles du marché pour réussir dans ce projet.