Le Panama et le Salvador ont déclenché des mesures administratives exceptionnelles pour affronter des conditions climatiques extrêmes liées au phénomène El Niño, selon nos confrères du Monde. Les deux pays d’Amérique centrale font face à des pluies intenses dans certaines régions et à des sécheresses prolongées dans d’autres, mettant en péril les récoltes et les approvisionnements en eau. Les autorités locales ont activé des plans d’urgence afin de limiter les risques pour les populations et les infrastructures.
Ce qu'il faut retenir
- Le Panama et le Salvador sont en état d’alerte climatique en raison d’El Niño.
- Des pluies intenses et des sécheresses prolongées menacent les récoltes et les ressources en eau.
- Les gouvernements ont mis en place des mesures administratives exceptionnelles.
- Les populations locales sont appelées à se préparer à des conditions météo difficiles.
Un phénomène climatique aux conséquences contrastées
El Niño, ce phénomène océanique naturel caractérisé par un réchauffement des eaux du Pacifique, perturbe les régimes de précipitations en Amérique centrale. Au Panama, les autorités signalent des précipitations bien au-dessus des moyennes saisonnières dans certaines zones, tandis que d’autres régions subissent un déficit hydrique marqué. « Les pluies torrentielles dans la région du Darién augmentent les risques d’inondations et de glissements de terrain », a indiqué le ministre panaméen de l’Environnement, Juan Carlos Navarro. Au Salvador, c’est la sécheresse qui inquiète : les réserves d’eau des barrages, comme celui de Cerrón Grande, sont en baisse constante, menaçant l’agriculture et l’alimentation des populations.
Des mesures administratives pour limiter les impacts
Face à cette situation, les deux pays ont adopté des mesures exceptionnelles. Au Panama, le gouvernement a décrété l’état d’urgence dans les provinces les plus touchées, comme Colón et Panama Ouest, où des évacuations préventives sont en cours. « Nous avons mobilisé les forces de sécurité pour sécuriser les zones à risque et distribuer des kits d’urgence », a précisé le président panaméen José Raúl Mulino. Au Salvador, le président Nayib Bukele a annoncé la distribution de semences résistantes à la sécheresse aux agriculteurs et la réactivation de forages pour approvisionner les communes en eau potable.
Une agriculture en première ligne
L’agriculture, secteur clé pour les économies locales, subit de plein fouet les effets d’El Niño. Les cultures de maïs, haricots et café, déjà fragilisées par des prix instables, voient leurs rendements chuter. Au Salvador, la production de café, principale ressource d’exportation, pourrait reculer de 20 % selon les premières estimations du ministère de l’Agriculture. « Les petits producteurs sont les plus vulnérables : sans pluie, leurs récoltes sont compromises », a souligné l’économiste salvadorien Carlos Acevedo. Au Panama, les éleveurs craignent pour leurs troupeaux, confrontés à un manque de fourrage et à des maladies liées à l’humidité excessive dans certaines zones.
Dans l’immédiat, les habitants des zones à risque sont invités à se préparer à des coupures d’eau ou d’électricité, tandis que les agriculteurs reçoivent des conseils pour adapter leurs pratiques. Autant dire que la situation reste sous haute surveillance, alors que les prévisions météo pour les prochains mois restent incertaines.
El Niño est un phénomène climatique naturel caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, ce qui perturbe les régimes de précipitations à l’échelle mondiale. En Amérique centrale, il entraîne généralement des sécheresses dans certaines régions et des pluies diluviennes dans d’autres, selon les experts du Centre international pour la recherche sur le phénomène El Niño (CIIFEN).