Deux pays d’Amérique centrale, le Panama et le Salvador, ont déclenché mardi 2 septembre 2026 un état d’alerte nationale en raison de l’aggravation du phénomène climatique El Niño, qualifié de « record » par les météorologues. Selon nos confrères de France 24, ces nations se situent au cœur du « couloir sec » de la région, une zone particulièrement exposée aux épisodes de sécheresse prolongée et aux aléas météorologiques extrêmes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Panama et le Salvador ont déclaré l’état d’alerte mardi 2 septembre 2026 face à El Niño, considéré comme « record » par les spécialistes.
  • Les deux pays se trouvent dans le « couloir sec » d’Amérique centrale, zone historiquement vulnérable aux sécheresses intenses.
  • El Niño devrait entraîner des pertes significatives de récoltes et aggraver les tensions sur les ressources hydriques dans la région.

Un phénomène climatique aux conséquences déjà visibles

El Niño, phénomène naturel caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, perturbe les régimes de pluie en Amérique centrale depuis plusieurs mois. Selon les dernières analyses de France 24, ses effets se sont intensifiés ces dernières semaines, provoquant une baisse drastique des précipitations dans le « couloir sec », qui s’étend du sud du Mexique au nord du Costa Rica. « Les modèles climatiques indiquent que cette année, El Niño pourrait être l’un des plus intenses jamais enregistrés », a souligné un expert cité par nos confrères.

Au Panama, les autorités ont activé dès lundi des mesures d’urgence pour limiter l’impact sur l’agriculture, notamment dans les provinces de Chiriquí et Veraguas, où les cultures de maïs et de haricots sont déjà touchées. Au Salvador, le gouvernement a annoncé le déploiement de camions-citernes pour approvisionner en eau potable les zones rurales les plus affectées, où des restrictions de consommation ont été instaurées dans plusieurs municipalités.

Des récoltes menacées et des populations vulnérables

Les premières estimations des ministères de l’Agriculture panaméen et salvadorien évoquent des pertes potentielles de 30 à 40 % des récoltes céréalières pour la saison 2026-2027. Les cultures de base comme le maïs, le riz et les haricots, essentielles à la sécurité alimentaire locale, sont particulièrement exposées. « Les sols sont tellement secs que même les pluies attendues en septembre risquent de ne pas suffire à sauver les cultures », a précisé un porte-parole du ministère salvadorien de l’Environnement.

Côté économique, les deux pays craignent une flambée des prix des denrées alimentaires, déjà en hausse depuis le début de l’année. Au Salvador, où l’inflation alimentaire avait atteint 8,5 % en août 2026, les autorités redoutent une nouvelle hausse qui aggraverait la pauvreté, déjà élevée dans certaines régions. Le Panama, dont l’économie dépend en partie de l’exportation de produits agricoles, pourrait voir ses revenus diminuer de 15 à 20 % si la sécheresse persiste.

Des mesures d’urgence et une coordination régionale

Face à la crise, les gouvernements du Panama et du Salvador ont sollicité l’appui du Système d’intégration centraméricain (SICA), qui regroupe sept pays de la région. Une réunion d’urgence est prévue le 5 septembre à Managua, capitale du Nicaragua, pour coordonner les réponses à apporter. « L’objectif est de mutualiser les ressources en eau et en denrées, ainsi que de partager les bonnes pratiques pour limiter les dégâts », a expliqué un représentant du SICA à France 24.

Les deux pays ont également renforcé leur collaboration avec les agences des Nations unies, notamment la FAO, qui a déjà débloqué un fonds d’urgence de 5 millions de dollars pour soutenir les agriculteurs locaux. « Nous allons prioriser les petites exploitations familiales, qui sont les plus vulnérables », a indiqué un responsable de la FAO.

Et maintenant ?

Les prévisions météorologiques suggèrent que les conditions de sécheresse pourraient s’aggraver dans les prochaines semaines, avec un pic attendu entre octobre et décembre 2026. Les autorités locales appellent la population à adopter des mesures de restriction d’eau, tandis que les organisations humanitaires préparent des distributions de vivres ciblées. Une nouvelle évaluation des besoins sera menée lors de la réunion du SICA prévue le 5 septembre, dont les conclusions pourraient déboucher sur des décisions plus contraignantes, comme des subventions exceptionnelles pour les agriculteurs.

Réactions internationales et appels à la solidarité

La communauté internationale a commencé à réagir à la crise. L’Union européenne a annoncé l’envoi d’une équipe d’experts pour évaluer les besoins en aide humanitaire, tandis que les États-Unis ont promis un soutien logistique via l’USAID. « Nous suivons de près la situation et restons prêts à mobiliser des ressources supplémentaires si nécessaire », a déclaré un porte-parole du département d’État américain.

Pour autant, les ONG sur le terrain restent prudentes. « Les mécanismes de solidarité internationale sont essentiels, mais leur efficacité dépendra de la rapidité des réponses », a tempéré un responsable de la Croix-Rouge salvadorienne. « Sans pluie dans les deux prochains mois, la crise pourrait devenir ingérable. »

Selon les ministères de l’Agriculture des deux pays, les cultures les plus touchées sont le maïs, le riz et les haricots, qui représentent la base de l’alimentation locale. Les pertes estimées varient entre 30 % et 40 % pour la saison 2026-2027, selon les premières évaluations.

Les météorologues prévoient des précipitations plus importantes à partir d’octobre 2026, mais leur intensité et leur répartition géographique restent incertaines. Les prévisions actuelles indiquent que les pluies pourraient ne pas être suffisantes pour compenser le déficit accumulé depuis plusieurs mois.