À seulement 27 ans, Panayotis Pascot, auteur, acteur, réalisateur et producteur, s’impose comme l’une des figures montantes du paysage culturel français. Invité ce mardi 2 juin au 20 Heures de France 2, il a partagé avec Léa Salamé son parcours atypique, son succès grandissant et sa vision du stand-up, un art qu’il pratique depuis une décennie. Selon Franceinfo - Culture, Pascot revient sur son spectacle Entre les deux, déjà vu par 200 000 spectateurs en France, et sur ses deux représentations exceptionnelles prévues ce vendredi 6 juin à l’Opéra Garnier de Paris. Une première pour un humoriste, après Gad Elmaleh en 2016.
Ce qu'il faut retenir
- Panayotis Pascot, 27 ans, auteur à succès avec 400 000 exemplaires vendus pour son premier livre La prochaine fois que tu mordras la poussière (adapté au théâtre), a attiré 200 000 spectateurs avec son spectacle Entre les deux.
- Il se produira deux soirs à l’Opéra Garnier (6 juin), un lieu rare pour un humoriste, après Gad Elmaleh.
- Son spectacle, qui mêle humour et thèmes universels comme la santé mentale ou les doutes existentiels, rassemble toutes les générations et tous les publics.
- Il évoque son enfance marquée par une angoisse de la mort, des rituels étranges (vérifier la respiration de ses parents la nuit) et une passion précoce pour l’actualité et la culture.
- Il décrit la vie comme un « 12 sur 20 », une moyenne entre les joies et les épreuves, une vision qui a contribué à apaiser ses propres angoisses.
Un parcours atypique et une ascension fulgurante
Panayotis Pascot a commencé sa carrière dans des salles confidentielles, parfois avec seulement trois spectateurs. Aujourd’hui, ses spectacles affichent complet dans toute la France. Comme il le confie à Léa Salamé, « le stand-up est un art où plus on est personnel, plus on devient universel ». Il se souvient notamment d’une anecdote marquante : lors de son premier spectacle au Point Virgule, une spectatrice de 87 ans lui avait avoué : « J’ai jamais entendu quelqu’un parler de ma vie comme ça ». Cette capacité à créer des résonances à travers les générations et les milieux sociaux fait de son travail un phénomène culturel unique.
Son premier livre, La prochaine fois que tu mordras la poussière, adapté à la scène, a rencontré un succès immédiat avec 400 000 exemplaires écoulés. Une performance remarquable pour un jeune auteur de 27 ans. Pascot, qui a également réalisé et produit des contenus audiovisuels, incarne une nouvelle génération d’artistes polyvalents, capables de toucher un public large et diversifié. — « J’ai toujours pas le permis », a-t-il plaisanté en ouverture de l’entretien, soulignant avec autodérision son manque de pratique de la conduite.
L’Opéra Garnier, une consécration symbolique
L’invitation à se produire à l’Opéra Garnier marque une étape symbolique dans sa carrière. Seuls quelques humoristes ont foulé cette scène mythique, dont Gad Elmaleh en 2016. Pascot, visiblement ému, a confié : « Rien que de voir cette photo, ça m’émeut. Je me sens tellement chanceux. J’ai hâte. J’adore ce lieu. » Faire du stand-up dans un opéra, c’est pour lui un mélange des genres audacieux, mais aussi une célébration de la diversité des arts. « C’est un endroit de rencontre magnifique entre un art jeune et un lieu chargé d’histoire », a-t-il expliqué.
Son spectacle Entre les deux, qui tourne depuis plusieurs mois, continue d’attirer un public varié : urbains, ruraux, jeunes, seniors, LGBTQ+ ou hétérosexuels. Pascot voit dans cette mixité une réponse aux fractures sociales qui traversent la France. « Franchement, c’est exceptionnel », a-t-il lancé. Pour lui, le rire partagé pendant 1h30 devient un vecteur de lien social, bien au-delà des clivages habituels. « Il n’y a rien qui me rend plus heureux que de voir plein de gens qui, pendant 1h30, rigolent ensemble de la même chose », a-t-il déclaré.
Santé mentale et tabous brisés : une parole libérée
Ce qui distingue Pascot des autres humoristes, c’est sa capacité à aborder des sujets personnels et souvent tabous : dépression, angoisses existentielles, santé mentale. Dans ses livres et sur scène, il parle sans fard de ses propres combats, ce qui a contribué à créer une forme de connexion immédiate avec son public. Lors de l’interview, il a évoqué une période sombre de sa vie où il évaluait la qualité de sa vie à « 12 sur 20 », une note qui lui permettait de relativiser les hauts et les bas de l’existence. « La vie, c’est fait de plein de petits pas de côté, de petites nullités par moment », a-t-il résumé.
Cette sincérité lui a valu une reconnaissance particulière de la part de ceux qui, comme lui, luttent contre des idées reçues ou des souffrances invisibles. Pascot rappelle que le rire, dans son cas, est aussi une forme de thérapie collective : « Quand on parle de soi, ça crée des échos à des endroits insoupçonnés. » Son approche, à la fois drôle et profondément humaine, a séduit des publics de tous âges, brisant les barrières générationnelles et culturelles.
« Je me souviens que mon premier spectacle, ça m’a tellement marqué. Je jouais au Point Virgule, une salle de 80 places. Il y a une dame de 87 ans qui était venue me voir et qui m’avait dit : "J’ai jamais entendu quelqu’un parler de ma vie comme ça." » — Panayotis Pascot
Une enfance marquée par l’angoisse et les passions précoces
Derrière l’humour et le succès se cache une enfance moins légère. Pascot avoue avoir été un « vieux monsieur » dès son plus jeune âge, une étiquette qu’il assume avec humour. Dès 7 ans, il s’intéressait aux informations, écoutait les ronflements de son père pour s’assurer qu’il était en vie, et collectionnait les passions atypiques pour son âge : l’accordéon, les bérets, et même une fascination pour l’Indochine — « pas le groupe, mais le pays », précise-t-il. « J’étais fan d’Indochine, je regardais toutes les infos sur l’Indochine. Il se peut que je portais des bérets… »
Ses parents, inquiets de ses angoisses, l’ont finalement conduit chez un psychologue. L’un de ses souvenirs les plus marquants ? Avoir déclaré aux professionnels qu’il touchait ses tétons pour disparaître — une confidence qui a marqué son parcours thérapeutique. « Mes parents ont trouvé la solution : un babyphone », raconte-t-il en riant. Une anecdote qui illustre son humour décalé, même face à des sujets sérieux. Aujourd’hui, il assume pleinement cette part de lui-même, qu’il intègre même dans son spectacle.
Son parcours rappelle que le rire peut être un puissant outil de résilience et de connexion. Alors que la société française reste marquée par des divisions, Pascot prouve que l’humour, lorsqu’il est porté par une sincérité sans fard, peut rassembler bien au-delà des clivages traditionnels. Une leçon qui, à 27 ans, pourrait bien résonner encore longtemps.
Panayotis Pascot poursuivra sa tournée estivale avec son spectacle Entre les deux dans plusieurs villes de France. Les dates et lieux exacts n’ont pas encore été communiqués publiquement, mais son équipe devrait les annoncer prochainement sur ses réseaux sociaux et son site officiel.
Lors de l’entretien, Pascot a évoqué son activité de réalisateur et producteur, sans donner de détails précis sur de futurs projets. Cependant, son parcours suggère que des collaborations dans le cinéma ou l’édition pourraient voir le jour dans les mois à venir, notamment avec les équipes qui l’ont accompagné pour son premier livre et son spectacle.