« La tendance s’est inversée. » C’est ce qu’observe Quentin Paliwoda, programmateur du Christine Cinéma Club, installé dans le 6e arrondissement de Paris, où les séances du soir attirent désormais majoritairement un public jeune, entre 17 et 26 ans. Selon Franceinfo - Culture, cette affluence inédite s’est confirmée lors de la projection de Thelma et Louise (1991), un film culte de Ridley Scott, dimanche 26 juillet 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Le Christine Cinéma Club, situé dans le 6e arrondissement parisien, enregistre une fréquentation majoritairement jeune (17-26 ans) lors de ses projections du soir, une tendance inverse à celle observée avant la pandémie.
- Le film Thelma et Louise, projeté le 26 juillet 2026, a attiré un public composé en majorité d’étudiants et de jeunes cinéphiles, découvrant ou redécouvrant cette œuvre intemporelle.
- Quentin Paliwoda, programmateur, souligne que les réseaux sociaux et la mise en avant du film au Festival de Cannes 2026 ont contribué à relancer son attrait auprès des jeunes.
- Le cinéma indépendant a enregistré plus de 100 000 entrées en 2025, un chiffre exceptionnel pour une salle de cette taille, après avoir frôlé la fermeture en 2015.
- Les tarifs abordables (6 euros pour les moins de 26 ans) et la proximité avec les universités du Quartier latin expliquent en partie cette affluence, même si le public reste majoritairement issu de milieux aisés.
Un cinéma indépendant qui mise sur les classiques pour séduire la jeunesse
Lors de la projection de Thelma et Louise, dimanche 26 juillet 2026, le Christine Cinéma Club affichait complet. Le film, qui retrace la cavale de deux femmes à travers les États-Unis, a suscité chez le public des réactions allant de l’hilarité aux silences suspendus, jusqu’à un final marquant. Le public, composé en majorité de jeunes âgés de 17 à 26 ans, était composé à la fois de cinéphiles avertis et de spectateurs découvrant pour la première fois cette œuvre de 1991. Émilie, 26 ans, habituée des lieux, confie avec enthousiasme : « Je viens toutes les semaines. C’est génial de voir de plus en plus de gens de mon âge » dans ces salles.
Parmi les néophytes, Matéo, 17 ans et fraîchement diplômé du baccalauréat, a découvert le film lors de cette séance. Il explique son engouement : « J’ai adoré le côté summer du film, parfait pour les vacances. Il aborde des problématiques fortes, comme la manière dont les viols sont considérés par la justice et l’importance de la parole des victimes. » Une dimension sociale qui résonne particulièrement auprès des jeunes spectateurs.
Une dimension intemporelle qui parle aux nouvelles générations
Précurseur du female gaze au cinéma, Thelma et Louise séduit les jeunes par ses enjeux d’émancipation et de rébellion féminine, toujours d’actualité. Emma, 19 ans, étudiante en cinéma à Paris, souligne : « C’est important de connaître et de comprendre les films d’hier pour apprécier ceux d’aujourd’hui. » Elle ajoute son admiration pour l’esthétique singulière et indémodable de l’œuvre. Quentin Paliwoda confirme cette tendance : « Les réseaux sociaux nous ont offert un second souffle. » Une cinéphilie qui se propage grâce à des plateformes comme TikTok ou Instagram, où les extraits cultes et les analyses de films circulent largement.
Le programmateur rappelle que Thelma et Louise est un « coup de cœur » récurrent au Christine Cinéma Club : « Nous le programmons depuis plus d’un an chaque semaine. » La récente exposition du film lors du Festival de Cannes 2026 a également relancé son attractivité. Une dynamique qui contraste avec la situation d’il y a dix ans, lorsque le cinéma indépendant était menacé de fermeture. « En 2015, nous étions obligés de fermer l’été, se souvient Quentin Paliwoda. Aujourd’hui, le mois d’août est un très bon mois. »
Des tarifs accessibles et un public étudiant fidèle
Le succès du Christine Cinéma Club auprès des jeunes s’explique en partie par ses tarifs abordables : 6 euros l’entrée pour les moins de 26 ans. Une politique tarifaire qui attire les étudiants, nombreux à fréquenter le quartier du Quartier latin, où se situe le cinéma. « Comme nos parents, on a l’occasion de découvrir ces œuvres au cinéma », s’enthousiasme Matéo. Pour lui, la qualité de projection dans une vraie salle n’a rien à voir avec l’image et le son de sa télévision dans son studio de 9 m². « Bien qu’abonné à des plateformes de vidéo à la demande, la joie de se rendre dans une vraie salle reste incomparable. »
La récente canicule qui a touché la France en juin 2026 a également joué en faveur des salles de cinéma. Plusieurs étudiants, cloisonnés dans des appartements sous les toits de Paris, ont trouvé refuge dans les salles climatisées. Emma résume cette expérience : « On est dans une salle climatisée, devant un bon film. Quoi de mieux ? » Une aubaine pour ces jeunes en quête de confort et de culture.
Un public jeune, mais socialement homogène
Malgré cette affluence inédite, le Christine Cinéma Club peine à diversifier son public sur le plan social. « Il suffit de regarder autour de nous. On est dans un entre-soi de bobos parisiens qui viennent d’un milieu aisé », regrette Émilie. Une observation qui reflète une réalité plus large dans le monde de la culture, où l’accès aux salles de cinéma reste souvent réservé à une élite. « C’est dommage que ça ne soit pas plus ouvert, car les vieux films ont plein de choses à nous dire sur la société », ajoute-t-elle. Un constat qui rappelle que, malgré l’enthousiasme des jeunes, des barrières persistent.
Pour l’heure, les jeunes spectateurs continuent de remplir les salles du 6e arrondissement, preuve que le cinéma, sous toutes ses formes, conserve une place centrale dans la vie culturelle des nouvelles générations.
D’après Franceinfo - Culture, plusieurs facteurs expliquent cet engouement : la découverte ou la redécouverte d’œuvres intemporelles, la propagation de la cinéphilie via les réseaux sociaux, mais aussi la recherche d’expériences collectives dans un cadre immersif. Les tarifs accessibles et la qualité de projection en salle jouent également un rôle clé.
Non, mais il en est un exemple marquant. Quentin Paliwoda souligne que d’autres salles indépendantes à Paris observent une augmentation de la fréquentation des 18-24 ans, notamment depuis la pandémie. Cependant, le Christine Cinéma Club se distingue par sa programmation exclusive de films anciens et son ancrage dans un quartier étudiant.