Le Parlement européen a adopté une nouvelle réglementation qui allonge significativement les délais dont disposent les industriels pour se conformer à l’interdiction de certaines substances jugées dangereuses dans les produits cosmétiques. Selon Le Monde, cette réforme porte principalement sur les composés classés comme CMR – cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.
Ce qu'il faut retenir
- Les entreprises bénéficiaient jusqu’ici d’un délai de 18 mois pour reformuler leurs produits et retirer une substance CMR après son interdiction.
- La nouvelle loi porte ce délai à deux ans et demi, avec une possible extension en cas de dérogation accordée.
- Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la régulation des produits cosmétiques au niveau européen, visant à renforcer la protection des consommateurs.
Cette décision intervient alors que l’Union européenne durcit progressivement ses règles en matière de sécurité sanitaire des produits de consommation. Jusqu’à présent, le délai de 18 mois était jugé insuffisant par certains industriels, qui soulignaient la complexité technique et financière liée à la reformulation de leurs produits. « Les entreprises ont besoin de temps pour adapter leurs procédés de fabrication sans risquer de perturber l’approvisionnement ou de pénaliser les consommateurs », a expliqué un porte-parole de la Fédération européenne des industries cosmétiques, cité par Le Monde.
La nouvelle réglementation prévoit ainsi une période transitoire élargie, permettant aux acteurs du secteur de mener à bien les ajustements nécessaires. Ce délai supplémentaire pourrait atteindre jusqu’à 30 mois dans certains cas, sous réserve de justificatifs et d’une validation par les autorités compétentes. « Nous avons entendu les préoccupations des industriels, mais aussi celles des associations de consommateurs, qui réclamaient un équilibre entre sécurité et accessibilité des produits », a précisé une députée européenne membre de la commission environnement, selon Le Monde.
Cette réforme s’applique à l’ensemble des États membres de l’UE, où le marché des cosmétiques représente un secteur économique majeur, estimé à plus de 70 milliards d’euros annuels. Les substances concernées sont celles qui, après évaluation scientifique, ont été classées comme CMR par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Parmi elles figurent certains conservateurs, parfums ou agents de texture largement utilisés dans l’industrie.
Cette décision du Parlement européen s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des normes sanitaires en Europe. En 2025, l’UE avait déjà interdit plusieurs dizaines de substances dans les cosmétiques, une liste qui pourrait encore s’allonger d’ici 2027. Les associations de consommateurs, bien que satisfaites de l’allongement des délais, appellent à un suivi rigoureux pour éviter tout contournement des règles.
Reste à voir comment les industriels mettront à profit ce délai supplémentaire. Certains pourraient accélérer leurs investissements dans la recherche de substituts, tandis que d’autres privilégieront des stratégies de transition progressive, afin d’éviter une rupture brutale de l’offre sur le marché.
Les substances concernées sont celles classées comme CMR (cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Il s’agit principalement de conservateurs, parfums ou agents de texture utilisés dans les cosmétiques.