Un programme de science participative baptisé « Les insectes, ça compte » permet à chacun de contribuer à la recherche scientifique en photographiant tout simplement sa plaque d’immatriculation. Lancé en avril 2026 par l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), ce dispositif original s’appuie sur l’ubiquité des véhicules pour collecter des données sur la biodiversité entomologique, selon Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Un programme de science participative baptisé « Les insectes, ça compte » a été lancé en avril 2026 par l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE)
  • L’initiative repose sur la photographie des plaques d’immatriculation pour documenter la présence d’insectes
  • Mathieu de Flores, chargé de projet, supervise cette action auprès de l’OPIE
  • Les participants contribuent à une base de données nationale sur la biodiversité des insectes
  • Cette méthode vise à compléter les relevés scientifiques traditionnels tout en sensibilisant le public

Une approche originale pour documenter la biodiversité

Lancé officiellement en avril 2026, le programme « Les insectes, ça compte » repose sur un principe simple : encourager les citoyens à photographier les plaques d’immatriculation de leur véhicule, mais aussi celles des voitures qu’ils croisent, afin de documenter la présence d’insectes collés sur celles-ci. Ouest France rapporte que cette initiative, coordonnée par l’Office pour les insectes et leur environnement, s’inscrit dans une démarche de science participative visant à élargir les connaissances sur les populations d’insectes en France.

Mathieu de Flores, chargé de projet pour l’OPIE, précise que cette méthode permet de collecter des données sur de vastes territoires, souvent inaccessibles aux chercheurs. « Chaque plaque photographiée représente une donnée supplémentaire pour notre base nationale », explique-t-il. Cette approche s’ajoute aux relevés classiques effectués dans les milieux naturels, offrant ainsi un aperçu complémentaire de la biodiversité.

Comment participer au programme ?

Pour prendre part à l’opération, il suffit de photographier les plaques d’immatriculation visibles sur les véhicules, qu’il s’agisse de son propre véhicule ou de ceux croisés lors de déplacements. Les participants sont invités à transmettre leurs clichés via une plateforme dédiée, en précisant la date, le lieu et, si possible, l’espèce d’insecte observée. Ouest France souligne que cette simplicité d’accès vise à toucher un public large, y compris les personnes peu familiarisées avec les sciences participatives.

L’OPIE met à disposition des guides et des tutoriels pour faciliter la participation. Les organisateurs insistent sur l’importance de respecter les règles de sécurité routière et de ne pas perturber la circulation lors des prises de vue. « L’objectif n’est pas de distraire les conducteurs, mais bien de recueillir des informations utiles », rappelle Mathieu de Flores.

Un outil pour compléter les connaissances scientifiques

Les plaques d’immatriculation, souvent négligées, constituent des supports insolites mais efficaces pour observer les déplacements des insectes. En effet, ces petits animaux sont fréquemment projetés contre les véhicules en mouvement, laissant des traces visibles sur les plaques. En compilant ces observations, les chercheurs peuvent établir des cartes de répartition des espèces et identifier des tendances, comme l’expansion ou le déclin de certaines populations.

Selon les responsables du projet, cette méthode permet notamment de documenter la présence d’espèces rares ou en voie de disparition, difficiles à observer par d’autres moyens. « Les données recueillies via les plaques d’immatriculation complètent parfaitement les inventaires réalisés dans les milieux naturels », précise Mathieu de Flores. Ce dispositif s’inscrit dans une logique de « science citoyenne », où chaque individu peut contribuer à une meilleure compréhension de l’environnement.

Et maintenant ?

Après son lancement en avril 2026, le programme « Les insectes, ça compte » devrait s’étendre progressivement à d’autres régions, en fonction des retours des participants et des besoins des chercheurs. Une prochaine étape pourrait consister à automatiser une partie du traitement des images grâce à des outils d’intelligence artificielle, afin d’accélérer l’analyse des données. Les organisateurs prévoient également des campagnes de sensibilisation pour inciter davantage de citoyens à s’impliquer dans ce projet.

En élargissant le champ des observations, cette initiative pourrait contribuer à affiner les connaissances sur les effets du changement climatique ou de l’urbanisation sur les populations d’insectes. Une question se pose alors : dans quelle mesure ces données pourront-elles influencer les politiques de préservation de la biodiversité en France ?

Non, il est également possible de signaler la présence d’insectes sur d’autres surfaces (pare-brise, carrosserie) ou de fournir des observations via des relevés textuels, même si la méthode des plaques reste la plus encourageée.