Pascal Boroto, jeune journaliste congolais basé à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, a été distingué par le prix Voix d’Afriques pour son roman autobiographique « Le nom de ma mère ». Selon RFI, cette distinction récompense son parcours marqué par la perte de sa mère, figure majeure du journalisme congolais, ainsi que son projet « Les Voix des Oubliés », dédié aux réfugiés des camps de la région. À l’issue d’une résidence artistique de deux mois à la Cité internationale des arts à Paris, Boroto revient sur son engagement et les thèmes centraux de son œuvre.

Ce qu'il faut retenir

  • Pascal Boroto, journaliste à Bukavu (Sud-Kivu, RDC), a remporté le prix Voix d’Afriques.
  • Son roman « Le nom de ma mère » est une autobiographie centrée sur son passage à l’âge adulte et la mort de sa mère, grande journaliste congolaise.
  • Il a lancé le projet « Les Voix des Oubliés », qui donne la parole aux réfugiés dans les camps du Sud-Kivu.
  • Il a passé deux mois en résidence à la Cité internationale des arts à Paris, achevée récemment.

Un parcours journalistique marqué par la perte

Pascal Boroto, 32 ans, travaille comme journaliste à Bukavu, ville du Sud-Kivu souvent citée pour les défis sécuritaires et humanitaires auxquels elle est confrontée. Comme le rapporte RFI, son parcours professionnel a été profondément influencé par la disparition de sa mère, Marie Boroto, une figure respectée du journalisme congolais. Son décès a coïncidé avec une période charnière de sa vie, celle de son entrée dans l’âge adulte. « Le nom de ma mère » est le fruit de cette expérience douloureuse, mêlant récit personnel et réflexion sur le rôle des médias dans une société en crise.

Dans son livre, Boroto évoque aussi l’héritage de sa mère, dont il tente de préserver la mémoire à travers son écriture. « Ma mère m’a appris que le journalisme n’est pas seulement un métier, mais une mission », a-t-il souligné lors d’un entretien accordé à RFI. Ce travail d’écriture, à la fois intime et politique, a trouvé un écho particulier dans le milieu littéraire africain, menant à sa distinction par le prix Voix d’Afriques.

Un engagement humanitaire dans les camps de réfugiés

Au-delà de l’écriture, Pascal Boroto s’investit depuis plusieurs années dans un projet humanitaire, « Les Voix des Oubliés ». Ce projet vise à amplifier les témoignages des réfugiés installés dans les camps du Sud-Kivu, une province où les déplacements de population sont fréquents en raison des conflits armés. RFI indique que Boroto a mis en place des ateliers d’expression pour ces populations marginalisées, leur offrant une plateforme pour partager leur histoire et faire entendre leur voix.

Ce travail s’inscrit dans un contexte où la RDC compte l’un des plus grands nombres de déplacés internes au monde, selon les dernières estimations de l’ONU. « Ces gens ne sont pas des numéros, ce sont des êtres humains avec des récits qui méritent d’être racontés », a expliqué Boroto. Son approche allie journalisme et solidarité, cherchant à briser l’isolement des réfugiés par l’art et le récit.

Une résidence artistique à Paris pour porter sa voix

La reconnaissance internationale de Pascal Boroto s’est concrétisée par une résidence de deux mois à la Cité internationale des arts à Paris, achevée fin mai 2026. Ce séjour lui a permis de finaliser son roman et de réfléchir à la suite de ses projets. « Cette résidence a été un moment de respiration, mais aussi d’inspiration », a-t-il confié. Il a profité de ce séjour pour rencontrer des écrivains et des acteurs culturels africains en exil ou installés en Europe, renforçant ainsi son réseau professionnel.

D’après RFI, Boroto a également participé à des débats sur la place de l’Afrique dans la littérature mondiale, un thème central dans son travail. Son passage à Paris a aussi été l’occasion de sensibiliser le public français à la situation humanitaire au Sud-Kivu, où les défis restent immenses.

Et maintenant ?

Pascal Boroto devrait prochainement publier une version augmentée de « Le nom de ma mère », incluant des réflexions issues de sa résidence parisienne. Par ailleurs, son projet « Les Voix des Oubliés » pourrait s’étendre à d’autres provinces de la RDC d’ici la fin de l’année 2026, en collaboration avec des ONG locales et internationales. Reste à voir si ces initiatives recevront un soutien financier accru pour pérenniser son action.

La trajectoire de Pascal Boroto illustre l’importance du journalisme comme outil de mémoire et de changement social. Dans un continent où les médias sont souvent sous pression, son travail rappelle que raconter l’histoire des sans-voix peut transformer des vies. Son engagement, à la fois littéraire et humanitaire, pose une question plus large : comment la société civile africaine peut-elle s’appuyer sur la culture et l’information pour construire un avenir plus juste ?

Le prix Voix d’Afriques est une distinction littéraire créée pour mettre en lumière des auteurs africains dont les œuvres abordent des thèmes sociaux ou politiques. Il récompense des récits à la fois personnels et engagés, comme celui de Pascal Boroto.