À quelques mois de l’élection présidentielle, le patronat français a choisi de marquer son opposition aux discours défaitistes et à l’étatisme lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), qui s’est tenue cette semaine. Selon BFM Business, Patrick Martin, président du Medef, a livré un discours volontiers offensif en ouverture de l’événement, appelant à une mobilisation des dirigeants en faveur des idées libérales.

Ce qu'il faut retenir

  • Patrick Martin a réclamé un « programme présidentiel de libertés » pour contrer les « prophètes de malheur » qui critiquent l’économie française.
  • Il a dénoncé « l’État obsédé par le micro-management » et son incapacité à protéger certains secteurs, citant notamment les cyberattaques contre le fisc.
  • Le Medef représente 240 000 entreprises employant 12 millions de salariés en France.
  • La REF, qui a débuté mercredi, propose un débat entre entrepreneurs et candidats à la présidentielle, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen.
  • Patrick Martin a demandé la panthéonisation d’André Citroën, fondateur de la marque automobile.

Un discours enflammé pour défendre les idées libérales

Arrivé au son de la chanson « Du courage » de la Grande Sophie, Patrick Martin a entamé son intervention sous les applaudissements des entrepreneurs présents. Selon nos confrères de BFM Business, il a immédiatement affiché sa détermination à défendre un modèle économique fondé sur la liberté d’entreprendre. « Nos convictions sont libérales, nous voulons un programme présidentiel de libertés », a-t-il lancé, rejetant avec véhémence « la collusion, la collision des prophètes de malheur ».

Son message était clair : l’étatisme n’est pas une solution viable pour la France. « Si l’étatisme était la solution, nous serions champions du monde ! », a-t-il asséné, fustigeant « le fatalisme ambiant face à la médiocrité de nos performances économiques et sociales ». Pour lui, il est urgent de « faire voler en éclat le carcan qui étouffe notre pays et libérer son énergie et ses ambitions ».

Une critique acerbe de l’État et des « prophètes de malheur »

Patrick Martin n’a pas épargné les pouvoirs publics dans son allocution. Il a dénoncé un « État obsédé par le micro-management », incapable de protéger certains secteurs stratégiques. « L’État est souvent défaillant quand il s’agit de nous protéger de certains périls, par exemple des attaques cyber », a-t-il souligné, faisant référence à la cyberattaque contre le fisc fin juin 2026. Pour le président du Medef, cette situation illustre l’incapacité des pouvoirs publics à assurer des missions fondamentales.

Il a également mis en garde contre les discours alarmistes qui, selon lui, alimentent les peurs et les fractures sociales. « Ne laissons pas s’installer la collusion, demain, la collision des prophètes de malheur, de ceux qui font leur lit des peurs et des fractures », a-t-il prévenu. Son objectif : mobiliser les entrepreneurs autour d’un projet positif, « un pays apaisé parce que prospère, rayonnant et solidaire ».

La puissance du Medef mise en avant

Dans un exercice qui relevait autant du plaidoyer que de l’avertissement, Patrick Martin a rappelé l’influence de son organisation. « Nous sommes nombreux et, dans nos entreprises et autour, on nous écoute, on nous fait confiance plus que jamais dans l’Histoire », a-t-il affirmé. Avec 240 000 entreprises adhérentes employant 12 millions de salariés répartis sur l’ensemble du territoire, le Medef dispose d’un poids politique et économique considérable.

Il a salué la présence des autres dirigeants patronaux, notamment Amir Reza-Tofighi, président des Entrepreneurs (ex-CPME), qu’il a chaleureusement félicité pour son courage. Ce dernier, âgé de 41 ans, a annoncé dimanche souffrir d’un cancer. Une mention qui a ajouté une dimension humaine à ce discours par ailleurs très politique.

Une REF placée sous le signe du courage et de l’action

La Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) s’est ouverte sous les meilleurs auspices pour le Medef. Organisée cette année sous le thème du courage, l’événement doit permettre aux entrepreneurs de confronter leurs idées avec les principaux candidats à la présidentielle. Selon BFM Business, les débats s’annoncent vifs, avec la participation de figures politiques aussi variées que Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen.

Au-delà des échanges théoriques, Patrick Martin a tenu à marquer les esprits par une demande symbolique : la panthéonisation d’André Citroën, fondateur de l’empire automobile qui porte son nom. Une façon de rappeler, selon lui, l’importance de l’innovation et de l’audace entrepreneuriale dans l’histoire française.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient voir les tensions s’exacerber entre le patronat et les candidats à la présidentielle, à mesure que les programmes économiques seront dévoilés. Le Medef a d’ores et déjà prévenu qu’il comptait jouer un rôle actif dans le débat public, en organisant notamment des rencontres avec les entrepreneurs pour affiner ses propositions. Reste à voir si ces prises de position, aussi tranchées soient-elles, parviendront à influencer les orientations des futurs candidats, alors que la campagne s’annonce déjà particulièrement tendue.

La REF, qui se poursuit jusqu’à jeudi, doit également permettre de préciser les priorités du monde patronal pour les cinq prochaines années. Entre défense des libertés économiques, critique de l’État et mobilisation des troupes, Patrick Martin a posé les bases d’une année 2027 sous haute tension politique.

Le Medef défend avant tout un « programme présidentiel de libertés », avec une réduction de l’interventionnisme étatique, une simplification administrative et une meilleure protection des entreprises contre les cybermenaces. Patrick Martin a également insisté sur la nécessité de libérer « l’énergie et les ambitions » du pays, en opposition aux discours défaitistes sur l’économie française.

André Citroën, fondateur de la marque automobile, incarne pour Patrick Martin l’esprit d’innovation et d’audace entrepreneuriale. En réclamant sa panthéonisation, le président du Medef entend souligner le rôle clé des entrepreneurs dans la construction de la France moderne, tout en rappelant que l’innovation doit rester au cœur des priorités nationales.