Lors d’une intervention organisée par BFM Business dans le cadre des Dialogues de Rexecode, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a défendu le rôle central des hydrocarbures dans l’économie mondiale face à des étudiants souvent critiques sur leur impact environnemental. Selon Capital, cette prise de parole, survenue lundi 20 avril 2026, a également permis au dirigeant de détailler sa vision de la compétitivité française et de l’énergie en Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • Patrick Pouyanné a défendu la nécessité des énergies fossiles pour l’économie mondiale et la souveraineté européenne, malgré les critiques des étudiants sur leur impact climatique.
  • Le PDG a appelé à une réduction des prélèvements fiscaux et des aides aux entreprises pour stimuler une politique de l’offre en France.
  • TotalEnergies consacre désormais 25 à 30 % de ses investissements aux énergies renouvelables et à l’électricité, tout en plaidant pour une meilleure interconnexion des réseaux européens.
  • Patrick Pouyanné a justifié la poursuite de la production de pétrole et de gaz par la transition énergétique et la guerre au Moyen-Orient, soulignant que « Vous êtes bien contents que je produise du pétrole en ce moment pour vous fournir de l’essence ».
  • Il a critiqué la hausse des prélèvements de l’État sur les entreprises, estimant qu’ils nuisent à la compétitivité française.

Une défense sans concession des énergies fossiles

Face à des étudiants sceptiques sur la pertinence des hydrocarbures dans un contexte de transition écologique, Patrick Pouyanné n’a pas cédé à la pression. Selon Capital, il a rappelé l’équilibre nécessaire entre l’électrification croissante des sociétés et les besoins persistants en énergies fossiles. Côté climat, il a mis en avant le rôle des hydrocarbures comme « solution de transition » en attendant que les énergies renouvelables soient pleinement opérationnelles. Dans un contexte géopolitique tendu, notamment avec le conflit au Moyen-Orient, le PDG a martelé que « vous êtes bien contents que je produise du pétrole en ce moment pour vous fournir de l’essence », selon ses propres termes.

Sur le plan stratégique, Patrick Pouyanné a insisté sur la nécessité de maintenir des capacités de production énergétique en Europe. « Il est donc également nécessaire de construire de nouvelles centrales à gaz », a-t-il expliqué, soulignant que ces infrastructures sont indispensables à la souveraineté énergétique du continent. Une position qui s’inscrit en droite ligne avec la stratégie de TotalEnergies, malgré les critiques des associations environnementales.

Transition énergétique : TotalEnergies diversifie ses investissements

Alors que TotalEnergies est souvent pointée du doigt pour son empreinte carbone, Patrick Pouyanné a rappelé que le groupe a revu sa stratégie. « On a décidé qu’on mettrait aussi 25 à 30 % de nos investissements dans l’électricité et les énergies renouvelables », a-t-il précisé. Ce virage, bien que progressif, reflète une volonté de s’adapter aux enjeux climatiques tout en restant compétitif. Le PDG a également plaidé pour une meilleure interconnexion des réseaux européens, citant en exemple les atouts du solaire espagnol ou de l’éolien allemand. « Une plus grande interconnexion entre pays européens producteurs de différentes énergies est indispensable », a-t-il souligné.

Cette approche hybride, mêlant tradition et innovation, vise à concilier performance économique et transition écologique. Pourtant, les associations environnementales continuent de critiquer le groupe, notamment après la décision de TotalEnergies de poursuivre des projets pétroliers au Suriname. Un dossier qui avait suscité une vive polémique en 2025.

Fiscalité et compétitivité : le cri d’alarme du PDG

Au-delà de la question énergétique, Patrick Pouyanné s’est livré à une critique acerbe de la fiscalité française. Selon Capital, il a appelé les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à réduire les prélèvements obligatoires et à supprimer certaines aides aux entreprises. Son objectif ? Permettre à l’État de mettre en place une véritable politique de l’offre, basée sur la baisse des charges pour relancer l’économie. « La compétitivité de la France est en jeu », a-t-il averti, tout en pointant du doigt la hausse des prélèvements de l’État sur les entreprises ces dernières années.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte économique tendu, marqué par une inflation persistante et une concurrence accrue entre les pays européens. Patrick Pouyanné n’a pas hésité à dresser une liste de « grandes réformes » qu’il juge nécessaires, tant au niveau français qu’européen. Parmi elles, la simplification des normes et la réduction des dépenses publiques ont été particulièrement mises en avant.

« Il est absolument nécessaire de garder des capacités de production énergétique en Europe pour conserver une souveraineté. » — Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies

Un appel à la responsabilité des futurs dirigeants

Alors que l’élection présidentielle de 2027 approche à grands pas, Patrick Pouyanné a envoyé un message clair aux candidats : la compétitivité de la France passe par une baisse des prélèvements et une refonte de la politique industrielle. Selon Capital, il a également insisté sur l’importance de réduire les aides aux entreprises, jugées inefficaces par certains économistes. « Une réelle politique de l’offre doit se dessiner », a-t-il affirmé, sans mâcher ses mots.

Cette intervention intervient à un moment charnière pour TotalEnergies, dont le PDG a été reconduit à la tête du groupe pour trois années supplémentaires en 2026. Un choix qui confirme la confiance des actionnaires dans sa stratégie, malgré les défis climatiques et réglementaires. Patrick Pouyanné a d’ailleurs rappelé que le groupe continue de diversifier ses activités, avec un accent particulier sur les énergies renouvelables et l’électricité.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient être décisifs pour TotalEnergies, dont la stratégie énergétique reste sous le feu des projecteurs. La question de la souveraineté énergétique européenne, centrale dans les propos de Patrick Pouyanné, devrait figurer en bonne place dans les débats politiques à l’approche de 2027. Côté fiscal, les propositions du PDG pourraient inspirer certains candidats, mais leur mise en œuvre dépendra du rapport de force politique après le scrutin. Reste à voir si les énergies fossiles conserveront leur place dans le mix énergétique français, ou si les pressions climatiques et réglementaires finiront par les marginaliser.

Cette prise de parole de Patrick Pouyanné illustre une fois de plus les tensions entre transition écologique et réalités économiques. Alors que les étudiants présents lors de l’échange semblaient en désaccord avec ses positions, le PDG a maintenu sa ligne : les énergies fossiles restent indispensables, au moins à court et moyen terme. Un discours qui ne manquera pas de nourrir les débats dans les mois à venir.

Le PDG de TotalEnergies justifie cette position par la nécessité de maintenir une souveraineté énergétique européenne, notamment dans un contexte géopolitique tendu. Il considère que les énergies fossiles restent indispensables pour assurer la transition énergétique, en attendant que les énergies renouvelables soient pleinement opérationnelles. « Vous êtes bien contents que je produise du pétrole en ce moment pour vous fournir de l’essence », a-t-il déclaré, selon Capital.