La Chine renforce sa position sur le marché de l’or, avec une accumulation ininterrompue depuis près de deux ans. Selon nos confrères de Cryptoast, la Banque populaire de Chine (PBoC) a ajouté près de 20 tonnes d’or à ses réserves en juillet 2026, portant son stock officiel à environ 2 366 tonnes. Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large visant à réduire la dépendance au dollar et à promouvoir le yuan sur la scène internationale.
Ce qu'il faut retenir
- La Chine a acheté 20 tonnes d’or en juillet 2026, portant ses réserves à 2 366 tonnes.
- Pékin développe un réseau international de coffres-forts pour stocker et livrer de l’or, notamment à Hong-Kong, Singapour et Kuala Lumpur.
- Ces réserves visent à rendre le yuan plus attractif en le rendant convertible en or.
- En 2025, Pékin a reclassé l’or comme « minerai stratégique », renforçant les groupes nationaux comme Zijin Mining.
- Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large de dédollarisation, avec le développement d’un yuan numérique et d’un système de paiement alternatif.
Une accumulation d’or sans précédent pour consolider les réserves monétaires
Depuis juillet 2024, la Chine achète de l’or chaque mois, sans interruption. Cette politique de stock a permis à la PBoC d’accumuler près de 2 366 tonnes, selon les dernières données officielles. Le rythme actuel, soit 20 tonnes supplémentaires en juillet 2026, confirme la volonté de Pékin de diversifier ses réserves au-delà des actifs traditionnels comme les obligations américaines.
Cette tendance ne se limite pas à la Chine. Plusieurs banques centrales, dont celles du Royaume-Uni, du Japon et de l’Inde, ont réduit leurs avoirs en dollars pour se tourner vers l’or. Ce mouvement reflète une méfiance croissante envers le système financier dominé par le billet vert, autant dire que la demande mondiale pour le métal jaune reste soutenue.
Un réseau logistique offshore pour étendre l’influence du yuan
Pour donner une dimension internationale à sa stratégie, la Chine a lancé un projet ambitieux : un réseau de coffres-forts offshore dédiés au stockage et à la livraison d’or. Le premier site a été inauguré à Hong-Kong en 2025, en partenariat avec la Shanghai Gold Exchange (SGE). Deux contrats libellés en yuans ont également été lancés sur cette place financière.
D’autres villes asiatiques et moyen-orientales pourraient rejoindre ce réseau : Singapour, Kuala Lumpur, Dubaï, Riyad et Moscou. L’objectif ? Permettre aux partenaires commerciaux de la Chine de convertir facilement leurs yuans en or physique. « Quand vous commercez en renminbi, il y a toujours la question de savoir comment utiliser ces renminbis. Mais si ce renminbi est convertible en or, alors la donne change. L’or se négocie, il est utilisable un peu partout », a expliqué un analyste cité par S&P Global Ratings.
L’or comme levier d’internationalisation du yuan
Cette politique s’inscrit dans une démarche plus large de dédollarisation. Pékin pousse activement l’utilisation du yuan dans les échanges internationaux, notamment au sein des BRICS, où un système de paiement alternatif est en développement. Le pays a également créé un yuan numérique adossé à une blockchain, une première mondiale à grande échelle.
Pourtant, certains experts restent sceptiques quant à un retour à un étalon-or pur. Avec une masse monétaire M2 estimée à 49 000 milliards de dollars et des réserves d’or ne représentant que 300 milliards, soit moins de 1 % de M2, l’argument d’un ancrage direct de la monnaie chinoise à l’or semble prématuré. « Un vrai adossement or nécessiterait des réserves 20 à 30 fois supérieures », souligne S&P Global Ratings.
L’or comme actif stratégique et financier
En 2025, Pékin a franchi une étape symbolique en reclassant l’or du statut d’actif financier à celui de « minerai stratégique ». Cette décision vise à soutenir l’expansion des groupes miniers nationaux comme Zijin Mining et Shandong Gold Mining, dont la croissance devrait dépasser celle de la plupart de leurs concurrents mondiaux, selon les projections de S&P Global.
Ce choix illustre une volonté de sécuriser les approvisionnements en métal précieux et de renforcer l’autonomie industrielle du pays. En Inde, un phénomène similaire s’observe avec une progression de 42,4 % par an des prêts garantis par de l’or depuis mars 2024. À fin mai 2026, les banques et sociétés financières non bancaires détenaient 88,5 milliards de dollars de prêts de détail adossés au métal jaune.
Cette stratégie chinoise s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question de la suprématie du dollar, un sujet qui pourrait dominer les débats économiques mondiaux dans les années à venir. Si la Chine parvient à ancrer durablement le yuan à l’or, cela pourrait redessiner les équilibres monétaires internationaux.
La Chine cherche à réduire sa dépendance au dollar et à renforcer le rôle international du yuan. En développant un réseau de stockage et de livraison d’or offshore, Pékin veut rendre sa monnaie plus attractive pour ses partenaires commerciaux en lui offrant une convertibilité en métal précieux.
Les principaux groupes miniers chinois, comme Zijin Mining et Shandong Gold Mining, devraient connaître une croissance accélérée grâce à la reclassification de l’or en tant que « minerai stratégique » par Pékin.