Selon Le Monde, les premiers passages à l’acte suicidaire chez les adolescents surviennent « de plus en plus tôt, avant 12 ans, parfois ». Cette révélation, issue d’un entretien avec Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital parisien Robert-Debré, met en lumière l’urgence d’une prise en charge précoce face à cette problématique.

Ce qu'il faut retenir

  • Premiers passages à l’acte : avant 12 ans, voire parfois plus tôt, selon Richard Delorme, pédopsychiatre à l’hôpital Robert-Debré.
  • Hôpital Robert-Debré : établissement parisien où est prise en charge une partie des cas pédopsychiatriques en France.
  • Augmentation des signalements : les professionnels notent une visibilité accrue des souffrances adolescentes, sans pour autant conclure à une hausse systématique des cas.

Richard Delorme, en poste au sein d’un service hospitalier spécialisé dans les troubles psychiatriques de l’enfant et de l’adolescent, souligne que la souffrance psychique chez les jeunes se manifeste désormais à un âge où l’on ne l’attendait pas autrefois. « Ces enfants qui souffrent, on les voit et on les entend davantage », explique-t-il. Pour autant, il n’est pas établi que le nombre de cas ait augmenté de manière significative, mais plutôt que leur détection s’est améliorée ces dernières années.

Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des troubles anxieux et dépressifs chez les mineurs, un phénomène observé par de nombreux professionnels de santé. Les facteurs à l’origine de cette évolution sont multiples : pression scolaire, exposition aux réseaux sociaux, isolement familial ou encore difficultés économiques. Autant dire que les causes sont aussi variées que complexes.

L’hôpital Robert-Debré, situé dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, est l’un des rares établissements en France à disposer d’un service dédié à la pédopsychiatrie. Chaque année, des centaines de jeunes y sont pris en charge pour des crises suicidaires ou des idées noires. Les équipes soignantes doivent composer avec des moyens parfois limités, alors que la demande ne cesse de croître.

« On constate une précocité des premiers passages à l’acte, ce qui signifie que les enfants développent des idées suicidaires à un âge où ils n’ont pas encore les outils pour y faire face. »
— Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Robert-Debré

Face à cette situation, les spécialistes appellent à une meilleure coordination entre les différents acteurs : écoles, médecins généralistes, pédopsychiatres et familles. Une prise en charge globale et précoce pourrait, selon eux, réduire le risque de passage à l’acte. Pourtant, les délais d’attente pour une consultation en pédopsychiatrie restent souvent longs, freinant l’accès aux soins pour les jeunes en détresse.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, le ministère de la Santé devrait publier un nouveau plan national de santé mentale, incluant des mesures spécifiques pour les adolescents. Parmi les pistes envisagées : le renforcement des dispositifs de prévention en milieu scolaire et l’augmentation des effectifs en pédopsychiatrie. Reste à voir si ces annonces se traduiront par des moyens concrets, alors que les besoins continuent de croître.

Cette problématique dépasse le cadre strictement médical. Elle interroge aussi notre capacité collective à protéger les jeunes générations dans un environnement de plus en plus anxiogène. Entre alertes des professionnels et mobilisation des pouvoirs publics, le débat sur la santé mentale des adolescents est loin d’être clos.

Les signes peuvent inclure un changement brutal de comportement (isolement, irritabilité), des propos évoquant le suicide ou la mort, une baisse des résultats scolaires, ou encore des signes de détresse physique (perte de poids, troubles du sommeil). Il est crucial d’agir rapidement en consultant un professionnel de santé ou en contactant des lignes d’écoute comme le 3114 en France.