Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a tenu à rassurer mardi 5 mai 2026, lors de son passage aux « 4 Vérités » sur France 2, sur la situation du secteur aérien français face à la hausse des prix du kérosène et aux tensions persistantes au Moyen-Orient. Selon Franceinfo - Politique, il a confirmé que les stocks stratégiques de carburant n’avaient pas encore été touchés, tout en pointant du doigt l’impact croissant des coûts sur la rentabilité des compagnies aériennes.

Ce qu'il faut retenir

  • Les stocks stratégiques de kérosène en France n’ont pas été mobilisés, a déclaré Philippe Tabarot, ministre des Transports, lors de son intervention aux « 4 Vérités » mardi 5 mai 2026.
  • La hausse du prix du kérosène, passée de 25 % à 40-45 % du coût d’exploitation des compagnies, menace leur survie économique.
  • Transavia et Volotea ont déjà annulé respectivement 2 % et 1 % de leurs vols en mai et juin, sans qu’un risque de pénurie ne soit identifié à ce stade.
  • Le gouvernement organisera mercredi 6 mai une réunion avec les compagnies aériennes pour évaluer l’impact sur les vols estivaux et les mesures à mettre en place.
  • Philippe Tabarot a évoqué la possibilité d’aides ciblées pour les taxis et VTC, dont les discussions doivent aboutir lundi 12 mai.
  • Quelque 59 navires à intérêts français sont suivis quotidiennement dans le Golfe, avec des marins volontaires toujours en poste malgré les tensions.

Un contexte géopolitique instable et ses répercussions sur le transport aérien

Alors que le conflit au Moyen-Orient s’installe depuis plus de deux mois, la France maintient une position ferme, comme l’a rappelé le président de la République ce matin même. Philippe Tabarot a souligné que Paris condamnait les attaques récentes, notamment celle survenue dans les Émirats arabes unis durant la nuit. « La France reste dans une stratégie de défense de ses alliés dans la zone », a-t-il précisé, tout en appelant à une désescalade et à la réouverture du détroit d’Ormuz, artère majeure pour le trafic maritime et aérien. Selon lui, l’État n’a pas profité de la situation pour augmenter ses recettes fiscales, comme l’a confirmé le Premier ministre, qui a pointé un surplus de taxes d’environ 180 millions d’euros, bien inférieur aux aides accordées aux secteurs des transporteurs routiers, des agriculteurs, des pêcheurs et du bâtiment.

Des stocks de kérosène préservés, mais un coût devenu insoutenable pour les compagnies

Face aux interrogations sur une éventuelle pénurie de kérosène, Philippe Tabarot a écarté ce scénario pour l’instant. « Il y a un stock qui existe pour toutes les compagnies, pour toutes les plateformes aéroportuaires, pour un certain nombre de semaines », a-t-il indiqué. « On n’a pas touché à nos stocks stratégiques pour l’instant. » Le ministre a par ailleurs confirmé que l’approvisionnement ne posait pas de problème majeur, mais que la situation actuelle était davantage liée à la flambée des prix qu’à une indisponibilité du carburant. Le kérosène, autrefois représentant 25 % des coûts d’exploitation des compagnies, pèse désormais entre 40 % et 45 %, une hausse qui met en péril leur équilibre financier. « Ce n’est pas un problème d’approvisionnement, c’est aujourd’hui plus un problème au niveau des prix et de survie de certaines compagnies », a-t-il résumé.

Transavia et Volotea réduisent déjà leurs capacités, l’été reste sous surveillance

Certaines compagnies aériennes ont d’ores et déjà adapté leur plan de vol en raison de la hausse des coûts. Transavia a ainsi annulé 2 % de ses vols programmés en mai et juin, tandis que Volotea a réduit sa capacité de 1 % sur la même période. Si aucun risque de pénurie n’est identifié pour les mois de juillet et août, le gouvernement reste vigilant. Une réunion est prévue demain, mercredi 6 mai, entre Philippe Tabarot et son homologue chargé de l’Industrie, Roland Lescure, afin d’évaluer les plans de vol proposés par les compagnies. « On a deux choses : permettre aux compagnies de s’adapter par rapport à cette situation, pas d’approvisionnement, mais de l’augmentation du coût, et la deuxième chose, c’est le droit des passagers », a expliqué le ministre.

Celui-ci a rappelé que les voyageurs bénéficieraient d’un préavis suffisant en cas d’annulation, avec la possibilité d’un réacheminement sur un autre vol ou d’un remboursement intégral. « Le droit des passagers sera respecté », a-t-il assuré, tout en reconnaissant que certaines compagnies pourraient privilégier des avions pleins plutôt que des vols à moitié vides, une pratique devenue courante dans ce contexte.

La question des hausses de tarifs post-vente : un flou juridique à éclaircir

Un autre sujet épineux a été abordé : la pratique de certaines compagnies, comme Volotea, qui répercuterait la hausse des coûts sur le prix des billets déjà vendus. « C’est ce que fait cette compagnie aujourd’hui, c’est la seule qui le fait », a reconnu Philippe Tabarot. La légalité de cette démarche reste à vérifier, notamment au niveau européen, où le cadre juridique n’est pas encore clairement établi. « La question se pose, je vais demander au service de la DGAC de travailler sur cette question très rapidement », a-t-il annoncé. À ce stade, ni Air France ni Transavia ne pratiquent cette politique, mais le gouvernement attend des compagnies qu’elles communiquent leurs intentions lors de la réunion de demain. Philippe Tabarot a par ailleurs insisté sur la nécessité de contrôler ces hausses pour éviter de faire porter l’intégralité de la charge financière aux passagers.

Les taxis et VTC dans le viseur : des aides en discussion pour les « gros rouleurs »

Si les secteurs des transporteurs routiers, des agriculteurs et des pêcheurs bénéficient déjà d’aides ciblées, les taxis et VTC, eux, n’ont pas encore obtenu de mesures spécifiques. Pourtant, ces professions, grandes consommatrices de carburant, subissent de plein fouet la hausse des prix. « Parce qu’on discute avec les taxis, parce qu’ils ont quelques propositions. On en a d’autres. On essaie de se mettre d’accord pour que les décisions prises soient les plus consensuelles et efficaces pour eux », a expliqué le ministre. Les discussions doivent aboutir lundi 12 mai, avec plusieurs pistes envisagées : un remboursement trimestriel de la TICPE, une adaptation des taximètres pour répercuter le coût sur les passagers, ou encore l’intégration des taxis dans le dispositif « gros rouleurs ». « Ce sont de gros rouleurs. Est-ce qu’ils doivent rentrer dans le dispositif gros rouleur, ou est-ce que c’est un dispositif à part ? » s’est interrogé Philippe Tabarot.

La sécurité des marins français dans le Golfe, un suivi quotidien

Enfin, le ministre a abordé la situation des quelque 800 navires à intérêts français actuellement dans le Golfe, dont 59 suivis quotidiennement par les autorités. À bord, entre 20 et 30 marins français ont fait le choix de rester malgré les tensions, une décision prise sur la base du volontariat. « Ce sont des marins qui ont souhaité rester, qui sont volontaires. Mais bien sûr que cette situation nous préoccupe et nous sommes à leurs côtés quotidiennement », a-t-il souligné, sans fournir de détails supplémentaires sur les mesures de protection mises en place.

Et maintenant ?

La réunion prévue demain, mercredi 6 mai, entre le gouvernement et les compagnies aériennes sera déterminante pour évaluer l’impact réel de la hausse des coûts du kérosène sur les vols estivaux. Si aucun risque de pénurie n’est identifié à ce stade, la survie économique de certaines compagnies pourrait contraindre à des annulations supplémentaires. Par ailleurs, les discussions en cours avec les taxis et VTC devraient aboutir dans les prochains jours, tandis que les marins français dans le Golfe continueront de faire l’objet d’un suivi quotidien. La situation géopolitique au Moyen-Orient, elle, reste un facteur d’incertitude majeur pour l’ensemble du secteur.

Pour l’instant, le gouvernement mise sur un équilibre entre soutien aux compagnies et protection des passagers, tout en veillant à ce que la hausse des prix du kérosène ne se répercute pas de manière disproportionnée sur les voyageurs. Reste à voir si ces mesures suffiront à éviter une crise plus profonde dans un secteur déjà fragilisé par des années de perturbations.

Transavia a annulé 2 % de ses vols programmés en mai et juin, tandis que Volotea a réduit sa capacité de 1 % sur la même période. Aucune annulation n’a encore été annoncée pour les mois de juillet et août, mais une réunion entre le gouvernement et les compagnies est prévue mercredi 6 mai pour évaluer la situation.

Oui. Les discussions entre le gouvernement et les représentants des taxis et VTC doivent aboutir lundi 12 mai. Plusieurs pistes sont envisagées, comme un remboursement trimestriel de la TICPE, une adaptation des taximètres pour répercuter la hausse des coûts, ou encore l’intégration de ces professions dans le dispositif « gros rouleurs ».