D’après Journal du Geek, les prévisions de Micron, l’un des principaux fournisseurs mondiaux de puces mémoires, confirment que la pénurie actuelle de semi-conducteurs ne sera pas résolue avant plusieurs années. Selon l’entreprise, cette situation va s’étendre bien au-delà de 2027, impactant directement le marché des smartphones, ordinateurs et consoles.

Ce qu'il faut retenir

  • Micron, l’un des trois plus grands fabricants de mémoires (DRAM et NAND), annonce que la pénurie actuelle ne sera pas résolue avant 2029 au moins.
  • Les secteurs les plus touchés incluent les smartphones, les PC et les consoles de jeu, avec des délais de livraison prolongés et des prix en hausse.
  • Cette situation s’inscrit dans un contexte de demande croissante pour les appareils électroniques, couplé à des tensions persistantes dans la chaîne d’approvisionnement.

Une pénurie qui dépasse les prévisions initiales

Dès 2023, les acteurs du secteur avaient alerté sur des tensions d’approvisionnement en semi-conducteurs, notamment en raison de la reprise post-pandémie et des tensions géopolitiques. Selon Micron, les investissements massifs dans les usines de production — estimés à plus de 100 milliards de dollars par an dans le monde — ne suffiront pas à combler le retard avant plusieurs années. « Nous faisons face à une situation sans précédent, où la demande dépasse largement la capacité de production actuelle », a déclaré Sanjay Mehrotra, PDG de Micron, lors d’une conférence de presse en juin 2026.

Côté consommateurs, cela signifie que l’achat d’un smartphone, d’un PC ou d’une console pourrait encore s’accompagner de délais de livraison importants, voire de ruptures de stock, jusqu’en 2029. Les prix, déjà en hausse depuis deux ans, pourraient continuer à grimper, notamment pour les composants haut de gamme utilisés dans les appareils récents.

Quels secteurs seront les plus affectés ?

Les trois domaines les plus vulnérables à cette pénurie prolongée sont l’électronique grand public, l’automobile et l’informatique professionnelle. Pour les smartphones, les modèles milieu et haut de gamme — qui intègrent les dernières générations de puces mémoire — seront les plus touchés. Les constructeurs comme Apple, Samsung ou Xiaomi pourraient ajuster leurs stratégies de production, voire retarder le lancement de certains produits.

Côté consoles de jeu, les stocks des modèles comme la PlayStation 5 ou la Xbox Series X restent fragiles, malgré les efforts des fabricants pour sécuriser leurs approvisionnements. Les PC, quant à eux, pourraient voir leurs prix augmenter, notamment pour les configurations gaming ou professionnelles nécessitant des mémoires rapides et de grande capacité. « Les délais de livraison pour les mémoires DDR5, utilisées dans les PC haut de gamme, sont passés de 6 à 12 semaines en moyenne », a précisé un analyste du secteur, sous couvert d’anonymat.

Les causes d’une crise durable

Plusieurs facteurs expliquent cette pénurie prolongée. D’abord, la demande explosive pour les appareils connectés, accélérée par la digitalisation des entreprises et la popularité des services cloud. Ensuite, les tensions géopolitiques, notamment autour de Taïwan — où est produit près de 50 % des semi-conducteurs mondiaux — ont perturbé les chaînes logistiques. Enfin, les investissements nécessaires pour moderniser les usines de production prennent du temps : une nouvelle usine de puces mémoire coûte entre 15 et 20 milliards de dollars et met 3 à 5 ans avant d’être opérationnelle.

Autant dire que les consommateurs et les industriels devront s’armer de patience. Même avec les annonces récentes de TSMC, Intel et Samsung visant à augmenter leurs capacités, la reprise ne sera que progressive.

Et maintenant ?

Les prochaines échéances à surveiller sont les annonces des fabricants sur leurs plans de production pour 2027. Si les investissements actuels portent leurs fruits, une amélioration pourrait se dessiner en 2028, mais rien n’est garanti. Les consommateurs sont invités à anticiper leurs achats ou à se tourner vers des modèles moins gourmands en mémoire, si possible. Côté entreprises, les contrats à long terme avec les fournisseurs pourraient devenir la norme pour sécuriser leurs approvisionnements.

En attendant, la pénurie de puces mémoire rappelle une fois de plus la dépendance de l’industrie technologique à une poignée de géants. Une situation qui, selon les experts, pourrait durer jusqu’à la fin de la décennie.