À neuf jours du second tour de la présidentielle péruvienne, Keiko Fujimori, figure de la droite autoritaire et fille de l’ancien président Alberto Fujimori, s’apprête à réaliser un retour politique après trois tentatives infructueuses.

Comme le rapporte Libération, sa candidature de 2026 marque une progression significative dans les sondages, au point de la placer en position de force face à son adversaire. Cette élection, qui se tiendra le 6 juin 2026, s’annonce comme un scrutin décisif pour l’avenir politique du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Keiko Fujimori, candidate de la droite fujimoriste, est donnée favorite à neuf jours du second tour de l’élection présidentielle au Pérou.
  • Elle se présente pour la quatrième fois après trois échecs en 2011, 2016 et 2021.
  • Son père, Alberto Fujimori, ancien président condamné pour crimes contre l’humanité, reste une figure hautement controversée.
  • Le second tour est prévu pour le 6 juin 2026, opposant Fujimori à son rival progressiste.
  • Cette élection pourrait redessiner l’équilibre politique d’un pays marqué par une instabilité chronique.

Une héritière politique controversée

Keiko Fujimori, 55 ans, s’inscrit dans la lignée d’un héritage politique complexe. Fille d’Alberto Fujimori, président du Pérou de 1990 à 2000, elle a tenté à trois reprises de briguer la magistrature suprême, sans succès. Pourtant, cette fois, les sondages lui sont plus favorables, indique Libération.

Son parti, Fuerza Popular, défend une ligne conservatrice, prônant un renforcement de l’ordre public et une politique économique libérale. Une plateforme qui séduit une partie de l’électorat lassé par l’instabilité politique et les crises sociales récurrentes.

Un contexte politique tendu

Le Pérou traverse une période d’instabilité politique depuis plusieurs années, marquée par des crises gouvernementales à répétition et une défiance généralisée envers les institutions. Le premier tour, organisé en avril 2026, a vu s’affronter une douzaine de candidats, reflétant une fragmentation de l’offre politique.

Keiko Fujimori y est arrivée en tête avec 18 % des voix, devant son adversaire, un représentant de la gauche progressiste, crédité de 16 %. Ce second tour s’annonce donc serré, mais l’avantage semble pencher en sa faveur, selon les dernières projections.

Un héritage familial qui divise

Le nom Fujimori reste associé à une période controversée de l’histoire péruvienne. Alberto Fujimori, père de Keiko, a gouverné le pays d’une main de fer, mettant en place des politiques autoritaires et étant finalement condamné pour corruption et violations des droits humains. Son héritage pèse sur la campagne de sa fille, qui tente de se distancier de certaines de ses actions tout en s’appuyant sur ses succès économiques des années 1990.

« Mon père a sauvé le Pérou de la crise économique et du terrorisme », a-t-elle rappelé lors d’un meeting à Lima. Pourtant, ses détracteurs soulignent que cette période a aussi été marquée par des violations massives des droits humains et une répression brutale.

Et maintenant ?

Les prochains jours s’annoncent décisifs pour le Pérou. Si Keiko Fujimori l’emporte, elle devra composer avec une Assemblée nationale fragmentée, où aucun parti ne détient de majorité absolue. Les observateurs s’interrogent déjà sur sa capacité à gouverner dans un pays où les tensions sociales restent vives, notamment dans les régions minières.

Le scrutin du 6 juin pourrait également avoir des répercussions régionales, alors que le Pérou joue un rôle clé dans la stabilité andine. La communauté internationale suivra de près l’évolution de cette élection, tant les choix politiques de Lima influencent les équilibres géopolitiques en Amérique du Sud.

Quoi qu’il en soit, une victoire de Keiko Fujimori marquerait un tournant dans l’histoire récente du Pérou, où les alternances politiques rapides ont souvent conduit à des crises institutionnelles. Autant dire que le résultat de ce second tour pourrait redéfinir durablement le paysage politique du pays.

Keiko Fujimori défend une politique économique libérale, avec un accent mis sur la réduction de la dette publique, la promotion des investissements privés — notamment dans les secteurs miniers et énergétiques — et un renforcement de l’ordre public. Elle propose également des mesures pour stimuler l’emploi, mais sans remettre en cause les réformes structurelles menées sous le gouvernement de son père.