Une vidéo montrant une agression sexuelle filmée a provoqué l'indignation au Pérou. Selon Courrier International, les images révèlent Naldy Saldaña, chanteuse principale du groupe de cumbia La Bella Luz, subir des attouchements répétés et insistants de la part de César Sánchez Chavesta, alors directeur musical du groupe. Malgré ses tentatives pour repousser son agresseur, elle est embrassée et enlacée de force.

Ce qu'il faut retenir

  • Les images, diffusées le 4 août lors de l'émission Magaly TV, montrent des attouchements non consentis envers Naldy Saldaña par César Sánchez Chavesta, ancien directeur musical de La Bella Luz.
  • Les faits remontent à juin 2026, mais n'ont été rendus publics qu'avec son départ du groupe et la diffusion de la vidéo.
  • Naldy Saldaña affirme avoir subi un harcèlement sexuel prolongé sans que la direction ou le fondateur du groupe, cousin de l'agresseur, n'intervienne pour la protéger.
  • Au Pérou, 52 % des femmes déclarent avoir subi des violences conjugales en 2024, un chiffre en baisse par rapport aux 77 % de 2009.
  • La révélation a déclenché une vague d'indignation sur les réseaux sociaux et dans l'opinion publique péruvienne.

Une vidéo révélatrice d'un climat de violence persistante

Les images, devenues virales depuis leur diffusion le 4 août, laissent peu de place aux interprétations. Elles montrent Naldy Saldaña, figure centrale de l'orchestre de cumbia La Bella Luz, tenter à plusieurs reprises d'échapper aux avances insistantes de César Sánchez Chavesta. « Ces scènes illustrent une réalité que de nombreuses femmes au Pérou connaissent trop bien », commente El País América, cité par Courrier International. Les attouchements et les embrassades forcées se succèdent, tandis que la chanteuse, visiblement mal à l'aise, cherche à s'éloigner de son agresseur.

Les faits, qui remontent au mois de juin, n'ont été rendus publics que lors de l'annonce du départ de Naldy Saldaña du groupe. Dans une déclaration à la presse, elle a révélé avoir subi ce harcèlement pendant des mois, sans que la direction du groupe, ni son fondateur – cousin de l'agresseur –, n'interviennent pour la soutenir ou protéger son environnement professionnel. « Aucun geste n'a été posé pour garantir ma sécurité », a-t-elle indiqué, dénonçant une forme de complicité passive au sein de l'institution.

Un contexte social marqué par la violence envers les femmes

Le Pérou reste un pays où la violence sexiste est profondément ancrée. Selon les dernières données disponibles, 52 % des Péruviennes déclarent avoir subi des violences de la part de leur conjoint ou ex-conjoint en 2024. Ce chiffre marque une légère amélioration par rapport aux 77 % enregistrés en 2009, mais il reste alarmant. La diffusion de cette vidéo a ravivé les débats sur la persistance de ces violences et l'absence de protection adéquate pour les victimes.

« Ces images ont scandalisé les Péruviens et déchaîné une vague d'indignation sur les réseaux sociaux », souligne El País América. Les réactions en ligne ont été immédiates, avec des milliers d'internautes exigeant des sanctions contre l'agresseur et une meilleure protection des victimes. Des associations féministes ont également réagi, dénonçant un système qui normalise trop souvent les violences faites aux femmes.

Une plainte et des réactions institutionnelles en suspens

À ce jour, aucune information n'a été rendue publique concernant une éventuelle plainte déposée par Naldy Saldaña contre César Sánchez Chavesta. Interrogé par les médias, le groupe La Bella Luz n'a pas réagi officiellement, si ce n'est par le biais d'un communiqué laconique annonçant le départ de la chanteuse. Aucune mention n'a été faite concernant les mesures prises, ou non, pour sanctionner l'agresseur ou soutenir la victime.

Côté institutions, le ministère péruvien de la Femme et des Populations vulnérables n'a pas encore réagi publiquement à cette affaire. Pourtant, les associations locales attendent des autorités qu'elles prennent des mesures concrètes pour renforcer la protection des femmes victimes de violences. « Il est urgent que le Pérou agisse pour briser le cycle de l'impunité », a déclaré une militante féministe sous couvert d'anonymat.

Et maintenant ?

La révélation de cette agression filmée pourrait relancer les débats sur la lutte contre les violences sexistes au Pérou. Plusieurs associations ont annoncé qu'elles allaient déposer des plaintes ou soutenir Naldy Saldaña dans une éventuelle action en justice. Une enquête interne au sein du groupe La Bella Luz pourrait également être menée, si les dirigeants choisissent de s'engager dans cette voie. Reste à savoir si ces initiatives aboutiront à des changements concrets ou si, comme trop souvent, l'affaire sera enterrée sans suite.

Le cas de Naldy Saldaña rappelle que la violence envers les femmes au Pérou ne se limite pas aux chiffres : elle s'incarne aussi dans des situations concrètes, parfois filmées, parfois ignorées. La société péruvienne devra-t-elle enfin tourner la page de l'indifférence ?