La Police nationale a mené, dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Plus Ultra, une perquisition au bureau de l’ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero, situé rue Ferraz à Madrid. Selon Euronews FR, les agents de l’Unité centrale de délinquance économique et fiscale (UDEF) ont découvert, le 19 mai 2026, un coffre-fort contenant bijoux, montres et documents divers. Ces éléments s’ajoutent à une série d’opérations judiciaires ciblant des proches de Zapatero, dans une affaire mêlant trafic d’influence présumé et détournement de fonds publics.

Ce qu'il faut retenir

  • La police a saisi 286 070 euros en liquide, des bijoux et des documents au domicile de Julio Martínez Martínez, ami et supposé prête-nom de Zapatero.
  • Dans le coffre-fort du bureau de Zapatero, les agents ont trouvé des montres, des colliers, des bagues et des bracelets, certains porteurs d’inscriptions.
  • La secrétaire de Zapatero a indiqué que les bijoux provenaient d’héritages et de cadeaux, stockés dans ce coffre en raison de l’absence de coffre-fort à son domicile.
  • Julio Martínez Martínez, interpellé en décembre 2025, aurait perçu près de 600 000 euros via des sociétés écrans liées à la compagnie aérienne vénézuélienne Plus Ultra.
  • Le juge José Luis Calama a ordonné plusieurs perquisitions le 19 mai 2026 et a fixé au 2 juin 2026 l’audience de Zapatero.

Une perquisition musclée au cœur du siège du PSOE

Le bureau de José Luis Rodríguez Zapatero, situé en face du siège historique du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), rue Ferraz à Madrid, a été l’objet d’une opération minutieuse. Selon Euronews FR, les agents de l’UDEF, accompagnés du Groupe opérationnel d’interventions techniques (GOIT), ont forcé l’ouverture d’un coffre-fort appartenant à l’ancien président et à son épouse, Sonsoles Espinosa. Outre les bijoux, les policiers ont saisi deux disques durs, des dossiers administratifs, des contrats et plusieurs agendas couvrant la période 2019-2025. Deux employées du bureau ont remis spontanément les codes d’accès aux appareils électroniques, facilitant ainsi la collecte des preuves.

Parmi les objets saisis figuraient des montres, des colliers, des boucles d’oreilles et des bracelets, certains portant des inscriptions. La secrétaire particulière de Zapatero, Gertrudis Alcázar, a expliqué aux enquêteurs que ces pièces provenaient d’héritages familiaux, notamment de la mère et de la belle-mère de l’ancien président, ainsi que de cadeaux reçus lors de voyages. Zapatero, contacté par les médias, a qualifié l’affaire de « forme de persécution » et affirmé que les bijoux étaient conservés dans son bureau faute de coffre-fort à son domicile actuel, qu’il loue depuis la vente de sa résidence.

Julio Martínez Martínez, figure centrale de l’enquête

L’homme d’affaires Julio Martínez Martínez, ami proche de Zapatero et présenté comme un « prête-nom » dans l’enquête, a fait l’objet d’une perquisition à son domicile du quartier de Salamanca, à Madrid, le 11 décembre 2025. Les agents y ont découvert une somme colossale : 286 070 euros en liquide, dissimulés dans des sacs, des boîtes, des tiroirs, une trousse de toilette et même à l’intérieur d’un radiateur. Neuf montres et quatorze téléphones portables ont également été saisis. L’intervention des chiens de détection a été déterminante pour localiser l’argent caché dans différents recoins du logement.

Le procès-verbal de la perquisition détaille la répartition des fonds : 49 900 euros dans un sac en papier dans la salle de bains, 50 000 euros cachés dans un radiateur, ou encore 30 000 euros dans un sac en papier. Martínez Martínez est également au cœur des investigations sur l’affaire Plus Ultra, une enquête portant sur un présumé réseau de trafic d’influence autour du sauvetage de la compagnie aérienne vénézuélienne Plus Ultra, qui aurait bénéficié d’une aide publique de 53 millions d’euros pendant la pandémie.

Un réseau de sociétés écrans et des flux financiers opaques

Selon les éléments recueillis par l’UDEF, Julio Martínez Martínez aurait perçu un total de 598 910,07 euros de la part de Plus Ultra via trois sociétés qu’il dirige : Análisis Relevante, Voli Analítica et IOT Domotic. Le détail des montants est frappant : 301 290 euros pour Análisis Relevante, 141 772,71 euros pour Voli Analítica et 155 847,36 euros pour IOT Domotic. Le rapport de l’UDEF souligne un élément particulièrement suspect : « les trois sociétés n’ont déclaré aucun salarié ou contrat durant les exercices où elles ont encaissé ces revenus ».

Par ailleurs, deux autres sociétés de Martínez Martínez, Caleton et Summer Wind, auraient servi de « sociétés interposées » pour dissimuler l’origine de flux financiers en provenance de Plus Ultra vers l’entourage de Zapatero. Ces pratiques, si elles étaient avérées, pourraient constituer des délits de détournement de fonds publics, de blanchiment et de trafic d’influence. Le juge José Luis Calama, en charge de l’affaire, a confirmé que ces éléments faisaient partie des éléments sous investigation pour établir d’éventuelles responsabilités pénales.

Et maintenant ?

José Luis Rodríguez Zapatero doit comparaître devant le juge José Luis Calama le 2 juin 2026 pour expliquer sa version des faits. L’ancien président a indiqué souhaiter que le juge d’instruction entende en premier ses explications, une stratégie de défense qui pourrait influencer la suite de l’enquête. Quant à Julio Martínez Martínez, son interpellation et la saisie de ses biens pourraient ouvrir la voie à des poursuites pour blanchiment et association de malfaiteurs. Les prochaines étapes de l’enquête devraient porter sur l’analyse des documents saisis et des flux financiers identifiés, ainsi que sur l’audition des autres personnes visées par les perquisitions.

Cette affaire, qui mêle enjeux politiques et financiers, reste sous haute surveillance alors que les institutions espagnoles tentent de démêler les fils d’un réseau présumé ayant profité de la crise sanitaire pour s’enrichir illégalement. Les révélations des prochaines semaines pourraient avoir des répercussions sur la crédibilité des partis et des personnalités impliquées.

Selon les explications de sa secrétaire, Gertrudis Alcázar, les bijoux – provenant d’héritages et de cadeaux – étaient stockés dans le coffre-fort du bureau de la rue Ferraz car l’ancien président et son épouse ne disposaient plus de coffre-fort à leur domicile actuel, qu’ils louent depuis la vente de leur résidence. Zapatero a également affirmé que ces pièces étaient conservées là faute de place dans leur logement actuel.