Selon Le Figaro, les cours du pétrole ont enregistré une baisse marquée ce mercredi 27 mai 2026, après l'annonce d'un mémorandum iranien évoquant un rétablissement possible du trafic dans le détroit d'Ormuz. La télévision d'État iranienne a relayé cette information, précisant qu'un mécanisme de gestion du passage, en collaboration avec Oman, pourrait être mis en place.
Cette perspective a immédiatement fait réagir les marchés, les cours du baril de Brent de la mer du Nord chutant de 3,73%, pour atteindre 95,87 dollars à 16h15 à Paris, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) perdait 4,26%, tombant à 89,89 dollars pour un baril livré en juillet. Un repli qui dépasse les 5% par rapport à la veille, selon les données compilées par l'AFP.
Ce qu'il faut retenir
- Un mémorandum iranien évoque un possible rétablissement du trafic dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations de pétrole du Golfe.
- Les cours du Brent et du WTI ont chuté de respectivement 3,73% et 4,26% en une journée.
- Les pétroliers de très fort tonnage non iraniens semblent reprendre leur passage, avec plus de la moitié des 27 traversées recensées depuis le début de l'année effectuées en mai.
- Les analystes tempèrent l'optimisme, soulignant qu'aucun accord n'est encore finalisé, mais que les discussions progressent.
- La réouverture du détroit pourrait faire passer le Brent sous les 90 dollars, selon certaines estimations.
Un espoir de réouverture après des mois de tensions
L'annonce relayée par la télévision iranienne intervient dans un contexte où les discussions entre Téhéran et Washington, menées notamment autour de la formulation précise d'un texte initial, pourraient aboutir dans « quelques jours », selon les déclarations de Marco Rubio, secrétaire d'État américain, rapportées mardi. Cette avancée, bien que prudente, a suffi à relancer l'optimisme sur les marchés, malgré les frappes américaines ciblant des sites de lancement de missiles en Iran lundi.
« Rien n'indique qu'il s'agisse d'autre chose que ce que l'on entend depuis le week-end », tempère toutefois Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, auprès de l'AFP. Pour lui, « les flux de nouvelles bilatérales suggèrent que les États-Unis et l'Iran pourraient se rapprocher progressivement d'un compromis ». Une nuance qui n'a pas empêché les investisseurs de réagir positivement, dans l'attente d'une stabilisation de la région et d'une reprise des exportations de brut.
Un détroit stratégique, clé de voûte des exportations pétrolières
Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, est un passage incontournable pour le transport du pétrole en provenance du Golfe. Selon les données de Kpler, plus de la moitié des 27 traversées de pétroliers de très fort tonnage non iraniens recensées depuis le début de l'année ont été réalisées en mai, signe d'une reprise progressive des flux. « Les flux physiques semblent montrer quelques premiers signes d'amélioration », souligne John Plassard, analyste chez Mirabaud Securities, même si le détroit reste officiellement obstrué.
Pour Arne Lohmann Rasmussen, spécialiste en gestion des risques chez Global Risk Management, « le marché restera probablement optimiste, en partant du principe que ce n'est qu'une question de temps avant la réouverture du détroit d'Ormuz ». Une réouverture qui, si elle se concrétise, pourrait faire chuter le prix du Brent sous la barre symbolique des 90 dollars, selon ses projections. Une perspective qui, bien qu'encourageante, reste conditionnée à la levée des sanctions et à la restauration des infrastructures régionales.
Des niveaux de prix qui devraient rester élevés malgré tout
Même en cas de réouverture du détroit, les analystes s'accordent à dire que les prix du pétrole ne retrouveront pas les niveaux enregistrés en début d'année. « Les stocks mondiaux doivent être reconstitués, les capacités de raffinage endommagées doivent être restaurées, la production de pétrole à l'arrêt dans la région doit être relancée, et enfin, le pétrole brut et les produits raffinés doivent être acheminés », rappelle Arne Lohmann Rasmussen. Autant de facteurs qui maintiendront les prix à un niveau élevé, malgré une possible détente temporaire.
« Le Brent ne reviendra pas à ses niveaux du début d'année », confirme-t-il. Pour rappel, le baril s'échangeait autour de 80 dollars en janvier 2026, avant que les tensions géopolitiques ne poussent les prix vers des sommets proches de 100 dollars. Une volatilité qui reflète l'incertitude persistante sur l'approvisionnement énergétique mondial.
Pour l'heure, les analystes invitent à la prudence, rappelant que les mécanismes de gestion du trafic évoqués dans le mémorandum iranien restent à préciser. Une chose est sûre : la stabilisation de la région et la reprise des exportations de pétrole du Golfe seront déterminantes pour l'évolution des cours dans les mois à venir.
Le détroit d'Ormuz est le principal point de passage pour les exportations de pétrole en provenance du Golfe, notamment de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Koweït et de l'Irak. Environ 20% du pétrole mondial transite par cette route maritime. Toute perturbation dans ce détroit a donc un impact direct sur les prix du brut à l'échelle mondiale, en limitant l'offre disponible sur le marché.
Plusieurs facteurs pourraient relancer la hausse des prix : un nouvel incident militaire entre l'Iran et les États-Unis, une aggravation des tensions régionales impliquant d'autres acteurs (comme le Yémen ou Israël), ou encore une dégradation des capacités de production dans les pays du Golfe. Une réouverture partielle du détroit d'Ormuz pourrait aussi créer des goulots d'étranglement si les mécanismes de contrôle ne sont pas pleinement opérationnels.