Présents dans de nombreux produits du quotidien, les PFAS – des substances chimiques synthétiques surnommées « polluants éternels » – suscitent une inquiétude croissante parmi les scientifiques. Selon nos confrères de RFI, ces composés, réputés pour leur persistance dans l’environnement et l’organisme humain, pourraient avoir des répercussions bien au-delà des troubles déjà documentés. Cancers, perturbations de la fertilité, élévation du cholestérol : les risques pour la santé associés à ces molécules sont multiples et documentés. Désormais, une équipe internationale de chercheurs se penche sur une nouvelle menace potentielle : l’impact des PFAS sur le système neurologique.
Ce qu'il faut retenir
- Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques artificiels connus pour leur persistance extrême dans l’environnement et le corps humain.
- Parmi leurs effets sanitaires déjà identifiés : risques de cancers, troubles de la fertilité et hausse du cholestérol, selon les études épidémiologiques disponibles.
- Une équipe de scientifiques internationaux étudie désormais leurs effets potentiels sur le système neurologique, un champ de recherche encore peu exploré.
- Les PFAS, surnommés « polluants éternels », s’accumulent dans les sols, les eaux et les organismes vivants en raison de leur résistance à la dégradation.
Des molécules omniprésentes et tenaces
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont des molécules artificielles produites depuis les années 1950. Leur particularité ? Une structure chimique les rendant extrêmement résistantes à la dégradation, d’où leur surnom de « polluants éternels ». Selon les données de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), on en dénombre plus de 4 700 types différents, utilisés dans des secteurs variés : emballages alimentaires, textiles imperméables, mousses anti-incendie, ou encore revêtements antiadhésifs comme le téflon.
Leur persistance s’explique par des liaisons carbone-fluor particulièrement stables. Une fois libérés dans l’environnement, ils peuvent mettre des décennies, voire des siècles, à se dégrader. D’après les relevés de l’Environmental Protection Agency (EPA) américaine, on les retrouve aujourd’hui dans les sols, les cours d’eau et même dans le sang de 97 % de la population américaine, un chiffre qui reflète leur diffusion massive à l’échelle mondiale.
Des risques sanitaires déjà documentés
Les études menées depuis les années 1990 ont mis en lumière plusieurs effets néfastes des PFAS sur la santé humaine. Comme le rappelle l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ces composés sont associés à une augmentation des risques de certains cancers, notamment du rein et des testicules. Ils sont également pointés du doigt pour leur rôle dans les troubles de la fertilité, tant chez l’homme que chez la femme, ainsi que dans l’élévation du taux de cholestérol, facteur de risque cardiovasculaire.
Ces conclusions ont conduit plusieurs pays, dont les États-Unis et certains États membres de l’Union européenne, à réglementer l’usage de certains PFAS. En 2023, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a ainsi fixé une dose hebdomadaire tolérable de 4,4 nanogrammes par kilogramme de poids corporel pour deux types de PFAS, le PFOA et le PFOS. Pourtant, malgré ces avancées, leur présence dans l’environnement reste omniprésente, et leur élimination quasi impossible.
Un nouvel angle d’étude : les effets neurologiques
Face à l’ampleur des risques connus, une équipe internationale de chercheurs a décidé d’explorer une piste encore peu étudiée : l’impact des PFAS sur le système neurologique. Selon les informations rapportées par RFI, ces scientifiques s’intéressent particulièrement à un PFAS spécifique, dont les effets sur le cerveau et le système nerveux restent à éclaircir. Leurs travaux s’appuient sur des données préliminaires suggérant un lien possible entre l’exposition prolongée à ces substances et des troubles cognitifs, des altérations de la mémoire, ou encore une augmentation des risques de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson.
Parmi les hypothèses avancées, certains chercheurs évoquent une inflammation chronique du système nerveux, induite par l’accumulation de PFAS dans les tissus cérébraux. D’autres études explorent leur rôle potentiel dans la perturbation des neurotransmetteurs, ces molécules essentielles à la communication entre les neurones. Bien que ces recherches en soient encore à leurs débuts, elles soulèvent une question majeure : ces « polluants éternels » pourraient-ils, à long terme, altérer durablement les capacités cognitives des populations exposées ?
Les PFAS incarnent ainsi un défi sanitaire et environnemental majeur du XXIe siècle. Leur persistance, couplée à l’émergence de nouveaux risques, rappelle l’urgence de repenser notre relation avec les produits chimiques synthétiques. Tant que leur élimination définitive reste hors de portée, la vigilance et la recherche scientifique demeurent les seuls remparts contre ces « polluants éternels ».
Les PFAS sont notamment présents dans les poêles antiadhésives, les emballages alimentaires (comme les boîtes à pizza ou les sachets de pop-corn micro-ondes), les vêtements imperméables ou anti-taches, les tapis et moquettes traités, ainsi que dans certaines mousses anti-incendie utilisées par les pompiers. Leur utilisation est particulièrement répandue dans les produits résistants à l’eau, à la graisse ou aux hautes températures.