Le groupe néerlandais Philips a obtenu le remboursement quasi intégral de droits de douane américains pour un montant de 186 millions d’euros, selon BFM Business. Cette somme intervient alors que le fabricant d’appareils médicaux et d’électronique voit son bénéfice net atteindre 386 millions d’euros au deuxième trimestre 2026, en hausse de 60 % par rapport aux 240 millions d’euros enregistrés à la même période l’an dernier. Ces chiffres, publiés ce mardi, confirment la capacité du groupe à tirer profit des opportunités financières tout en gérant les contraintes réglementaires.
Ce qu'il faut retenir
- 186 millions d’euros de remboursement quasi intégral des droits de douane américains obtenus par Philips au deuxième trimestre 2026, selon BFM Business.
- Bénéfice net en forte hausse : 386 millions d’euros (+60 % vs T2 2025) et chiffre d’affaires trimestriel à 4,4 milliards d’euros (+2 % vs T2 2025).
- Le groupe a été parmi les premiers à déposer sa demande de remboursement après l’annulation partielle des droits de douane par la Cour suprême américaine en février 2026.
- Prises de commandes en recul de 1 %, notamment en Amérique du Nord, avec des reports de commandes importantes au troisième trimestre.
- Philips maintient ses prévisions de croissance annuelle du chiffre d’affaires entre 3 % et 4,5 %, hors coûts liés à la saga des appareils DreamStation.
- Le titre perd plus de 9 % à la Bourse d’Amsterdam en matinée, dans un contexte de pression sur le secteur de la santé en Chine.
Roy Jakobs, directeur général de Philips, a expliqué que l’entreprise avait été « parmi les premiers à fournir de manière très proactive tous les documents requis » pour demander le remboursement des droits de douane. « Lorsque la possibilité de demander un remboursement s’est présentée, nous avons été parmi les premiers à l’avoir récupéré presque dans son intégralité », a-t-il déclaré lors d’un appel avec des journalistes. Le solde de ce remboursement devrait être versé au troisième trimestre. Malgré cette bonne nouvelle financière, Jakobs a rappelé que les droits de douane restaient « une réalité regrettable, mais dont il faut tenir compte si l’on souhaite faire des affaires dans le monde actuel ».
La Cour suprême américaine a mis un terme en février 2026 à une grande partie des droits de douane instaurés par l’administration Trump lors de son retour au pouvoir. Ces mesures, initialement conçues comme un pilier de sa politique économique, avaient ciblé de nombreux secteurs, dont l’électronique. Philips, autrefois connu pour ses ampoules et téléviseurs, a depuis recentré sa production sur les équipements médicaux, un virage stratégique qui semble porter ses fruits. Son chiffre d’affaires trimestriel s’établit à 4,4 milliards d’euros, en légère progression par rapport aux 4,3 milliards d’euros enregistrés un an plus tôt. Cependant, les prises de commandes ont reculé de 1 %, une baisse attribuée en partie à des reports de commandes importantes en Amérique du Nord, décalées au troisième trimestre.
Un secteur de la santé sous pression en Chine
Le groupe a également évoqué les difficultés rencontrées en Chine, où le secteur de la santé est « sous pression ». En juillet 2026, les autorités chinoises ont annoncé une politique obligeant les établissements de santé publics à acheter du matériel médical dans le cadre de programmes d’achats centralisés. Cette mesure a pesé sur la confiance des investisseurs : le titre Philips a perdu plus de 9 % en Bourse d’Amsterdam en matinée, alors que l’indice AEX progressait légèrement de 0,5 %. Malgré ce contexte, le groupe a maintenu ses prévisions de croissance annuelle pour son chiffre d’affaires, tablant sur une hausse comprise entre 3 % et 4,5 %. Ces estimations intègrent l’impact des droits de douane actuellement en vigueur, mais excluent les coûts potentiels liés à la saga des appareils de traitement de l’apnée du sommeil, encore en cours.
Philips reste en effet confronté à des procédures judiciaires après le rappel, lancé en 2021, de millions d’appareils DreamStation utilisés contre l’apnée du sommeil. Ces machines pouvaient s’arrêter de fonctionner de manière intermittente, posant un risque pour les patients. Pour mettre fin à ces poursuites, le groupe a accepté de verser 1,1 milliard de dollars aux États-Unis, sans pour autant reconnaître de responsabilité. Cette affaire continue de peser sur la réputation de l’entreprise et sur son actionnariat.
Un contexte économique et juridique toujours complexe
Alors que Philips enregistre une embellie financière grâce au remboursement des droits de douane, son environnement opérationnel reste marqué par des incertitudes. En Chine, la nouvelle politique d’achats centralisés pourrait limiter les marges de manœuvre du groupe, tandis qu’aux États-Unis, la question des droits de douane — bien que partiellement résolue — continue de peser sur les coûts et la compétitivité. Roy Jakobs a souligné que les droits de douane actuels devaient être pris en compte comme une « réalité regrettable », mais nécessaire à considérer pour opérer à l’international. « Si l’on souhaite faire des affaires dans le monde actuel, il faut tenir compte de ces contraintes », a-t-il expliqué.
Côté actionnariat, la chute brutale du titre en Bourse reflète les inquiétudes des investisseurs face à ces défis structurels. Le recul de 9 % en une seule journée illustre la sensibilité du marché aux aléas réglementaires et aux risques juridiques persistants. Pour Philips, la gestion de cette équation — entre opportunités de remboursement et pressions sectorielles — sera déterminante dans les mois à venir.
Enfin, la politique commerciale américaine, dont les contours restent flous malgré l’annulation partielle des droits de douane, pourrait réserver d’autres surprises. Les entreprises exportatrices comme Philips devront continuer à adapter leur stratégie pour naviguer dans un environnement où les barrières douanières pourraient réapparaître. Bref, si le remboursement obtenu est une bouffée d’oxygène, la route vers une stabilité durable reste semée d’embûches.
Le groupe a bénéficié de l’annulation partielle des droits de douane instaurés par l’administration Trump, décidée par la Cour suprême américaine en février 2026. Philips a été parmi les premiers à déposer une demande de remboursement, fournissant « de manière très proactive tous les documents requis », selon les déclarations de Roy Jakobs, son directeur général.
Le groupe reste exposé à la saga des appareils DreamStation, rappelés en 2021 pour un dysfonctionnement potentiel, ainsi qu’à la nouvelle politique chinoise d’achats centralisés dans le secteur de la santé, qui pourrait limiter ses opportunités commerciales. Enfin, les droits de douane résiduels aux États-Unis continuent de peser sur ses coûts.