Le metteur en scène Pierre Maillet signe une adaptation de « L’Art de la chute » de Sara Stridsberg, intitulée « Edith Beale au Reno Sweeney ». Selon Libération, cette création mêle cabaret et théâtre en transformant l’univers des Beale — deux figures emblématiques des années 1970 à New York — en une performance volontairement déséquilibrée. L’ambition affichée par Maillet, bien que louable, semble étouffer les enjeux réels de la pièce, au point de brouiller la perception du public.
Ce qu'il faut retenir
- « Edith Beale au Reno Sweeney » est une adaptation de « L’Art de la chute » de Sara Stridsberg par Pierre Maillet.
- Le spectacle mêle cabaret et théâtre, mais cette hybridation est volontairement bancale.
- Les personnages de Edith et Edie Beale, icônes new-yorkaises des années 1970, sont au cœur de la pièce.
- Selon Libération, l’ambition confuse du metteur en scène étouffe les enjeux de l’œuvre originale.
- La performance, bien que volontairement déséquilibrée, peine à trouver son équilibre.
Une adaptation qui oscille entre deux genres
Pierre Maillet a choisi de transposer « L’Art de la chute » — une pièce de Sara Stridsberg centrée sur les figures d’Edith et Edie Beale — dans un format hybride où le cabaret le dispute au théâtre. Les Beale, figures marginales de la contre-culture new-yorkaise des années 1970, deviennent ici les protagonistes d’une performance où se mêlent chansons, dialogues et mises en scène volontairement désorganisées. Le résultat, selon Libération, oscille entre une volonté d’innovation et un manque de cohérence qui fragilise l’ensemble.
Le Reno Sweeney, lieu fictif mais évocateur des nuits new-yorkaises, sert de décor à cette entreprise artistique. Pourtant, loin de renforcer l’immersion, cette référence culturelle semble se diluer dans une mise en scène où les intentions, bien que présentes, peinent à se concrétiser. Bref, le pari est audacieux, mais le rendu reste confus.
Des enjeux originaux étouffés par l’ambition du metteur en scène
D’après Libération, Sara Stridsberg avait construit « L’Art de la chute » autour d’une réflexion sur la chute sociale, la marginalité et la quête d’identité. Ces thèmes, déjà complexes, se voient submergés par une mise en scène qui privilégie l’effet de style à la profondeur. Pierre Maillet, en optant pour une approche volontairement bancale, cherche à refléter l’instabilité des personnages, mais le procédé frise parfois l’autoréférence.
Le journal souligne que cette confusion entre forme et fond nuit à la compréhension des enjeux. Les spectateurs, habitués à une narration plus linéaire, se retrouvent face à une performance où chaque choix artistique semble dicté par une logique interne inaccessible. Autant dire que l’ambition de Maillet, bien que légitime, se retourne contre lui.
Les Beale, figures emblématiques en quête de résonance
Edith et Edie Beale, figures réelles devenues légendaires grâce au documentaire « Grey Gardens » de 1975, incarnent ici une Amérique oubliée, celle des marginaux qui ont marqué l’histoire culturelle new-yorkaise. Leur histoire, faite de réclusion et de singularité, aurait pu offrir une matière riche à une adaptation. Pourtant, selon Libération, leur présence à l’écran ou sur scène reste floue, comme si leur essence même avait été diluée dans le format hybride choisi par Maillet.
Le journal note que le spectacle, malgré ses défauts, ne manque pas d’audace. Mais cette audace, poussée à l’extrême, en vient à desservir le propos. Les Beale méritaient mieux qu’une performance où l’on devine une intention, sans jamais en saisir pleinement la portée.
Reste à voir si Pierre Maillet ajustera certains aspects de sa mise en scène pour clarifier son propos. Une chose est sûre : le débat autour de cette création, déjà vif, devrait s’amplifier avec le temps.
Edith et Edie Beale étaient deux femmes marginales, cousines de l’ancienne Première Dame des États-Unis, Jackie Kennedy. Leur vie recluse dans une maison délabrée à East Hampton, dans les années 1970, a inspiré le documentaire « Grey Gardens », devenu un classique du cinéma. Leur histoire, mêlant excentricité et déchéance sociale, en a fait des figures cultes de la contre-culture new-yorkaise.