Un groupe de pirates informatiques affirme avoir compromis les données de santé de 34 millions de Français, soit près d’un Français sur deux, via le système du Dossier Médical Partagé (DMP). Cette annonce, relayée par Journal du Geek, a suscité une vive inquiétude quant à la sécurité des informations médicales sensibles. Pourtant, l’Assurance maladie a immédiatement démenti toute compromission d’une telle ampleur, soulignant que les données accessibles ne couvrent pas l’intégralité de la population concernée par le DMP.

Ce qu'il faut retenir

  • 34 millions de dossiers revendiqués par des pirates, soit près de la moitié de la population française couverte par le DMP.
  • L’Assurance maladie conteste cette estimation, évoquant une surreprésentation des données accessibles.
  • Les pirates revendiquent l’extraction de données sensibles, dont des antécédents médicaux et des prescriptions.
  • Le DMP, lancé en 2016, compte environ 70 millions de bénéficiaires potentiels, mais seulement 18 millions d’usagers actifs en 2026.
  • Une enquête a été ouverte par la CNIL et les autorités judiciaires pour éclaircir l’origine et l’étendue de la faille.

Une annonce choc relayée par Journal du Geek

C’est Journal du Geek qui a révélé, le 8 juin 2026, qu’un groupe de cyberpirates avait revendiqué le vol de 34 millions de dossiers médicaux via le DMP. Selon les informations rapportées, ces données incluraient des antécédents médicaux, des ordonnances, voire des informations sur les hospitalisations. Le groupe aurait mis en ligne un échantillon de ces données à titre de preuve, suscitant l’émoi dans le secteur de la santé. « Nous avons accès à des informations bien plus complètes que celles disponibles en open source », aurait déclaré un représentant du groupe dans un message publié sur un forum underground, cité par Journal du Geek.

L'Assurance maladie contre-attaque : une exagération des faits

Face à cette annonce, l’Assurance maladie a rapidement réagi en minimisant la portée de l’incident. Dans un communiqué publié le 9 juin 2026, elle a indiqué que « les données accessibles ne concernent qu’une partie des bénéficiaires et ne couvrent pas l’ensemble des 70 millions de Français éligibles au DMP ». Selon les premières analyses, seulement 10 à 15 % des dossiers actifs auraient pu être consultés, ce qui représenterait entre 1,8 et 2,7 millions de fichiers. L’Assurance maladie a également précisé que « les données sensibles, comme les résultats d’examens ou les traitements en cours, ne figuraient pas dans les fichiers accessibles ».

Les autorités sanitaires ont rassuré sur le fait que « le système de sécurité du DMP n’a pas été piraté dans son ensemble », mais qu’un bug ponctuel aurait permis l’accès à certaines informations. Une enquête interne a été lancée pour identifier la faille exploitée par les pirates.

Le DMP, un système encore en cours de déploiement

Lancé en 2016 sous l’impulsion de l’État, le Dossier Médical Partagé vise à centraliser les informations médicales des patients pour faciliter le suivi par les professionnels de santé. Pourtant, son adoption reste inégale : en 2026, seulement 18 millions d’usagers l’utilisent activement, sur les 70 millions de bénéficiaires potentiels. Les raisons de cette faible utilisation sont multiples : méfiance des patients, complexité d’accès, ou encore manque de sensibilisation des professionnels de santé. « Le DMP est un outil utile, mais son utilité dépend de son adoption massive. Or, aujourd’hui, seulement un quart des Français concernés y ont recours », explique un expert en santé publique sous couvert d’anonymat.

La récente faille de sécurité soulève donc une question cruciale : comment garantir la sécurité des données médicales dans un système encore en construction, tout en encourageant son utilisation ? Les pirates pourraient-ils profiter de cette situation pour cibler à nouveau un outil perçu comme vulnérable ?

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur réelle de la faille. Une enquête conjointe de la CNIL et du parquet de Paris a été ouverte pour identifier les responsables et les éventuelles négligences ayant permis cet accès non autorisé. Par ailleurs, l’Assurance maladie a annoncé un renforcement des protocoles de sécurité du DMP, sans préciser de calendrier. Pour les 18 millions d’usagers, la prudence reste de mise : en cas de doute sur la sécurité de leurs données, ils peuvent consulter leur espace personnel sur le site dmp.fr ou contacter leur médecin traitant.

Reste à savoir si cette affaire accélérera les réformes du système de santé numérique ou, au contraire, renforcera les réticences des patients et des professionnels. Une chose est sûre : dans un monde où les cyberattaques se multiplient, la protection des données médicales devient un enjeu prioritaire pour les autorités.

Connectez-vous à votre espace personnel sur dmp.fr. L’Assurance maladie a indiqué que les données sensibles n’ont pas été exposées, mais il est recommandé de surveiller toute activité inhabituelle et de signaler tout problème à votre médecin traitant ou au 36 46 (service d’assistance dédié).