Selon BFM - Faits Divers, la veuve de Fabrice Moello, agent pénitentiaire tué lors de l’évasion de Mohamed Amra en 2024, a porté plainte pour « abus de confiance » contre Jean Messiha. Celui-ci est accusé de ne pas avoir reversé les 44 000 euros récoltés via une cagnotte en ligne, lancée après la mort de son mari et d’Arnaud Garcia, un autre agent également décédé dans cette attaque.
Ce qu'il faut retenir
- Une plainte pour abus de confiance a été déposée par la veuve de Fabrice Moello, agent tué lors de l’évasion de Mohamed Amra le 14 mai 2024, contre Jean Messiha, selon BFM - Faits Divers.
- Quelque 44 000 euros auraient été collectés via une cagnotte lancée par Jean Messiha, mais jamais reversés aux familles des victimes.
- Jean Messiha affirme que les fonds ont été virés sur son compte par « erreur » via la plateforme Gofundme, qu’il a lui-même assignée en justice pour récupérer la somme.
- Cette affaire s’ajoute à une précédente plainte contre Jean Messiha en 2023, classée sans suite, pour une cagnotte similaire en soutien à un policier mis en cause dans la mort de Nahel.
L’attaque du 14 mai 2024 et ses conséquences
Le 14 mai 2024, Fabrice Moello, 52 ans, et Arnaud Garcia, 34 ans, agents pénitentiaires en mission d’escorte, ont été tués lors d’une attaque au péage d’Incarville, dans l’Eure. Leur véhicule, qui transportait Mohamed Amra, condamné pour terrorisme et surnommé « La Mouche », a été pris pour cible par un commando armé. Trois autres surveillants ont également été grièvement blessés dans cette embuscade.
En réaction à ce drame, Jean Messiha, alors membre du parti Reconquête! et délégué national aux Études et aux Argumentaires du Rassemblement national, avait lancé une cagnotte en ligne pour soutenir les familles des deux agents décédés. « Notre mobilisation massive doit être le symbole de l’indéfectible soutien que nous devons à tous nos héros en uniforme, tombés au nom d’une certaine idée de la France et de la République », avait-il écrit dans un message accompagnant l’appel aux dons.
Des promesses non tenues et une plainte déposée
Sur le site de financement participatif GoFundMe, il était clairement indiqué que « tous les dons récoltés par cette cagnotte seront intégralement reversés aux familles des victimes ». Pourtant, selon l’avocat de Sandrine Le Hay Moello, Me Matthieu Chirez, la veuve de Fabrice Moello n’a jamais reçu les fonds promis. Une plainte pour « abus de confiance » a donc été déposée à l’encontre de Jean Messiha, qui nie toute malversation.
Jean Messiha a réagi sur le réseau social X en déclarant avoir appris cette nouvelle avec « grande tristesse et grande stupéfaction ». Il a imputé la responsabilité de la situation à la plateforme GoFundMe, affirmant que celle-ci avait commis une « grave erreur due à des défaillances internes » ayant conduit au virement des fonds sur son compte, alors qu’il n’en était ni le bénéficiaire ni n’avait formulé une telle demande.
Les versions contradictoires sur les fonds
D’après les informations rapportées par BFM - Faits Divers, la plateforme GoFundMe aurait effectué plusieurs versements sur un compte portant le nom de Jean Messiha. Ces transactions, étalées sur plusieurs jours en mai et juin 2024, puis en juin 2025, sont présentées comme traçables par le média. Contactée par BFM, la société n’a pas répondu à leurs sollicitations pour éclaircir cette affaire.
Me Chirez précise que les sommes « détournées » de la cagnotte s’élèvent à 44 000 euros, soit l’intégralité des fonds collectés. Face à cette situation, Jean Messiha a annoncé sur X avoir déposé plainte contre GoFundMe et promis de « revirer l’intégralité de la somme indûment imputée sur le compte bancaire des familles ». Une déclaration qui laisse planer des doutes sur la régularité des opérations menées.
Un précédent en 2023
Cette affaire n’est pas la première à mettre en cause Jean Messiha dans la gestion de cagnottes en ligne. En 2023, il avait lancé une collecte de fonds en soutien au policier mis en examen pour la mort de Nahel, un jeune homme tué par un tir de LBD lors d’un contrôle routier. La famille de Nahel avait alors porté plainte pour « escroquerie en bande organisée », accusant Jean Messiha de « manœuvres frauduleuses » et de « mensonges » pour tromper les donateurs. Cette plainte avait finalement été classée sans suite en juin 2024, mais elle avait alimenté la polémique autour de ses méthodes.
Une sortie du Rassemblement national et des tensions politiques
Parallèlement à ces accusations, Jean Messiha a annoncé qu’il quittait le Rassemblement national, invoquant des « désaccords » et des « ambitions déçues ». Cette décision, survenue dans un contexte de tensions au sein de l’extrême droite, pourrait aussi s’inscrire dans une stratégie plus large visant à se distancier des polémiques récurrentes autour de ses initiatives.
En attendant, la promesse faite aux donateurs de reverser intégralement les fonds aux familles des victimes reste en suspens, tandis que les versions des différents acteurs impliqués continuent de s’opposer.
Jean Messiha avait lancé une cagnotte en ligne après l’évasion de Mohamed Amra et la mort de deux agents pénitentiaires, Fabrice Moello et Arnaud Garcia, le 14 mai 2024. Il avait alors appelé à un « soutien indéfectible » pour les familles des victimes, promettant que tous les dons seraient reversés aux proches des agents décédés.
Jean Messiha risque des poursuites pour « abus de confiance », un délit puni par le Code pénal. Si la justice retient les charges, il pourrait être condamné à des peines d’emprisonnement et à des amendes, en plus de devoir restituer les sommes détournées aux familles des victimes.