Le gouvernement a publié samedi 18 avril 2026 au Journal officiel le décret instaurant un plan d'aides de 50 millions d'euros destiné aux entreprises du transport routier, a indiqué vendredi le ministre des Transports Philippe Tabarot. Cette mesure, annoncée fin mars 2026, vise à atténuer l'impact de la hausse des prix du carburant, elle-même liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient. Selon BFM Business, ce plan entrera en vigueur dimanche 19 avril pour le mois d'avril et pourrait être reconduit en mai.

Le contexte reste tendu pour le secteur. Le litre de gazole, carburant le plus utilisé en France, s'affichait à 2,273 euros en moyenne vendredi 18 avril, soit une baisse de 9 centimes en une semaine, mais toujours en hausse de 55 centimes par rapport à fin février 2026. Les prix restent ainsi élevés, incitant le gouvernement à agir rapidement.

Ce qu'il faut retenir

  • Un plan de 50 millions d'euros dédié aux entreprises de transport routier, entré en vigueur le 19 avril 2026.
  • Les entreprises éligibles sont celles de moins de 1 000 salariés, spécialisées dans le transport de marchandises, de voyageurs par autocar ou de transport sanitaire (hors taxis).
  • Les montants varient de 70 à 500 euros par véhicule, selon le type et la taille, avec un plafond de 60 000 euros par entreprise.
  • Les aides supérieures à 5 000 euros ciblent les entreprises dont la rentabilité, mesurée par le ratio excédent brut d'exploitation sur chiffre d'affaires, est inférieure ou égale à 5% sur les deux derniers exercices.
  • Le décret exclut les entreprises ayant recours à l'emprunt bancaire pour financer leur matériel, une restriction critiquée par l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).

Un dispositif ciblé sur les petites et moyennes entreprises

Le plan d'aides, d'un montant de 50 millions d'euros, a été conçu pour soutenir spécifiquement les petites, moyennes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI) du secteur, comme l'a souligné Philippe Tabarot. « On a trouvé un plan qui a satisfait tout le monde, qui est ciblé sur les petites entreprises, sur les moyennes entreprises et sur les entreprises à taille intermédiaire », a-t-il déclaré. Le ministre a également précisé avoir « beaucoup travaillé » avec les fédérations du secteur pour aboutir à cette solution.

Les critères d'éligibilité reposent sur plusieurs paramètres. Les entreprises doivent avoir une activité principale dans le transport routier de marchandises, de voyageurs par autocar ou de transport sanitaire (hors taxis). Leur effectif ne doit pas dépasser 1 000 salariés. Pour les aides supérieures à 5 000 euros, un indicateur de rentabilité, le ratio « excédent brut d'exploitation sur chiffre d'affaires », doit être inférieur ou égal à 5% sur les deux derniers exercices comptables.

Des montants variables selon le type de véhicule

Les entreprises éligibles pourront bénéficier d'une aide forfaitaire dont le montant dépend du type de véhicule utilisé. Pour les autocars, l'aide s'élève à 250 euros par véhicule. Les ambulances ou véhicules de transport sanitaire de moins de dix passagers recevront 70 euros. Pour le transport de marchandises, les montants varient entre 100 et 500 euros, selon la taille du camion. Ces aides sont plafonnées à 60 000 euros par entreprise, soit le double du plafond initialement prévu.

Ce dispositif vise à soulager la trésorerie des sociétés « justifiant de difficultés économiques majeures », avait rappelé Philippe Tabarot en mars 2026. Le gouvernement justifie cette enveloppe par la nécessité d'accompagner un secteur particulièrement exposé aux fluctuations des prix de l'énergie, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes.

Des critiques sur les conditions d'éligibilité

L'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) a exprimé ses réserves quant aux critères retenus. Dans un communiqué, elle a notamment déploré l'exclusion des entreprises ayant recours à l'emprunt bancaire pour financer leur matériel roulant. « Si les annonces de réouverture du détroit d'Ormuz ne se traduisent pas rapidement par une baisse significative des prix du carburant, l'OTRE appelle le gouvernement à agir sans délai afin de permettre une diminution immédiate et substantielle des prix du carburant », peut-on lire dans le texte.

L'organisation a également pointé du doigt la hausse persistante des prix du gazole, qui reste à un niveau élevé malgré une légère baisse enregistrée cette semaine. Vendredi 18 avril 2026, le litre de gazole s'affichait à 2,273 euros en moyenne, selon les données de 9 343 stations-service en France. Cette situation, couplée aux restrictions budgétaires du plan, pourrait laisser une partie du secteur sans solution, selon l'OTRE.

« Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés » : c'est ainsi que l'OTRE qualifie les entreprises de transport routier, souvent contraintes de rouler avec des marges réduites tout en subissant la hausse des coûts énergétiques.

— Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), 18 avril 2026

Et maintenant ?

Si le plan d'aides entre en vigueur dimanche 19 avril, son efficacité dépendra de plusieurs facteurs. D'abord, l'évolution des prix du carburant, directement liée à la situation géopolitique au Moyen-Orient. Ensuite, la capacité des entreprises à remplir les critères d'éligibilité, notamment pour les aides supérieures à 5 000 euros. Enfin, la réaction des fédérations professionnelles, comme l'OTRE, qui pourraient demander des ajustements du dispositif.

Le gouvernement a indiqué que ce plan pourrait être reconduit en mai 2026, sous réserve de l'évolution du contexte économique et géopolitique. Une révision des critères d'éligibilité, notamment concernant les entreprises endettées, n'est pas exclue si la pression du secteur persiste.

Au-delà de ce plan ponctuel, la question de la transition énergétique du secteur du transport routier reste entière. Les professionnels appellent à des solutions structurelles pour réduire leur dépendance aux carburants fossiles, dans un contexte où les prix de l'énergie devraient rester volatils. Pour l'heure, l'accent est mis sur le soutien immédiat, mais le débat sur la durabilité du modèle économique du secteur est loin d'être clos.

Le plan exclut les entreprises de transport routier ayant plus de 1 000 salariés, ainsi que celles dont le ratio de rentabilité (excédent brut d'exploitation sur chiffre d'affaires) dépasse 5% sur les deux derniers exercices comptables. Les entreprises ayant recours à l'emprunt bancaire pour financer leur matériel roulant sont également exclues, selon les critères définis par le décret publié le 18 avril 2026.

Le plafond initial des aides était fixé à 30 000 euros par entreprise. Le gouvernement l'a doublé à 60 000 euros pour répondre aux demandes des fédérations du secteur et pour mieux accompagner les entreprises les plus en difficulté, notamment celles dont la trésorerie est fortement impactée par la hausse des prix du carburant. Cette décision a été annoncée par Philippe Tabarot, ministre des Transports, lors d'une conférence de presse le 18 avril 2026.