En France, le processus de régulation des acteurs du secteur des cryptomonnaies franchit une étape décisive. Selon Journal du Coin, sur les **117 Plateformes de Services sur Actifs Numériques (PSAN)** enregistrées auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), seules **83 ont obtenu l’agrément MiCA**, soit un taux de conformité de **70,9 %**. Cette première vague de certifications illustre les efforts des autorités françaises pour aligner le marché local sur les exigences européennes, tout en révélant les défis persistants pour les acteurs du secteur.

Ce qu'il faut retenir

  • **117 PSAN** déclarées en France avant l’entrée en vigueur de la réglementation MiCA.
  • Seulement **83 PSAN** (soit **70,9 %**) ont obtenu l’agrément MiCA requis pour opérer légalement.
  • La date limite pour déposer une demande d’agrément était fixée au **31 décembre 2025**, conformément au calendrier européen.
  • Les **34 PSAN restantes** doivent soit se conformer aux exigences, soit cesser leur activité en France.
  • L’AMF et la Banque de France supervisent l’instruction des dossiers, avec une attention particulière portée à la lutte contre le blanchiment d’argent et la protection des investisseurs.

Un processus de régulation accéléré sous l’égide européenne

La France, pionnière en Europe sur la régulation des cryptomonnaies, a mis en place un cadre strict pour encadrer les acteurs du secteur. Le règlement européen **MiCA (Markets in Crypto-Assets)**, entré en vigueur progressivement depuis 2024, impose des obligations renforcées en matière de transparence, de gouvernance et de lutte contre la fraude. Pour les PSAN, l’obtention de l’agrément MiCA est devenue un impératif pour continuer à opérer sur le territoire français après le **1er janvier 2026**.

Comme le précise Journal du Coin, les critères d’éligibilité incluent notamment la détention d’un capital minimum de **125 000 euros**, la mise en place de procédures de contrôle interne strictes, et la désignation d’un responsable de la conformité. Les dossiers les plus complexes, notamment ceux des plateformes proposant des services de trading ou de custody, ont fait l’objet d’un examen approfondi par les régulateurs.

Un marché en mutation : entre opportunités et contraintes

Le taux de conformité de **70,9 %** masque des disparités importantes entre les acteurs. Certaines plateformes, déjà bien structurées et dotées de moyens juridiques et financiers importants, ont pu obtenir leur agrément rapidement. D’autres, en revanche, ont dû revoir en profondeur leur modèle économique ou abandonner certaines activités pour se mettre en conformité. Parmi les PSAN non agréées, certaines pourraient encore déposer une demande avant l’échéance finale, fixée au **30 juin 2026** pour les demandes complémentaires.

Bref, le secteur des cryptomonnaies en France traverse une période de profondes mutations. Pour les consommateurs, cette régulation accrue devrait garantir une meilleure protection, tandis que les acteurs professionnels doivent s’adapter à un environnement de plus en plus exigeant. «

Cette première phase de certification marque un tournant pour l’industrie crypto en France. Elle confirme la volonté des autorités de bâtir un écosystème sécurisé et transparent, tout en éliminant les acteurs peu scrupuleux.
» a déclaré un porte-parole de l’AMF, cité par Journal du Coin.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera en un audit complet des 83 PSAN agréées, afin de vérifier leur conformité continue aux exigences MiCA. Les régulateurs pourraient également publier d’ici la fin de l’année un bilan détaillé des défaillances constatées, ainsi que des recommandations pour les acteurs encore en cours de conformité. Par ailleurs, les utilisateurs des plateformes non agréées sont invités à se renseigner sur leur statut juridique avant d’effectuer toute transaction.

Pour les investisseurs, cette régulation devrait apporter plus de clarté, mais elle pourrait aussi réduire le nombre d’options disponibles sur le marché français. Les acteurs du secteur attendent désormais les prochaines directives de l’AMF, notamment sur les modalités de contrôle des activités transfrontalières.

Quels impacts pour les utilisateurs et les professionnels ?

Pour les particuliers détenteurs de cryptomonnaies, la régulation MiCA offre une meilleure protection contre les fraudes et les pratiques abusives. Les plateformes agréées devront se conformer à des règles strictes en matière de transparence des frais, de gestion des fonds clients et de lutte contre le blanchiment. En revanche, les utilisateurs des PSAN non agréées s’exposent à des risques juridiques et financiers, notamment en cas de litige ou de faillite de la plateforme.

Côté professionnels, les acteurs du secteur doivent désormais investir dans des infrastructures conformes, ce qui pourrait entraîner une concentration du marché. Les petites structures, souvent moins bien armées pour absorber les coûts de conformité, pourraient être contraintes de fermer ou de fusionner avec des concurrents plus grands. Cette tendance devrait se confirmer d’ici la fin de l’année, alors que la date butoir du **30 juin 2026** approche.

Pour les entreprises étrangères souhaitant s’implanter en France, l’obtention de l’agrément MiCA devient un préalable incontournable. Les régulateurs français, en collaboration avec leurs homologues européens, pourraient durcir les conditions d’accès au marché pour les acteurs ne respectant pas les normes locales.

Les utilisateurs des PSAN non agréées s’exposent à plusieurs risques. D’abord, leurs fonds pourraient ne pas être protégés en cas de faillite de la plateforme. Ensuite, les transactions effectuées sur ces plateformes ne bénéficient pas du cadre légal européen, ce qui peut compliquer les recours en cas de litige. Enfin, certaines banques pourraient refuser de travailler avec des clients utilisant des plateformes non régulées, limitant ainsi l’accès aux services financiers traditionnels.

L’AMF et la Banque de France devraient finaliser la liste des PSAN agréées d’ici la fin du mois de juillet 2026. Cette publication interviendra après l’examen complet de tous les dossiers déposés avant la date limite du 30 juin 2026. Une mise à jour régulière de cette liste est prévue pour refléter les nouvelles certifications ou les retraits d’agrément.