Plus de 120 organisations américaines, dont l’American Civil Liberties Union (ACLU), ont lancé un avertissement solennel aux supporters étrangers, aux joueurs et aux journalistes prévoyant de se rendre aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026. Dans une lettre ouverte diffusée ce vendredi 24 avril 2026, ces associations mettent en garde contre des risques accrus de refus d’entrée sur le territoire, de détention arbitraire et de traitements considérés comme inhumains par les autorités américaines.
Comme le rapporte RFI, ces organisations appellent la FIFA à intervenir directement auprès du gouvernement fédéral afin d’obtenir des garanties pour les visiteurs internationaux.

Ce qu'il faut retenir

  • 120 organisations américaines, dont l’ACLU, alertent sur les risques encourus par les visiteurs de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis.
  • Les associations évoquent des refus d’entrée, des détentions arbitraires et des traitements jugés inhumains.
  • Une lettre ouverte a été adressée à la FIFA pour qu’elle fasse pression sur le gouvernement américain.
  • L’ACLU et d’autres signataires demandent des garanties juridiques pour les étrangers pendant la compétition.
  • La Coupe du monde 2026 se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet 2026.

Une mobilisation inédite portée par des acteurs majeurs des droits humains

Parmi les 120 organisations signataires de l’appel, on retrouve des figures incontournables du paysage des droits civiques aux États-Unis. L’ACLU, organisation historique de défense des libertés individuelles, est accompagnée de groupes comme Amnesty International USA ou encore Human Rights Watch. Leur message est clair : les visiteurs étrangers, qu’ils soient supporters, journalistes ou membres des délégations sportives, pourraient être exposés à des pratiques discriminatoires ou à des violations de leurs droits pendant leur séjour.
D’après RFI, ces associations s’appuient sur des précédents récents pour justifier leur inquiétude, notamment les contrôles renforcés aux frontières et les traitements inégaux subis par certaines minorités ethniques ou religieuses.

Les craintes des associations : un cocktail de risques juridiques et sécuritaires

Les organisations signataires détaillent trois principaux risques dans leur appel. D’abord, les refus d’entrée pourraient être justifiés par des motifs flous, comme des antécédents judiciaires mineurs ou des liens familiaux avec des pays sous sanctions. Ensuite, les détentions arbitraires pourraient survenir lors de contrôles d’identité prolongés, sans accès immédiat à un avocat. Enfin, elles dénoncent des traitements inhumains, allant de l’isolement prolongé à des conditions de détention jugées indignes dans certains centres de rétention.
« Ces pratiques, déjà documentées, pourraient s’aggraver avec l’afflux de plusieurs millions de visiteurs en 2026 », a déclaré un porte-parole de l’ACLU à RFI.

« Nous appelons la FIFA à exiger du gouvernement américain des garanties écrites pour que les visiteurs étrangers bénéficient des mêmes droits que les citoyens américains pendant la Coupe du monde. »
— Extrait de la lettre ouverte des 120 organisations

La FIFA appelée à jouer un rôle d’intermédiaire entre les organisateurs et les autorités

Dans leur lettre, les associations demandent à la FIFA d’intervenir comme médiateur entre les organisateurs locaux de la compétition et les autorités fédérales américaines. Elles souhaitent notamment que l’instance sportive obtienne des engagements formels sur le respect des droits humains pour tous les visiteurs.
La Coupe du monde 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, sera la première à se tenir sur trois continents. Avec plus de 100 matchs prévus sur 16 stades, l’événement devrait attirer plus de 5 millions de spectateurs, dont une part significative deforeigners.
« La FIFA a un devoir de diligence envers les participants à ses compétitions », a rappelé un représentant d’Amnesty International USA à RFI.

Et maintenant ?

La FIFA dispose désormais d’un délai de quelques semaines pour répondre à cette lettre et engager des discussions avec le gouvernement américain. Une réunion pourrait être organisée avant le mois de juin 2026, afin de trouver des solutions concrètes. Si aucune garantie n’est obtenue, les associations menacent de rendre public un rapport détaillé sur les risques encourus par les visiteurs, ce qui pourrait nuire à l’image de la compétition.
Reste à voir si les autorités américaines accepteront de négocier, alors que les préparatifs logistiques de la Coupe du monde sont déjà bien avancés.

Pour rappel, la Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 sur 16 stades répartis aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Les billets sont déjà en vente depuis plusieurs mois, et les fédérations ont commencé à désigner leurs effectifs.

Les associations n’ont pas ciblé de nationalités spécifiques dans leur appel. Leurs craintes portent sur l’ensemble des visiteurs étrangers, quels que soient leur pays d’origine, en raison des pratiques jugées discriminatoires ou arbitraires des autorités américaines.