Un chiffre inédit vient de faire son apparition dans le débat public : **plus de 140 000 personnes** en France se sont déclarées officiellement « sinistrées climatiques » depuis le début de l’été 2026. Comme le rapporte Le Monde, cette campagne, lancée au mois de juin par les ONG regroupées sous la bannière de « L’affaire du siècle », vise à rendre visibles les conséquences concrètes du réchauffement climatique sur la population française.

Selon les données compilées par les organisateurs, cette mobilisation citoyenne a permis d’identifier des victimes directes de phénomènes météorologiques extrêmes, qu’il s’agisse d’inondations, de canicules prolongées ou encore de sécheresses persistantes. Un bilan qui dépasse largement les estimations initiales des pouvoirs publics, soulignant l’ampleur des impacts humains du changement climatique. Les porteurs du projet rappellent que ces déclarations s’appuient sur des critères stricts, incluant la perte de biens matériels ou des préjudices sanitaires liés à ces événements.

Ce qu'il faut retenir

  • **Plus de 140 000 personnes** ont déclaré être des « sinistrés climatiques » en France depuis juin 2026, selon les ONG de « L’affaire du siècle »
  • Cette campagne a été lancée en début d’été 2026 pour alerter sur les effets concrets du réchauffement climatique
  • Les déclarations incluent des victimes d’inondations, de canicules ou de sécheresses ayant entraîné des pertes matérielles ou sanitaires
  • Les organisateurs précisent que ces chiffres sont établis sur la base de critères précis, validés par les associations
  • Les ONG dénoncent un décalage entre ces impacts humains et les mesures politiques actuelles

Une initiative portée par la société civile

« L’affaire du siècle », collectif historique formé en 2018 par quatre ONG (Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France), a lancé cette campagne pour « donner une voix à celles et ceux dont la vie a basculé à cause du climat ». D’après Le Monde, les associations insistent sur le caractère inédit de cette mobilisation, qui combine déclaration en ligne et soutien juridique pour les victimes. « Nous voulons montrer que derrière les chiffres du GIEC, il y a des femmes, des hommes et des enfants dont la maison a été emportée par la crue, dont la santé a été fragilisée par des températures extrêmes », explique un porte-parole du collectif.

Les premiers retours indiquent que la majorité des déclarations proviennent de zones rurales et périurbaines, souvent moins protégées que les grandes villes. Les départements les plus touchés incluent notamment le Gard, les Bouches-du-Rhône, et la Haute-Garonne, où des épisodes cévenols ou des canicules historiques ont marqué l’été. Les organisateurs précisent que ces déclarations ne se substituent pas aux dispositifs d’indemnisation officiels, mais visent à créer une base de données indépendante pour évaluer l’étendue des dégâts.

Un appel à l’action politique et juridique

Les ONG derrière cette campagne ne se contentent pas de recueillir des témoignages. Elles entendent aussi utiliser ces déclarations pour renforcer leur argumentaire en faveur d’une meilleure prise en compte des victimes du climat. « Nous allons transmettre ces données aux institutions, afin qu’elles servent de levier pour accélérer les politiques d’adaptation et de prévention », a indiqué la directrice de Notre Affaire à Tous. Selon elle, ces chiffres pourraient alimenter les procédures judiciaires en cours, notamment celles visant à faire reconnaître la responsabilité de l’État dans la gestion insuffisante des risques climatiques.

Le gouvernement, de son côté, a réagi en rappelant les dispositifs existants, comme le fonds Barnier pour les catastrophes naturelles ou les aides aux agriculteurs touchés par la sécheresse. Pour autant, les associations soulignent que ces mécanismes ne couvrent pas l’ensemble des situations, notamment celles liées à des événements « lents » comme la désertification ou l’érosion côtière. « On ne parle pas seulement de catastrophes soudaines, mais aussi de dégradations progressives qui transforment le quotidien des populations », rappelle un représentant de Greenpeace.

Et maintenant ?

Les organisateurs de la campagne prévoient de maintenir la collecte des déclarations jusqu’à la fin de l’année 2026, avec l’objectif d’atteindre les 200 000 signalements. Un rapport détaillé doit être publié au printemps 2027, qui sera transmis aux pouvoirs publics et aux instances européennes. Par ailleurs, une série d’audiences publiques locales est prévue dans les zones les plus touchées pour recueillir des témoignages supplémentaires. Reste à voir si ces données entraîneront une refonte des politiques de prévention ou de compensation.

Pour les victimes, cette initiative représente une première étape vers une reconnaissance officielle de leur statut. « Nous ne voulons plus être des oubliés de la transition écologique », confie un agriculteur des Bouches-du-Rhône, dont les terres ont été ravagées par les inondations en septembre 2026. Entre urgence humanitaire et enjeux politiques, cette mobilisation illustre la pression croissante exercée par la société civile pour que la question climatique ne reste pas cantonnée aux rapports scientifiques.

Les organisateurs s’appuient sur un formulaire en ligne où chaque personne doit fournir des preuves tangibles (photos de dégâts, attestations médicales, etc.). Un comité composé d’experts et de bénévoles vérifie ensuite chaque dossier pour s’assurer de sa conformité avec les critères définis par les ONG.