Un total de 150 migrants ont été interceptés jeudi 23 juillet au large des côtes du Pas-de-Calais, après avoir traversé la Manche à bord d’une même embarcation. Un chiffre inédit, selon les déclarations de Jean-Marc Lamblin, responsable de la station de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Berck-sur-Mer, comme le rapporte Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • 150 migrants interceptés dans la Manche le 23 juillet 2026, un record selon la SNSM.
  • L’embarcation utilisée est l’une des plus grandes jamais observées pour ce type de traversée.
  • Jean-Marc Lamblin, patron de la SNSM de Berck-sur-Mer, souligne l’augmentation de la taille des bateaux utilisés par les passeurs.
  • Cette opération porte à plus de 1 200 le nombre de migrants secourus dans le détroit depuis le début de l’année.
  • Les autorités maritimes et la SNSM appellent à renforcer les contrôles en amont des traversées.

Cette interception s’inscrit dans un contexte déjà tendu pour les forces de l’ordre et les services de secours. 150 personnes, principalement originaires du Moyen-Orient et d’Afrique subsaharienne, ont été secourues après avoir quitté les côtes françaises en direction du Royaume-Uni. Selon les premiers éléments recueillis par les secours, l’embarcation était une coque en plastique renforcé, mesurant plus de 12 mètres de long — une taille inhabituelle pour ce genre de traversée, habituellement réalisée avec des canots pneumatiques ou des embarcations de fortune de plus petite dimension.

« Ce n’est pas la première fois que nous intervenons sur des bateaux de grande taille, mais c’est la première fois que nous en recensons autant de personnes à bord. Cela confirme une tendance de fond : les passeurs utilisent désormais des bateaux de plus en plus grands pour transporter un maximum de migrants en une seule traversée », a précisé Jean-Marc Lamblin à Ouest France.

L’opération de secours, coordonnée par la SNSM en collaboration avec les garde-côtes britanniques, s’est déroulée sans incident majeur. Les migrants, tous sains et saufs, ont été pris en charge par les équipes médicales avant d’être transférés vers des centres d’accueil sur le sol français. Selon les autorités locales, aucun décès ou blessure grave n’a été signalé lors de cette traversée. Cependant, les conditions de voyage — entassement, manque d’équipements de sécurité — rappellent les risques encourus par ces passagers clandestins.

Cette interception porte à plus de 1 200 le nombre de migrants secourus dans la Manche depuis le début de l’année 2026, un chiffre en hausse de près de 30 % par rapport à la même période en 2025. Les autorités maritimes et les associations humanitaires alertent depuis plusieurs mois sur l’augmentation des traversées, notamment en raison des restrictions accrues des contrôles aux frontières européennes et des conditions de vie difficiles dans les camps de réfugiés en France et en Belgique.

Et maintenant ?

Les autorités maritimes et les services de secours pourraient renforcer les patrouilles dans le détroit dans les prochaines semaines, à l’approche de l’automne, période traditionnellement marquée par une hausse des traversées. Une réunion interministérielle est prévue pour la mi-août afin d’évaluer les moyens à déployer. Bref, autant dire que la question des migrations clandestines dans la Manche reste un dossier prioritaire pour Paris et Londres.

Dans l’immédiat, les services de l’État en région Hauts-de-France ont annoncé le déploiement de renforts humains et matériels pour les prochaines semaines. Une task force dédiée aux traversées clandestines doit être officiellement lancée d’ici la fin du mois. Parallèlement, les associations de défense des droits des migrants appellent à une régularisation accrue des personnes interceptées, soulignant que les centres d’accueil actuels sont saturés.

Reste à savoir si ces mesures suffiront à endiguer un phénomène qui, selon les observateurs, pourrait encore s’amplifier dans les mois à venir. Pour l’heure, les autorités insistent sur la nécessité de travailler en étroite collaboration avec les forces britanniques, alors que les tensions diplomatiques autour de la gestion des migrations persistent entre les deux pays.

Selon Jean-Marc Lamblin, responsable de la SNSM de Berck-sur-Mer, les passeurs cherchent à maximiser le nombre de migrants transportés par traversée pour augmenter leurs profits. L’utilisation de bateaux de plus grande taille permet de réduire les coûts logistiques et de minimiser le nombre d’opérations de secours nécessaires.