Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a confirmé que l’opération visait à « faire partir » l’agence onusienne des réfugiés palestiniens de Jérusalem-Est. Selon nos confrères de RFI, la police israélienne a mené mardi 25 août une intervention musclée dans un centre de formation professionnelle géré par l’Unrwa dans ce quartier disputé de Jérusalem.

Ce qu'il faut retenir

  • Une opération de la police israélienne a ciblé un centre de formation de l’Unrwa à Jérusalem-Est le 25 août 2026.
  • Le ministre Itamar Ben Gvir a indiqué que l’objectif était d’expulser l’agence onusienne du site.
  • Cette intervention s’inscrit dans une politique de restriction croissante de l’activité de l’Unrwa en Israël.

Une évacuation musclée dans un établissement sous tension

Les forces de l’ordre israéliennes ont fait irruption mardi 25 août dans un centre de formation professionnelle géré par l’Unrwa à Jérusalem-Est, rapporte RFI. L’opération, menée sans préavis apparent, a entraîné l’évacuation forcée des lieux par les agents israéliens. Selon les informations disponibles, aucun blessé n’a été signalé lors de cette intervention, mais l’incident a rapidement suscité des réactions parmi les observateurs internationaux.

Ce centre, situé dans un quartier où les tensions persistent entre Israéliens et Palestiniens, est l’un des nombreux établissements administrés par l’Unrwa dans la région. Fondée en 1949, cette agence de l’ONU joue un rôle clé dans l’assistance aux réfugiés palestiniens, notamment en matière d’éducation et de santé.

Ben Gvir assume l’opération et en révèle l’objectif

Dans une déclaration relayée par RFI, Itamar Ben Gvir a été clair sur les motivations de cette intervention. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, figure de l’extrême droite, a affirmé que l’action avait pour but de « faire partir » l’Unrwa du site occupé par le centre. Cette position s’inscrit dans la ligne dure adoptée par le gouvernement israélien à l’encontre de l’agence onusienne, accusée à plusieurs reprises par Israël de partialité et d’ingérence.

L’Unrwa, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement à cet événement. L’agence, qui dépend financièrement de contributions volontaires des États membres de l’ONU, traverse une période de difficultés budgétaires récurrentes, aggravées par les pressions politiques exercées par certains pays, dont Israël.

Contexte politique et tensions persistantes à Jérusalem-Est

Cette opération s’ajoute à une série de mesures israéliennes visant à limiter l’influence de l’Unrwa dans les territoires occupés. Depuis plusieurs mois, le gouvernement israélien multiplie les restrictions à l’encontre de l’agence, allant jusqu’à menacer de lui retirer son statut d’organisation reconnue sur son territoire. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte plus large de blocage du processus de paix et de colonisation continue dans les territoires palestiniens.

Jérusalem-Est, annexée par Israël en 1980 mais considérée comme occupée par la communauté internationale, reste un point de friction majeur. Les quartiers palestiniens de la ville, où l’Unrwa intervient régulièrement, sont souvent le théâtre d’affrontements entre forces israéliennes et populations locales, ainsi que de démolitions de structures considérées comme illégales par les autorités israéliennes.

Et maintenant ?

Cette évacuation forcée pourrait marquer une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre Israël et l’Unrwa. Les prochaines semaines devraient voir se multiplier les réactions diplomatiques, tant au niveau international qu’auprès des instances onusiennes. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pourrait être convoquée, comme cela a été le cas lors de précédents incidents impliquant l’Unrwa. Pour l’instant, ni l’agence ni le gouvernement israélien n’ont annoncé de mesures supplémentaires, mais la situation reste sous haute surveillance.

En attendant, les habitants du quartier concerné, ainsi que les organisations de défense des droits humains, suivent de près l’évolution de la situation. Une question se pose désormais : l’Unrwa parviendra-t-elle à maintenir ses activités dans la région, ou cette opération marque-t-elle le début d’une exclusion progressive de l’agence des territoires palestiniens ?

Israël accuse régulièrement l’Unrwa de partialité en faveur des Palestiniens et de maintenir des registres de réfugiés jugés trop larges. Le gouvernement israélien reproche également à l’agence de ne pas assez surveiller ses employés, certains étant suspectés de liens avec des groupes armés. Ces critiques, portées depuis des années, se sont intensifiées sous le mandat du gouvernement actuel, marqué par une ligne encore plus dure.