L'ONG internationale de défense des droits humains Human Rights Watch alerte sur les activités de la multinationale Perenco dans la province du Kongo-Central, en République démocratique du Congo (RDC). Selon RFI, l'organisation accuse l'entreprise franco-britannique de mener des activités illégales pouvant compromettre la santé des populations locales.
Perenco, seule entreprise actuellement active dans l'extraction pétrolière en RDC, est pointée du doigt pour des pratiques jugées dangereuses par Human Rights Watch. Dans un communiqué rendu public ce 10 août 2026, l'ONG met en garde contre les risques de pollution liés à ses opérations dans cette région de l'ouest du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Perenco, multinationale franco-britannique, est le seul producteur de pétrole en RDC en 2026.
- L'ONG Human Rights Watch accuse Perenco d'activités illégales pouvant menacer la santé des populations du Kongo-Central.
- Les risques de pollution liés à l'exploitation pétrolière sont au cœur des préoccupations de l'organisation.
- La province du Kongo-Central, située à l'ouest de la RDC, est directement concernée par ces activités.
Une exploitation pétrolière controversée en RDC
Perenco opère en RDC depuis plusieurs années, mais ses méthodes suscitent désormais l'inquiétude des défenseurs des droits humains. Selon Human Rights Watch, les normes environnementales et sanitaires ne seraient pas respectées, exposant les riverains à des risques accrus. L'ONG souligne que les populations locales, déjà vulnérables, pourraient payer le prix fort d'une exploitation mal encadrée.
Le Kongo-Central, région riche en biodiversité et en ressources naturelles, est particulièrement exposé. Les craintes portent notamment sur la contamination des sols et des cours d'eau, essentiels pour les communautés locales. Human Rights Watch n'a pas manqué de rappeler que la RDC, signataire d'accords internationaux sur l'environnement, se doit de respecter ses engagements.
Des accusations d'activités illégales
Dans son rapport, Human Rights Watch affirme que Perenco mène des activités non conformes aux lois congolaises et internationales. L'organisation évoque des manquements en matière de protection de l'environnement et de sécurité des travailleurs. « Les activités de Perenco dans le Kongo-Central violent plusieurs réglementations, mettant en danger la santé des populations et l'écosystème local », a déclaré Ida Sawyer, directrice du programme Afrique centrale chez Human Rights Watch.
L'ONG appelle les autorités congolaises à enquêter sans délai sur ces pratiques. Elle demande également à Perenco de suspendre ses opérations jusqu'à ce que des garanties suffisantes soient mises en place pour protéger les habitants et l'environnement. Ces accusations interviennent alors que la RDC cherche à développer son secteur énergétique, mais sous haute surveillance des organisations internationales.
Le rôle de Perenco en RDC
Perenco est implantée en RDC depuis 2000 et y détient des concessions pétrolières, notamment dans le bloc 4, situé dans le Kongo-Central. L'entreprise se présente comme un acteur clé du développement économique du pays, mais ses méthodes sont désormais remises en cause. En 2025, elle a produit environ 5 000 barils de pétrole par jour, selon les données officielles, contribuant ainsi aux recettes de l'État congolais.
Pourtant, les critiques s'accumulent. Des associations locales et des experts indépendants avaient déjà alerté sur les risques environnementaux liés à l'exploitation pétrolière dans la région. Human Rights Watch enfonce le clou en qualifiant la situation d'« urgence sanitaire et écologique ». Perenco, de son côté, n'a pas encore réagi publiquement aux accusations portées contre elle.
Cette affaire soulève une question plus large : comment concilier développement économique et protection de l'environnement dans un pays où les ressources naturelles attirent autant les investisseurs que les critiques ? La RDC, riche en minerais et en hydrocarbures, devra bientôt trancher entre croissance et durabilité, sous le regard attentif de la communauté internationale.