D’après Ouest France, une balade autour du Port-Rhu à Douarnenez (Finistère) réserve plus d’un détail insolite, capable d’émerveiller aussi bien les enfants que les adultes. Ce quartier historique, au cœur de l’identité maritime de la ville, recèle en effet des anecdotes souvent ignorées des visiteurs.
Ce qu'il faut retenir
- Le Port-Rhu doit son nom à une légende locale impliquant une « rhue », un cours d’eau breton.
- Une épave du XVIIe siècle y aurait été découverte en 2018, confirmant son rôle dans l’histoire maritime.
- Le quartier abrite un des plus vieux chantiers navals de France encore en activité.
Une origine liée à un cours d’eau légendaire
Le nom même de « Port-Rhu » intrigue souvent les visiteurs. Selon la tradition locale, ce terme viendrait du breton « rhu », qui désigne un cours d’eau ou une petite rivière. « Rhu » est d’ailleurs un mot encore utilisé aujourd’hui pour parler des ruisseaux en Bretagne, explique un historien local cité par Ouest France. Ce port, autrefois simple mouillage naturel, a pris ce nom pour marquer son ancrage dans le paysage fluvial de la région. Autant dire que son histoire est indissociable de celle des eaux qui l’entourent.
Ce lien avec l’hydrologie explique pourquoi le quartier a longtemps servi de point de départ pour les pêcheurs et les marins. Les cartes anciennes du XVIIIe siècle, conservées aux archives départementales, montrent d’ailleurs un réseau de ruisseaux aujourd’hui disparus, mais dont les traces persistent dans la toponymie.
Une épave du XVIIe siècle révélée par les marées
En 2018, des travaux de dragage au large du Port-Rhu ont mis au jour les restes d’une épave datée du XVIIe siècle. « Les analyses dendrochronologiques ont permis de dater précisément le bois utilisé pour la coque entre 1630 et 1650 », a précisé un archéologue maritime à Ouest France. Ce navire, probablement un caboteur ou un bateau de pêche, témoigne de l’intense activité maritime de Douarnenez à cette époque.
L’épave, aujourd’hui protégée et partiellement visible lors des marées les plus basses, est devenue une attraction pour les plongeurs et les amateurs d’histoire. Les autorités locales étudient actuellement les possibilités de valorisation de ce patrimoine sous-marin, sans pour autant perturber son état de conservation.
Un chantier naval parmi les plus anciens de France
Le Port-Rhu abrite l’un des plus vieux chantiers navals de France encore en activité. Fondé au début du XIXe siècle, il a survécu à l’évolution des techniques de construction navale et à la mécanisation. « Nous perpétuons une tradition artisanale qui remonte à plus de deux siècles », a expliqué le gérant actuel du chantier, cité par Ouest France. Aujourd’hui, il se spécialise dans la restauration de bateaux traditionnels en bois, comme les « sinagos » ou les chaloupes sardinières.
Ce savoir-faire a été reconnu en 2020 par l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en Bretagne. Le chantier emploie une dizaine d’artisans et forme chaque année des apprentis, assurant ainsi la transmission des techniques ancestrales. Une visite guidée permet d’ailleurs de découvrir les différentes étapes de construction d’un bateau, de la découpe du bois à la finition des coques.
Quant au chantier naval, il continue son activité tout en accueillant ponctuellement des visiteurs pour des démonstrations. Une façon de mêler préservation du patrimoine et transmission aux générations futures.
Oui, le chantier naval propose des visites guidées sur rendez-vous, notamment lors des Journées européennes du patrimoine. Il est conseillé de se renseigner directement auprès du chantier pour connaître les prochaines dates disponibles.
L’épave n’est pas directement accessible, mais elle peut être observée à marée basse depuis les quais du Port-Rhu. Des panneaux informatifs devraient prochainement être installés pour expliquer son histoire aux visiteurs.