Selon Euronews FR, le littoral portugais subit une pression croissante due à la montée des eaux et à l’expansion urbaine. Dans son rapport « Destruction à toute la côte – Portrait d’un littoral portugais en danger », Greenpeace estime que 40 % des plages du pays pourraient disparaître d’ici 2100. Les tempêtes de début d’année ont aggravé une situation déjà alarmante, avec des reculs de plage atteignant jusqu’à 40 mètres dans certaines zones.
Ce qu’il faut retenir
- 40 % des plages portugaises menacées d’ici 2100 selon Greenpeace.
- Des reculs de plage jusqu’à 40 mètres enregistrés après les tempêtes de 2026.
- 100 000 personnes vivent dans des zones côtières exposées aux inondations.
- L’urbanisation intensive et l’artificialisation des sols aggravent l’érosion côtière.
- Greenpeace dénonce des projets immobiliers en zones protégées, comme à Comporta ou Sesimbra.
Un recul accéléré des plages, aggravé par les tempêtes
Les Portugais constatent cet été une réduction visible de leurs plages préférées. Selon Greenpeace, les tempêtes de début 2026 ont aggravé un phénomène déjà connu : en moyenne, les plages ont reculé de 10 à 20 mètres, avec des pointes à 40 mètres sur certains sites. « Nous ne pouvons pas continuer à attendre qu’une plage disparaisse ou qu’une falaise s’effondre pour agir », déclare Toni Melajoki Roseiro, directeur de Greenpeace Portugal. Il souligne la nécessité de décisions politiques pour protéger les populations et les écosystèmes.
Des zones critiques réparties sur tout le territoire
L’Agence portugaise de l’environnement (APA) confirme que 25 % du littoral continental est en recul, avec des gains annuels de la mer pouvant atteindre deux mètres par an. À Cascais, le niveau moyen de la mer a augmenté de 9,7 cm en 25 ans. Le rapport cite plusieurs zones particulièrement touchées : Espinho (5,2 mètres de recul par an), Viana do Castelo (perte de 30 % de ses plages depuis 1990) ou encore Póvoa de Varzim, exposée à un risque élevé d’érosion et d’inondations.
Dans le Centre-Ouest, Aveiro est l’une des zones les plus critiques, avec un recul projeté de 40 mètres à Costa Nova d’ici 2046. Le rapport prévoit également l’inondation de 18 % de l’estuaire du Mondego d’ici 2100. À Lisbonne et dans la péninsule de Setúbal, la Costa da Caparica a perdu 200 mètres de sable depuis 1960.
L’Algarve et l’Alentejo, des régions parmi les plus vulnérables
Le littoral de l’Alentejo et de l’Algarve concentre les risques les plus élevés. Greenpeace estime que 50 % des plages de l’Alentejo pourraient disparaître d’ici 2100, contre 40 % en Algarve. Les zones les plus critiques incluent Vilamoura, Quarteira, Vale do Garrão et Praia da Rocha, où les falaises instables menacent de s’effondrer. Des écosystèmes comme l’île de Tavira, la Ria Formosa ou la plage do Ancão sont également en danger.
L’urbanisation, un multiplicateur de risques
Si le changement climatique est souvent pointé du doigt, le rapport met aussi en cause l’expansion urbaine et touristique, ainsi que l’artificialisation des sols. Les dunes et marais, premières barrières naturelles contre l’érosion, ont été détruits ou affaiblis, augmentant les risques d’inondations et d’intrusion saline. Les tempêtes de 2026 ont illustré ces dangers : inondations liées aux fortes précipitations, montée des eaux, absence d’imperméabilisation des sols et manque de sédiments. À Figueira da Foz, la plage de Costa de Lavos a reculé de 50 mètres en dix ans, tandis qu’à Faro, 25 mètres ont été perdus depuis 1950.
Greenpeace dénonce également des projets immobiliers en zones protégées, souvent en violation des normes environnementales. À Sesimbra, des ensembles comme Pinhal da Prata ou Pinhal do Atlântico occupent plus de 260 hectares sans évaluations environnementales. À Tróia, le projet « Na Praia », prévoyant un resort de luxe sur des dunes protégées, a été suspendu après un incendie en mars 2026. À Comporta, les projets Torre, Costa Terra et Comporta Dunes illustrent les manquements à la protection du littoral.
« L’urbanisation au plus près du littoral est un multiplicateur de risques critiques à l’heure des mutations climatiques. »
— Toni Melajoki Roseiro, directeur de Greenpeace Portugal
Des lacunes dans l’application de la loi
Le Portugal dispose pourtant d’une législation, notamment le Régime juridique des instruments de gestion territoriale (RJIGT), qui impose une bande de protection de 500 mètres à partir du rivage. Cette zone peut être étendue à 1 000 mètres pour protéger des écosystèmes sensibles. Pourtant, l’application et le contrôle restent insuffisants, et les projets se multiplient en violation des règles. Greenpeace réclame également un meilleur accès public aux plages, après des polémiques sur des plages privées à Comporta.
Greenpeace appelle à une mobilisation immédiate pour éviter que la situation ne devienne ingérable. « Protéger les populations, la nature et un territoire qui appartient à tous » doit devenir une priorité, insiste Toni Melajoki Roseiro. Les prochaines années seront déterminantes pour le littoral portugais.
Selon le rapport de Greenpeace, les zones les plus critiques se situent en Algarve (Vilamoura, Quarteira, Praia da Rocha), en Alentejo, à Lisbonne (Costa da Caparica), dans le Centre-Ouest (Aveiro) et au nord (Espinho, Viana do Castelo).