Le sélectionneur portugais Roberto Martinez a marqué les esprits lors du seizième de finale de la Coupe du monde 2026 opposant son équipe à la Croatie, jeudi à Toronto. En remplaçant Cristiano Ronaldo à la 81e minute, il a envoyé un message fort à son pays et au monde du football, selon RMC Sport.

Dans un match tendu et finalement remporté par le Portugal (2-1), Martinez a choisi de retirer son capitaine emblématique après que celui-ci eut égalisé d'une reprise de volée refusée pour hors-jeu, puis inscrit un but sur penalty. Une décision qui a surpris une partie des observateurs, tant Ronaldo, quintuple Ballon d'Or, incarne à lui seul une partie de l'histoire récente du football portugais. Pourtant, pour Kevin Diaz, consultant de l'After Foot interrogé par RMC Sport, ce changement de cap à ce stade de la compétition s'inscrit dans une logique bien plus large.

Ce qu'il faut retenir

  • Roberto Martinez a remplacé Cristiano Ronaldo à la 81e minute du Portugal-Croatie (2-1), une décision saluée par Kevin Diaz comme le moment symbolique de la Coupe du monde pour le Portugal.
  • Cristiano Ronaldo a inscrit un but sur penalty après un premier but refusé pour hors-jeu, portant son total à 11 buts en Coupe du monde, un record pour un Portugais.
  • Le Portugal a ouvert le score par Gonçalo Ramos avant d'être rejoint par l'Ouzbékistan puis la Colombie, avant de s'imposer face à la Croatie.
  • Kevin Diaz a souligné l'importance de cette sortie, même si Ronaldo avait marqué, pour des raisons tactiques et symboliques.
  • Le match a été marqué par plusieurs arrêts de jeu prolongés et une fin de match polémique, selon RMC Sport.

Une décision tactique et politique

Roberto Martinez n'a pas cédé à la pression du statut de Cristiano Ronaldo en le maintenant sur le terrain jusqu'au coup de sifflet final. Le sélectionneur a préféré introduire Ruben Neves à sa place, un milieu de terrain connu pour sa capacité à rééquilibrer le jeu après une ouverture du score adverse. Cette sortie intervenait après le but d'Ivan Perišić pour la Croatie (53e), qui avait relancé les débats sur l'équilibre de l'équipe portugaise.

Pour Kevin Diaz, cette décision va bien au-delà du simple choix tactique : « Pour moi, le moment de cette soirée, le moment de cette Coupe du monde, voire de l'ère Martinez, c'est lorsqu'il décide de sortir Cristiano Ronaldo », a-t-il déclaré dans l'After Foot, selon RMC Sport. « Peu importe s'il est dans un bon match ou pas - qu'il ait marqué ou non -, ça ne change absolument rien. Je disais : 'il faut qu'il sorte Ronaldo pour le symbole'. Même si le Portugal avait été éliminé, il fallait tenter le coup, au moins pour remplacer un joueur qui n'avait pas les jambes pour jouer 90 ou 120 minutes. »

Un Ronaldo en quête de légitimité

Le capitaine portugais n'a pas toujours convaincu lors de cette Coupe du monde. Critiqué après le match nul contre la République démocratique du Congo (1-1), il s'est rattrapé face à l'Ouzbékistan en marquant un doublé (victoire 5-0). Contre la Colombie, il est resté muet, avant de connaître une soirée contrastée face à la Croatie. Son but sur penalty, le premier de sa carrière en phase finale de Coupe du monde, a été précédé d'une reprise de volée refusée pour hors-jeu, puis d'une égalisation croate.

« Il a finalement trouvé la faille peu de temps après sur penalty (1-1), inscrivant ainsi le premier but de sa carrière en phase finale d'une Coupe du monde », rappelle RMC Sport. Pourtant, son influence sur le jeu reste questionnée, notamment face à des équipes défensives comme la Colombie. Martinez semble avoir pris acte de cette réalité en lui préférant des profils plus endurants pour les prolongations.

« Pour moi, c'est le moment où je me suis dit peut-être qu'il a entendu quelque chose. Ce que j'ai bien aimé, c'est que j'étais persuadé que Cristiano Ronaldo allait tirer le coup franc. C'est vraiment l'image de la soirée mais pour moi, il fallait le sortir. Mais au moins, il a laissé un coup franc. »
— Kevin Diaz, consultant pour l'After Foot, selon RMC Sport

Un tournant tactique confirmé

Cette sortie n'est pas la première fois que Roberto Martinez bouscule les habitudes liées à Ronaldo lors de cette compétition. Face à l'Ouzbékistan, le sélectionneur avait déjà surpris en laissant tirer un coup franc à Nuno Mendes, plutôt qu'à Ronaldo, habitué à ce genre de responsabilité. Une décision qui, pour Diaz, pourrait indiquer une volonté de préparer l'après-Ronaldo.

« Ce que j'ai bien aimé, c'est que j'étais persuadé que Cristiano Ronaldo allait le tirer. C'est vraiment l'image de la soirée mais pour moi, il fallait le sortir », a-t-il ajouté. Cette gestion du vestiaire et des symboles montre une équipe portugaise en quête d'identité, loin de l'ère dorée des années 2010.

Pourtant, malgré ces questionnements, le Portugal reste en lice pour le titre. Après ce succès face à la Croatie, les Lusitaniens affronteront l'Espagne en huitièmes de finale, un choc qui s'annonce décisif pour la suite du tournoi.

Et maintenant ?

Le Portugal affronte l'Espagne en huitièmes de finale, un match qui pourrait confirmer ou infirmer la stratégie de Roberto Martinez. Si la sortie de Ronaldo a été saluée symboliquement, c'est désormais sur le terrain que les Portugais devront prouver leur valeur. La gestion des effectifs et des egos pourrait devenir un enjeu encore plus crucial en cas de prolongation ou de match serré.

Quoi qu'il en soit, cette Coupe du monde 2026 restera marquée par cette décision audacieuse de Martinez, qui a osé défier l'icône Ronaldo pour mieux servir l'équipe. Une prise de risque qui pourrait, à long terme, redéfinir l'image du football portugais.

Selon RMC Sport, le sélectionneur portugais a souhaité rééquilibrer son équipe après l'ouverture du score croate et préparer l'équipe à une éventuelle prolongation. Pour Kevin Diaz, c'était aussi un choix symbolique pour montrer que l'équipe passe avant l'ego d'un joueur, même d'un statut comme Ronaldo.