Selon Euronews FR, une étude récente publiée dans la revue scientifique PLOS One met en lumière les difficultés spécifiques rencontrées par les hommes dans la perte de poids, liées à leur perception des régimes comme une pratique féminine et à un manque de soutien adapté. Menée par des chercheurs de l’université Anglia Ruskin, en Angleterre, cette recherche s’appuie sur des entretiens avec un groupe d’hommes âgés de 30 ans et plus, majoritairement blancs, mariés et diplômés.

Ce qu'il faut retenir

  • 64 % des hommes en surpoids en 2024, contre 62 % des femmes, selon le NHS.
  • Les hommes associent les régimes à la féminité, en raison d’une culture centrée sur l’apparence perçue comme féminine.
  • Le soutien des partenaires féminines améliore significativement leur motivation et leur persévérance.
  • Les participants critiquent le caractère restrictif et les promesses de résultats rapides des régimes.
  • L’étude souligne l’importance d’un accompagnement personnalisé pour éviter les cycles d’échec.

Une perception genrée des régimes, obstacle majeur à la perte de poids

Les résultats de l’étude, menée par des chercheurs de l’université Anglia Ruskin, révèlent que les hommes éprouvent des difficultés à adhérer aux régimes en raison d’une perception genrée de ces pratiques. D’après les témoignages recueillis, le terme « régime » est souvent associé à la restriction et à une démarche perçue comme féminine. « Pour moi, le mot régime est très négatif, car dès qu’on le prononce, tout le monde pense automatiquement restriction, restriction, restriction », a confié l’un des participants, cité par Euronews FR.

Les chercheurs soulignent que cette vision s’ancre dans une culture des régimes largement dominée par des images et discours centrés sur l’apparence féminine. « Quand on regarde les articles en ligne, ou à l’époque les émissions sur la minceur à la télévision, il y avait toujours des femmes. Le message, c’était que les femmes doivent être minces », a expliqué un participant lors des entretiens. Cette association entre régime et féminité crée un premier obstacle psychologique, rendant les hommes moins enclins à s’engager dans une démarche de perte de poids.

L’importance du soutien social et des stratégies adaptées

L’étude révèle par ailleurs que les éléments de compétition et d’interaction sociale jouent un rôle clé dans la réussite des stratégies de perte de poids chez les hommes. Contrairement aux approches individuelles, les hommes semblent plus motivés lorsqu’ils évoluent dans un cadre collectif ou compétitif. « Certains hommes ont évoqué la figure d’un mentor, une personne dont ils admirent l’expérience ou les compétences, ou quelqu’un qui a déjà suivi le programme et peut leur montrer la voie », précise Justin Roberts, professeur de physiologie de la nutrition à l’université Anglia Ruskin et co-auteur de l’étude.

Le soutien des partenaires féminines apparaît comme un facteur déterminant. Pour plusieurs participants, l’implication active de leur conjointe a été la seule raison de leur réussite passée. « Pour certains des participants, la seule raison pour laquelle ils avaient perdu du poids par le passé, c’est que leurs conjointes surveillaient quasiment le déroulement du programme [de régime] », a détaillé Justin Roberts. Ce constat suggère que des dispositifs de soutien plus inclusifs et personnalisés pourraient améliorer significativement les résultats des hommes en matière de perte de poids.

Un enjeu de santé publique qui touche davantage les hommes

L’obésité reste l’un des défis majeurs de santé publique à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2022, 43 % des adultes de 18 ans et plus étaient en surpoids et 16 % souffraient d’obésité. En Angleterre, les chiffres du National Health Service (NHS) pour 2024 montrent une prévalence plus élevée chez les hommes : 70 % d’entre eux étaient en surpoids, contre 62 % des femmes.

Cette disparité souligne l’urgence de repenser les programmes de perte de poids pour les rendre plus attractifs et adaptés aux hommes. L’étude d’Anglia Ruskin met en garde contre les cycles d’échec liés à des approches perçues comme trop restrictives ou féminines, qui ne répondent pas aux attentes et aux besoins spécifiques de la population masculine. « Si l’on intervient rapidement pour identifier ces points dès le début, de façon à éviter ce type d’obstacles, les bénéfices ont beaucoup plus de chances de durer dans le temps », a conclu Justin Roberts.

Et maintenant ?

Les auteurs de l’étude appellent à la mise en place de dispositifs de soutien plus adaptés, incluant des suivis réguliers et des stratégies personnalisées pour surmonter les difficultés initiales. Une piste serait d’intégrer davantage d’éléments compétitifs ou communautaires dans les programmes de perte de poids, tout en impliquant activement les partenaires. Les prochaines recherches pourraient explorer l’efficacité de ces approches sur des échantillons plus larges et diversifiés.

En attendant, les hommes souhaitant entamer une démarche de perte de poids pourraient tirer profit de ces enseignements en recherchant activement un soutien social et en choisissant des méthodes alignées avec leurs valeurs et leurs attentes.

Oui, selon l’étude publiée dans PLOS One, les hommes associent massivement les régimes à une pratique féminine en raison d’une culture médiatique et sociale centrée sur l’apparence féminine. Cette perception crée un frein psychologique à l’adhésion aux programmes de perte de poids.