Une haltérophile belge a manqué le titre mondial de powerlifting en juin 2025 après qu’un assistant a reconnu avoir délibérément pénalisé sa performance en raison de sa couleur de peau. Selon Franceinfo - Sport, Sonita Muluh, 30 ans, a été victime d’un geste raciste assumé lors des Championnats du monde de force athlétique à Vilnius, en Lituanie. L’affaire a pris une nouvelle dimension ces dernières semaines, révélant un acte prémédité et ciblé.

Ce qu'il faut retenir

  • Sonita Muluh, haltérophile belge de 30 ans, a été disqualifiée lors des Championnats du monde de powerlifting le 21 juin 2025 après qu’un assistant a mis son genou à terre, rendant sa performance non valide.
  • L’assistant a depuis reconnu avoir agi de manière raciste et délibérée, écrivant notamment : « Je suis raciste et je l’ai fait exprès parce que je vous hais, bande de m**des ».
  • L’assistant a été suspendu à vie par la Fédération lituanienne de powerlifting pour comportement incompatible avec les valeurs du sport.
  • Sonita Muluh a perdu des soutiens financiers et un record du monde en raison de cette décision arbitraire.
  • Les fédérations belge et internationale ont réagi en condamnant fermement cet acte et en promettant des mesures pour éviter de tels incidents à l’avenir.

Une disqualification aux conséquences lourdes

Lors de la finale féminine des super-lourds aux Championnats du monde de powerlifting, Sonita Muluh devait réaliser un score record de 334 kg en trois mouvements : squat, développé couché et soulevé de terre. Malgré son entraînement intensif et son statut de championne du monde en 2024, sa performance a été invalidée par un assistant en charge de la sécurité. Ce dernier a justifié son geste en affirmant avoir agi par haine raciale, une révélation qui a profondément bouleversé l’athlète.

« Avant, je pensais que c’était une erreur sincère, parce que je ne voulais pas croire que quelqu’un puisse volontairement essayer de me nuire ou de m’empêcher de faire quelque chose pour lequel je m’étais entraînée si dur », a déclaré Sonita Muluh à la RTBF le 30 juillet 2026. « Je pensais sincèrement que c’était peut-être une erreur. Et maintenant, je dois voir les choses autrement : quelqu’un a délibérément essayé de me faire du mal. Et cela uniquement à cause de la couleur de ma peau. Et ça, ça m’a blessée d’une manière totalement différente. »

Un racisme endémique dans un sport peu diversifié

Sonita Muluh a souligné que le racisme fait partie intégrante de son expérience dans le powerlifting, une discipline où les athlètes noirs restent minoritaires. « J’ai déjà été confrontée au racisme lors de compétitions. Je devrais uniquement penser à ma performance sportive, pas me demander si je risque d’être agressée à cause de la couleur de ma peau », a-t-elle expliqué. Selon elle, cet acte n’est pas isolé et reflète une réalité plus large au sein du sport de force athlétique.

La révélation des circonstances de cette disqualification a également mis en lumière les répercussions financières pour l’athlète. « J’ai perdu des soutiens financiers de sponsors parce que je n’ai pas pu réaliser une bonne performance aux Championnats du monde. J’ai perdu un record pour lequel j’avais travaillé extrêmement dur », a-t-elle ajouté. Ces pertes soulignent l’impact concret du racisme dans le sport, au-delà des conséquences sportives immédiates.

Une réaction rapide des fédérations, mais un combat de longue haleine

Dès la révélation des faits, la Fédération belge de powerlifting a apporté son soutien à Sonita Muluh, condamnant « fermement tout acte raciste au sein de notre sport ». De son côté, la Fédération internationale de powerlifting (IPF) a salué la suspension à vie de l’assistant par la Lituanie, tout en annonçant vouloir « identifier les possibilités de renforcer le recrutement, la sélection, l’accréditation et la supervision des bénévoles soutenant les événements de l’IPF ».

Cette affaire intervient dans un contexte où les fédérations sportives sont de plus en plus incitées à lutter contre les discriminations. Pourtant, comme le rappelle Sonita Muluh, les athlètes noirs restent sous-représentés dans les disciplines de force athlétique, un problème structurel qui dépasse les simples incidents isolés.

Et maintenant ?

La suspension à vie de l’assistant et les déclarations des fédérations nationale et internationale marquent une première étape dans la gestion de cet incident. Cependant, la question de la diversité dans le powerlifting et plus largement dans les sports de force reste entière. Sonita Muluh a indiqué vouloir poursuivre sa carrière, mais cette affaire pourrait relancer le débat sur les mesures à mettre en place pour garantir l’équité et la sécurité de tous les athlètes, quel que soit leur origine. Une réflexion sur le recrutement et la formation des bénévoles et officiels pourrait être engagée avant les prochains championnats mondiaux, prévus en 2027.

Cette affaire rappelle également que le racisme dans le sport ne se limite pas aux stades ou aux terrains, mais s’étend aussi aux coulisses et aux arbitrages. Pour Sonita Muluh, l’enjeu dépasse désormais le cadre sportif : il s’agit de faire reconnaître son droit à concourir sans discrimination, dans une discipline où la couleur de peau ne devrait jamais être un facteur de réussite ou d’échec.

La Fédération lituanienne de powerlifting a suspendu à vie l’assistant responsable de la disqualification de Sonita Muluh. Cette décision fait suite à ses aveux racistes, exprimés dans des commentaires sur les réseaux sociaux, où il a reconnu avoir agi par haine en raison de la couleur de peau de l’athlète.

Les prochains Championnats du monde de powerlifting sont prévus en 2027. La Fédération internationale de powerlifting (IPF) n’a pas encore annoncé le pays hôte. Cette édition pourrait être l’occasion de mettre en place de nouvelles mesures pour renforcer la lutte contre les discriminations et garantir une meilleure représentation des athlètes issus de minorités.