À quelques jours de l’examen d’un texte à l’Assemblée nationale, la question de la précarité étudiante revient au cœur du débat public. Le groupe GDR doit présenter, ce lundi 2 juin, une proposition de loi visant à améliorer le système de bourses sur critères sociaux. Parmi les mesures phares figurent l’indexation des aides sur l’inflation, une demande récurrente des associations étudiantes pour préserver le pouvoir d’achat des bénéficiaires. Selon Libération, ce texte s’inscrit dans un contexte marqué par une hausse continue du coût de la vie, qui pèse particulièrement sur les jeunes en formation.

Les étudiants en situation de précarité ne sont pas les seuls concernés. Les associations dénoncent depuis des mois un système boursier qui peine à suivre l’évolution des dépenses contraintes, comme le logement ou les transports. « La situation est devenue intenable pour des milliers de jeunes », a rappelé un responsable syndical étudiant auprès de Libération. La proposition du groupe GDR pourrait donc répondre à une urgence sociale, alors que les budgets alloués aux bourses restent insuffisants face à l’inflation persistante.

Ce qu'il faut retenir

  • Le groupe GDR examine le 2 juin à l’Assemblée nationale un texte réformant le système des bourses étudiantes.
  • Parmi les mesures proposées : l’indexation des bourses sur l’inflation, une revendication portée par les associations.
  • Le contexte est marqué par une hausse du coût de la vie, qui aggrave la précarité des étudiants selon Libération.
  • Les aides actuelles sont jugées insuffisantes pour couvrir les dépenses contraintes comme le logement ou les transports.

Une réforme attendue par les associations étudiantes

Les syndicats étudiants, comme l’UNEF, saluent cette initiative, mais rappellent que des mesures plus structurelles seraient nécessaires. « L’indexation des bourses est un premier pas, mais il faut aussi repenser le montant des aides et élargir leur accès », a déclaré un porte-parole de l’UNEF à Libération. Selon lui, le système actuel exclut de nombreux étudiants, notamment ceux issus des classes moyennes, dont les revenus dépassent légèrement les seuils d’attribution.

Les chiffres publiés récemment par le ministère de l’Enseignement supérieur confirment cette tendance. En 2025, près de 40 % des étudiants déclarent avoir des difficultés financières, un taux en hausse de 5 points par rapport à 2020. Les aides sur critères sociaux, qui concernent environ 700 000 étudiants, couvrent en moyenne seulement 30 % des besoins estimés, selon une étude de l’INSEE citée par Libération.

Un texte qui divise les bancs de l’Assemblée

Si le groupe GDR porte cette proposition, d’autres formations politiques restent sceptiques. À droite, certains élus estiment que les aides doivent être ciblées et non généralisées. « Indexer les bourses sur l’inflation coûterait plusieurs centaines de millions d’euros », a souligné un député LR lors d’un débat en commission. Le gouvernement, de son côté, n’a pas encore pris position sur le texte, mais le ministère de l’Enseignement supérieur a indiqué « étudier avec attention les propositions » du groupe GDR.

La question du financement sera donc au cœur des négociations. Libération rappelle que les budgets alloués aux bourses ont été gelés en 2023, malgré une inflation annuelle de 5,2 %. Les associations craignent que cette réforme, si elle est adoptée, ne suffise pas à endiguer la crise sociale qui touche les jeunes en formation.

Et maintenant ?

Le texte du groupe GDR devrait être examiné en séance plénière à partir du 2 juin, avec un vote prévu d’ici la fin du mois. Si le texte est adopté, il devra ensuite être soumis au Sénat, où son parcours législatif pourrait être plus complexe. En parallèle, le gouvernement devrait présenter d’ici l’été un plan global pour l’enseignement supérieur, incluant des mesures sur le logement étudiant et les aides d’urgence. Reste à voir si cette proposition de réforme des bourses sera intégrée à ce plan ou si elle restera isolée.

Une chose est sûre : la pression des associations et des étudiants ne faiblit pas. Pour beaucoup, cette réforme représente une opportunité de sortir de la précarité, mais elle devra être suffisamment ambitieuse pour répondre à l’urgence sociale.

Les bourses sur critères sociaux sont attribuées en fonction des revenus du foyer fiscal de l’étudiant et de sa situation familiale. Le montant varie selon l’échelon, allant de 1 000 à 6 000 euros par an. Les seuils de revenus sont révisés chaque année, mais les associations critiquent leur manque de réactivité face à l’inflation.