Entre mélancolie assumée, influences hyperpop et intensité rock, la chanteuse belge d’origine congolaise Camille Yembe signe un premier album profondément marqué par les épreuves traversées durant son enfance. Libération revient sur cette sortie qui positionne la jeune artiste comme une figure montante de la scène musicale francophone, mêlant vulnérabilité et énergie brute.

Ce qu'il faut retenir

  • Camille Yembe, artiste belge d’origine congolaise, publie son premier album, « Chroniques de galères », un projet artistique traversant les blessures de l’enfance.
  • L’album oscille entre des sonorités spleen, des influences hyperpop et une intensité rock assumée.
  • La chanteuse y aborde des thèmes universels comme l’exil, la résilience et la reconstruction identitaire.
  • Ce premier opus est produit sous le label indépendant Dualipa Records, basé à Bruxelles.

Un premier album porté par l’authenticité et la vulnérabilité

Avec « Chroniques de galères », Camille Yembe offre un disque qui se distingue par sa sincérité. Libération souligne que l’artiste y explore sans fard les traumatismes de son passé, transformant ces expériences en une matière sonore brute et poétique. « J’ai voulu que cet album soit un miroir de ce que j’ai vécu », confie-t-elle au quotidien. Les arrangements, tantôt minimalistes tantôt explosifs, reflètent cette dualité entre fragilité et force.

Côté compositions, la chanteuse belge d’origine congolaise puise dans un répertoire éclectique. Entre des ballades nostalgiques et des morceaux énergiques où se mêlent beats électroniques et guitares saturées, l’auditeur est plongé dans un univers à la fois intime et universel. Autant dire que l’album se veut à la fois un exutoire et une catharsis pour son auteure.

Une identité musicale forgée entre deux cultures

Née en Belgique de parents congolais, Camille Yembe a grandi entre deux mondes, une situation qui a profondément influencé son écriture. « Ma musique est le fruit de ces allers-retours entre Bruxelles et Kinshasa, entre la culture européenne et africaine », explique-t-elle. Libération note que cette hybridation culturelle se ressent dans les textes comme dans les mélodies, donnant naissance à une esthétique unique, où le spleen des chansons françaises côtoie l’énergie de la rumba congolaise.

L’album inclut notamment un titre en lingala, langue maternelle de son père, une manière pour elle de rendre hommage à ses racines. « C’était important pour moi de ne pas gommer cette partie de mon histoire », précise-t-elle. Bref, « Chroniques de galères » s’impose comme un disque résolument ancré dans une double culture, tout en s’adressant à un public bien plus large.

Des collaborations et une production soignée

Produit par le label bruxellois Dualipa Records, l’album bénéficie d’une réalisation minutieuse. Camille Yembe a collaboré avec plusieurs producteurs locaux, dont le beatmaker belge Luxor, connu pour son travail avec des artistes comme Roméo Elvis. « On a cherché à créer un son à la fois brut et sophistiqué, où chaque instrument respire », indique le producteur dans les colonnes de Libération.

Parmi les morceaux les plus marquants, « Lointaine » se distingue par son mélange de piano mélancolique et de basses électroniques, tandis que « Sans filet » offre une plongée dans un rock plus direct. L’artiste a également fait appel à la chanteuse congolaise Fally Ipupa pour un duo sur le titre « Bana Ya Mabe », une collaboration qui renforce encore l’ancrage africain du projet.

Et maintenant ?

Alors que « Chroniques de galères » sort officiellement ce 29 mai 2026, Camille Yembe devrait enchaîner les concerts en Belgique et en France dès le mois de juin. Une tournée qui pourrait la mener jusqu’en RDC, un retour aux sources qu’elle prépare avec soin. Pour l’artiste, cet album n’est qu’une première étape : « Je veux continuer à explorer ces thèmes, mais aussi me renouveler musicalement », confie-t-elle. Reste à voir si ce premier opus lui ouvrira les portes d’une reconnaissance plus large, notamment dans l’hexagone où la scène afro-fusion gagne en visibilité.

Interrogée sur ses projets futurs, Camille Yembe évoque également l’envie de collaborer avec des artistes internationaux, notamment américains, pour donner une nouvelle dimension à son travail. Une chose est sûre : avec cet album, elle a posé les bases d’une carrière qui pourrait bien marquer durablement la musique contemporaine.

L’album est disponible en intégralité sur les principales plateformes de streaming (Spotify, Apple Music, Deezer) ainsi que sur les sites spécialisés comme Bandcamp. Il est également en vente en format physique dans les disquaires indépendants de Belgique et de France.