L'avionneur européen Airbus a franchi une étape majeure dans le développement de son nouvel appareil ultra-long-courrier, l'A350-1000ULR. Selon BFM Business, le premier vol d'essai de ce biréacteur, destiné à relier Sydney à Londres sans escale, s'est déroulé avec succès mardi.

Ce qu'il faut retenir

  • Un vol d'essai de 3h43 à plus de 41 000 pieds (12 500 mètres), décollant et atterrissant à Toulouse
  • L'appareil est conçu pour des vols jusqu'à 22 heures en continu, couvrant près de 18 500 km
  • La première livraison à la compagnie australienne Qantas est désormais prévue pour avril 2027, contre 2025 initialement
  • L'A350-1000ULR disposera de 238 sièges répartis en quatre classes, avec des aménagements spécifiques pour le confort sur longue durée
  • Ce projet vise à surpasser le record actuel détenu par Singapore Airlines sur Singapore-New York (15 350 km en 18h)

Le prototype de l'A350-1000ULR – dont l'acronyme signifie « Ultra Long Range » – a quitté l'aéroport de Toulouse-Blagnac pour un vol de trois heures et quarante-trois minutes. « L'appareil, équipé d'instruments spécifiques aux tests, a volé trois heures et 43 minutes, atteignant une altitude légèrement supérieure à 41.000 pieds » (12.500 m), a détaillé Airbus dans un communiqué. Le décollage et l'atterrissage se sont déroulés sans incident sur le site toulousain, où l'avionneur assemble ses appareils.

Cet appareil révolutionnaire, commandé par la compagnie Qantas, doit permettre la mise en service de la première liaison aérienne sans escale entre Sydney et Londres. Une distance de près de 10 000 milles nautiques, soit 18 500 kilomètres, qui représentera le plus long trajet commercial au monde. Pour l'heure, le record est détenu par Singapore Airlines avec sa ligne Singapore-New York JFK, couvrant quelque 15 350 km en plus de 18 heures de vol.

La conception de l'A350-1000ULR repose sur un équilibre entre performance technique et confort des passagers. Avec seulement 238 sièges répartis en quatre classes, l'avion mise sur l'espace et le bien-être pour des vols aussi longs. En Première classe, les voyageurs pourront bénéficier d'un lit complet et d'un fauteuil séparé, tandis que la classe Économique proposera des sièges ergonomiques et un espace accru. Une zone « bien-être » sera également intégrée à bord, un détail qui souligne l'ambition d'Airbus de rendre ces trajets interminables plus supportables.

Cependant, le calendrier de livraison a subi plusieurs reports. Initialement prévu pour 2025, puis repoussé à fin 2026, la première remise de l'appareil à Qantas est désormais fixée à avril 2027. L'avionneur justifie ce délai par les exigences techniques liées à l'optimisation de l'autonomie et à la certification du modèle. « La phase de tests reste intensive, et chaque vol apporte son lot d'enseignements pour finaliser l'appareil », a indiqué un porte-parole d'Airbus.

La compagnie australienne a passé commande de 12 A350-1000ULR, en plus de 12 autres A350-1000 destinés à des vols long-courriers moins exigeants en termes d'autonomie. Qantas mise sur cette flotte pour révolutionner ses liaisons entre l'Australie et l'Europe, réduisant ainsi les temps de trajet actuels – qui nécessitent généralement une ou plusieurs escales. « L'objectif est clair : offrir une alternative compétitive aux passagers souhaitant rejoindre Londres depuis Sydney en une seule étape », a expliqué un représentant de la compagnie.

Pour Airbus, ce projet s'inscrit dans une stratégie de diversification de sa gamme d'appareils long-courriers. L'A350-1000ULR rejoint ainsi la famille des biréacteurs A350, déjà plébiscitée pour son efficacité énergétique et son confort. Avec une consommation de carburant réduite de 25 % par rapport aux avions de génération précédente, l'appareil s'inscrit dans une logique de durabilité, un argument de poids face à la montée des exigences environnementales dans le secteur aérien.

Et maintenant ?

Plusieurs étapes clés restent à franchir avant l'entrée en service commerciale de l'A350-1000ULR. Une campagne de tests supplémentaires, incluant des vols long-courriers, est prévue d'ici la fin de l'année 2026. La certification finale par les autorités aériennes, prévue pour le premier trimestre 2027, sera déterminante. Qantas, de son côté, finalise actuellement la formation de ses équipages et l'aménagement de ses cabines, un processus qui pourrait également impacter le calendrier initial.

Si tout se déroule comme prévu, les premiers passagers pourront embarquer sur cet appareil en avril 2027, marquant ainsi l'avènement d'une nouvelle ère dans le transport aérien long-courrier. Pour l'industrie, ce vol Sydney-Londres sans escale pourrait bien redéfinir les standards des trajets intercontinentaux, poussant les concurrents à innover pour rester compétitifs. Autant dire que la course est désormais lancée.

L'A350-1000ULR se distingue par son autonomie accrue, permettant des vols jusqu'à 22 heures contre 16 à 18 heures pour le modèle standard. Cela implique une capacité de carburant augmentée, une optimisation de la masse à vide, et des aménagements intérieurs spécifiques pour le confort sur très longue durée, comme des zones de repos et des sièges ergonomiques renforcés.

Les retards s'expliquent par la nécessité d'achever une série de tests techniques approfondis, notamment sur l'autonomie réelle de l'appareil et sa certification par les autorités aériennes. Airbus a également souligné la complexité liée à l'intégration des systèmes spécifiques aux vols ultra-longs, comme la gestion optimisée de la pressurisation et de l'hygrométrie en cabine.