Le pape Léon XIV a reçu lundi 27 avril 2026 au Vatican Sarah Mullally, première femme à diriger l’Église d’Angleterre en tant qu’archevêque de Canterbury, pour une audience au cours de laquelle les deux responsables religieux ont appelé à l’unité entre les chrétiens afin de mieux promouvoir la paix dans le monde. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du premier déplacement international de l’archevêque depuis son intronisation en mars dernier, marque un nouveau chapitre dans les relations entre l’Église catholique et l’Église d’Angleterre, selon Le Figaro.
Cette audience intervient six mois après la rencontre entre le roi Charles III et le souverain pontife, une première pour un monarque britannique depuis la rupture avec Rome au XVIe siècle. Léon XIV a souligné, dans un discours publié par le Vatican, que « les divisions entre chrétiens affaiblissent notre capacité à être des porteurs efficaces de la paix du Christ », alors que le monde fait face à de multiples crises. Le pape a évoqué des avancées sur des sujets historiquement conflictuels, tout en reconnaissant que « de nouveaux problèmes sont apparus ces dernières décennies », sans préciser lesquels.
Ce qu'il faut retenir
- Le pape Léon XIV a reçu l’archevêque de Canterbury Sarah Mullally le 27 avril 2026 au Vatican.
- Il s’agit de la première rencontre entre un souverain pontife et une femme à la tête de l’Église d’Angleterre.
- Les deux responsables ont appelé à l’unité entre les chrétiens pour renforcer leur rôle dans la promotion de la paix mondiale.
- Sarah Mullally, 63 ans, ancienne infirmière et mère de deux enfants, est la première femme à diriger l’Église d’Angleterre depuis sa création.
- Cette rencontre suit de six mois celle entre le roi Charles III et le pape, une première historique.
Une figure historique à la tête de l’Église d’Angleterre
Née en 1962, Sarah Mullally a été intronisée archevêque de Canterbury le 21 mars 2026, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste depuis la fondation de l’Église d’Angleterre sous le règne d’Henri VIII. Avant son élection, elle a exercé comme évêque de Londres et a travaillé comme infirmière dans les années 1990, avant de se tourner vers la vie religieuse. Mariée et mère de deux enfants, elle incarne une nouvelle génération de leaders chrétiens, dans une institution qui a longtemps été marquée par des débats internes sur l’ordination des femmes.
Depuis 2014, les femmes sont autorisées à devenir évêques au sein de l’Église d’Angleterre, une réforme qui reste cependant controversée parmi les fidèles. En effet, l’Église catholique, qui interdit toujours l’ordination des femmes, maintient une distance avec ces évolutions. La visite de Mullally intervient dans un contexte où les relations entre les deux Églises, bien qu’améliorées depuis des siècles, restent marquées par des désaccords profonds, notamment sur des questions théologiques et organisationnelles.
Un appel à l’unité face aux défis contemporains
Dans son discours, Léon XIV a rappelé que « notre monde en souffrance a grandement besoin de la paix du Christ », tout en insistant sur la nécessité pour les chrétiens de surmonter leurs divisions. Le pape a salué les progrès réalisés entre les deux Églises, sans pour autant évoquer de manière détaillée les « nouveaux problèmes » apparus ces dernières décennies. Cette rencontre intervient dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes, où le rôle des religions dans la médiation et la promotion de la paix est régulièrement questionné.
Sarah Mullally, pour sa part, a été reçue en tant que chef spirituel de l’Église d’Angleterre, une institution qui revendique des millions de fidèles à travers le monde. Son voyage à Rome s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens avec l’Église catholique, malgré les différences persistantes sur des sujets comme l’accès des femmes aux fonctions sacerdotales ou la gestion des affaires internes. Cette audience papale pourrait ainsi ouvrir la voie à des échanges plus fréquents entre les deux institutions.
Un contexte historique marqué par des avancées et des tensions
La nomination de Sarah Mullally s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’Église d’Angleterre, qui a progressivement ouvert ses portes aux femmes depuis le début des années 2000. En 2016, elle-même a été élue évêque de Londres, devenant la première femme à occuper ce poste. Son élection à Canterbury en 2026 marque une nouvelle étape, mais aussi un défi : concilier les attentes des fidèles progressistes et les résistances des traditionalistes.
Du côté catholique, la position reste inchangée. Le pape Léon XIV, élu en 2024, a réaffirmé à plusieurs reprises l’opposition de l’Église romaine à l’ordination des femmes, tout en saluant les avancées du dialogue œcuménique. Cette rencontre avec Mullally pourrait donc être perçue comme un geste symbolique, visant à montrer la volonté des deux Églises de travailler ensemble malgré leurs différences. Reste à voir si cette volonté se traduira par des actions concrètes dans les mois à venir.
Enfin, cette audience intervient dans un contexte où les relations entre le Vatican et le Royaume-Uni connaissent un réchauffement notable. Le roi Charles III, chef de l’Église d’Angleterre, a rencontré le pape en octobre 2025, une première depuis la rupture avec Rome il y a près de cinq siècles. Cette visite de Mullally à Rome pourrait ainsi être interprétée comme une volonté de renforcer les liens entre les deux institutions, dans un monde où les défis communs, comme la montée des tensions internationales ou la sécularisation, appellent à une coopération accrue.
Alors que les deux responsables religieux ont appelé à l’unité, l’avenir dira si cette rencontre marquera le début d’une nouvelle ère de collaboration entre catholiques et anglicans.
Sarah Mullally est la première femme à occuper le poste d’archevêque de Canterbury, un rôle clé dans l’Église d’Angleterre, depuis sa création au XVIe siècle sous Henri VIII. Son élection en mars 2026 marque une avancée majeure pour l’égalité des sexes au sein de cette institution, bien que les débats sur l’ordination des femmes persistent.