Une expédition historique est en cours au-dessus de l’océan Atlantique. Trois pilotes ont décollé dans la matinée du jeudi 4 juin 2026 depuis Presque Isle, dans le Maine (États-Unis), à bord du ballon Atlantic Explorer. Leur objectif : réaliser la première traversée transatlantique en ballon gonflé à l’hydrogène, une première mondiale selon Numerama.
Ce qu'il faut retenir
- Trois pilotes à bord : Bert Padelt (Américain), Peter Cuneo (Américain) et Alicia Hempleman-Adams (Britannique), en vol depuis le 4 juin 2026.
- Un ballon gonflé à l’hydrogène, une première technique pour une traversée transatlantique.
- Une distance de 5 500 kilomètres à parcourir, avec une arrivée prévue en Europe continentale.
- Un vol en nacelle ouverte, à une altitude d’environ 3 000 mètres, pendant 4 à 6 jours.
- Plusieurs tentatives infructueuses depuis 2023, dont une fuite de gaz ayant forcé un atterrissage en 2025.
L’équipe, composée de Bert Padelt, Peter Cuneo et Alicia Hempleman-Adams, a quitté un champ de Presque Isle à 7h30 (heure locale) sous un ciel dégagé. Leur trajectoire les emmène vers l’Europe, en suivant les vents dominants à une vitesse moyenne de 74 km/h à une altitude de 3 000 mètres. Selon les dernières données, le ballon évolue actuellement à 9 850 pieds, soit environ 3 000 mètres d’altitude.
Ce qui rend cette expédition unique, c’est l’utilisation exclusive de l’hydrogène comme gaz porteur. Contrairement aux précédentes tentatives, qui reposaient sur l’hélium, l’hydrogène offre une meilleure portance et un coût bien moindre. Cependant, son inflammabilité reste un défi majeur, rappelant les risques associés au dirigeable Hindenburg. Pour l’équipe, il s’agit avant tout d’un exploit technologique, même si aucun transport aérien futur n’est envisagé à court terme.
Le pilotage de l’Atlantic Explorer repose sur des méthodes traditionnelles : pour monter, les pilotes lâchent du lest (sable) ; pour descendre, ils ouvrent une valve afin de libérer une partie de l’hydrogène contenu dans l’enveloppe. Une fois l’hydrogène relâché, il ne peut être remplacé en vol, ce qui oblige l’équipage à gérer avec précision leur altitude. Selon le communiqué de l’équipe, l’objectif est d’éviter de trop descendre afin de préserver la stabilité du ballon.
Un parcours semé d’embûches depuis 2023
Cette tentative n’est pas le premier essai de l’équipe. Les préparatifs remontent à 2023, mais la météo avait forcé le report du décollage d’un an. En 2024, l’équipe avait été clouée au sol au Nouveau-Brunswick, et en 2025, une fuite de gaz avait entraîné un atterrissage d’urgence sur l’Île-du-Prince-Édouard, seulement douze heures après le départ. Pour Bert Padelt, constructeur du ballon et âgé de 66 ans, il s’agit du quatrième essai. Quant à Cuneo et Hempleman-Adams, ils en sont à leur deuxième tentative.
Le choix du départ depuis Presque Isle n’est pas anodin. C’est depuis cette même ville que le premier ballon avait réussi une traversée transatlantique en 1978. Peter Cuneo, interrogé par la presse, estime à 50 % les chances de réussite de l’expédition, précisant que les 24 premières heures seront déterminantes.
Pour suivre en temps réel la position du ballon, l’équipe a mis en place une page dédiée. Par ailleurs, l’application FlightRadar, spécialisée dans le suivi des avions, a intégré pour la première fois un pictogramme de ballon parmi les aéronefs en vol. Cette innovation a permis à de nombreux utilisateurs de suivre l’évolution de l’Atlantic Explorer, qui suit actuellement une route d’aviation conventionnelle en direction de l’Europe via le Nord de l’Atlantique.
Une technologie alternative aux ballons à hélium
L’hydrogène, bien que moins coûteux et plus performant que l’hélium, reste un gaz hautement inflammable. Aucune équipe n’avait jusqu’ici tenté une traversée transatlantique avec ce gaz, et pour cause : le risque d’explosion est bien réel. L’équipage a donc dû adapter ses procédures de sécurité, notamment en limitant les descentes brutales et en évitant toute source d’étincelles.
Selon les données techniques communiquées par l’équipe, l’enveloppe du ballon mesure plusieurs milliers de mètres cubes. La nacelle, ouverte, offre une vue imprenable sur l’océan, mais expose aussi les pilotes aux conditions météo. Les températures en altitude peuvent chuter rapidement, et les vents, bien que stables dans cette zone, restent imprévisibles à long terme.
Un suivi en temps réel pour les passionnés
Pour ceux qui ne disposent pas de FlightRadar, la position du ballon est accessible via une page dédiée mise en ligne par l’équipe du projet. Cette transparence permet au public de suivre l’avancée de l’expédition, un choix qui s’inscrit dans la volonté de démocratiser cette aventure scientifique et technique.
Si la traversée aboutit, ce sera une première mondiale, un exploit technique et sportif. En cas d’échec, il s’agira de la quatrième tentative infructueuse pour l’équipe. Cependant, comme le souligne Bert Padelt, l’objectif dépasse le simple fait d’atteindre l’Europe : il s’agit de prouver la faisabilité d’une telle expédition, ouvrant peut-être la voie à de futures explorations.
Cette aventure rappelle que l’exploration, même à l’ère des avions et des satellites, conserve une part de mystère et de défi humain. Qu’elle aboutisse ou non, elle marque une étape dans l’histoire de l’aérostation, en prouvant que des solutions alternatives, comme l’hydrogène, peuvent être envisagées malgré leurs risques.
L’hydrogène offre une portance supérieure à celle de l’hélium, tout en étant bien moins coûteux. Cependant, son inflammabilité le rend dangereux, un risque que l’équipe a tenté de minimiser par des procédures strictes. Selon l’équipe, ce choix s’inscrit dans une volonté de repousser les limites techniques, même si l’hélium reste la norme pour les vols commerciaux.
Si le ballon parvient à traverser l’Atlantique, l’équipe devra encore négocier les derniers miles nautiques avant une descente. Le point d’arrivée exact dépendra de la trajectoire finale, mais une arrivée en Europe continentale est envisagée. Une fois au sol, une analyse technique sera menée pour évaluer les performances du ballon et préparer d’éventuels futurs projets.