Alors que la guerre en Ukraine a entraîné le départ des responsables politiques occidentaux, le forum économique international de Saint-Pétersbourg s’ouvre ce mercredi 3 juin 2026 pour quatre jours de travaux, selon RFI. En l’absence notable des représentants des pays européens et américains, cette édition accueille cependant des délégués de 130 pays. Parmi eux figurent des élus du parti allemand d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), ainsi que des entreprises allemandes, dont la présence suscite des réactions en Allemagne.
Ce qu'il faut retenir
- Le forum économique de Saint-Pétersbourg se tient du 3 au 6 juin 2026, malgré l’absence des pays occidentaux
- Des représentants de 130 pays sont présents, dont des élus de l’AfD et des entreprises allemandes
- La participation de l’Allemagne à cet événement déclenche un débat politique et médiatique dans le pays
Un forum sous tension géopolitique
Depuis le début de la guerre en Ukraine, les grandes puissances occidentales boycottent le forum économique de Saint-Pétersbourg. Les sanctions internationales et les tensions diplomatiques ont poussé de nombreux pays à se retirer, laissant le champ libre aux délégations venues d’Asie, d’Afrique ou du Moyen-Orient. Pourtant, malgré cette désaffection, l’événement reste un rendez-vous économique majeur pour le Kremlin, qui mise sur cette plateforme pour maintenir des liens avec des partenaires non-alignés.
Côté allemand, la présence d’entreprises et de personnalités politiques à ce forum ne passe pas inaperçue. Plusieurs médias et responsables politiques dénoncent déjà une forme de légitimation du pouvoir russe, alors que Moscou est engagé dans un conflit dont les conséquences humanitaires et géopolitiques pèsent lourdement sur l’Europe.
L’AfD et les entreprises allemandes dans le viseur
Parmi les participants allemands, des députés de l’Alternative für Deutschland (AfD) se sont rendus à Saint-Pétersbourg. Ce parti, classé à l’extrême droite par la plupart des observateurs politiques, est régulièrement pointé du doigt pour ses positions pro-russes et son opposition à la politique de soutien à l’Ukraine menée par le gouvernement allemand. Leur présence à un événement organisé par un régime sous sanctions internationales est perçue comme une provocation par une partie de l’opinion publique et des médias.
Parallèlement, plusieurs entreprises allemandes, dont des filiales de grands groupes industriels, ont également fait le déplacement. Certaines justifient leur présence par la nécessité de maintenir des relations commerciales dans un contexte où les échanges avec la Russie sont pourtant très encadrés. D’autres, en revanche, sont critiquées pour leur apparent manque de prudence face aux risques politiques et juridiques liés à leurs activités en Russie.
Un débat qui divise en Allemagne
La polémique enfle en Allemagne, où des responsables politiques et des associations dénoncent une « prosternation devant un criminel de guerre », selon les termes utilisés par certains députés. Dans une déclaration rapportée par les médias locaux, un membre du Bundestag a qualifié cette participation d’« erreur stratégique », soulignant que la présence allemande à Saint-Pétersbourg envoie un mauvais signal à Kiev et à ses partenaires européens.
De leur côté, les défenseurs de la participation allemande estiment que maintenir un dialogue économique avec la Russie est essentiel pour préserver des intérêts à long terme, notamment dans des secteurs comme l’énergie ou la chimie. Certains responsables d’entreprises ont d’ailleurs précisé que leurs activités en Russie respectaient strictement les réglementations en vigueur, y compris les sanctions européennes.
Cette participation allemande à un événement organisé par un régime en guerre interroge plus largement sur la cohérence des politiques européennes. Alors que l’Union européenne maintient une ligne dure face à Moscou, certains États membres, à travers des initiatives individuelles, semblent contourner ces positions. La question de la coordination entre les membres de l’UE sur ce dossier pourrait donc revenir sur le devant de la scène dans les prochaines semaines.
En 2026, l’Union européenne maintient un ensemble de sanctions contre la Russie, incluant des restrictions sur les exportations de technologies sensibles, des interdictions de transactions financières pour certaines banques russes, et des mesures visant à limiter l’accès du pays aux marchés européens. Ces sanctions sont régulièrement prolongées et durcies en fonction de l’évolution du conflit en Ukraine.