Le ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad, a officiellement apporté son soutien à Édouard Philippe pour la présidentielle de 2027, le qualifiant de « mieux placé » pour « rassembler » la famille politique du centre et élargir vers la droite. Selon BFM - Politique, cette annonce intervient alors que la campagne électorale s’annonce déjà comme l’une des plus disputées de la Ve République, avec plusieurs candidats issus du bloc central en lice.

Dans un entretien diffusé sur France 2 ce mercredi 26 août 2026, Benjamin Haddad a justifié son choix par la capacité présumée d’Édouard Philippe à fédérer. « Je pense qu’il est le mieux placé pour rassembler notre famille politique et élargir, notamment pour faire l’alliance du centre et de la droite, que j’espère », a-t-il déclaré. Le ministre a également salué le « message ferme » du maire du Havre sur les questions régaliennes, la sécurité et les migrations, ainsi que son engagement en faveur d’une « ambition forte sur la scène internationale et européenne ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre Benjamin Haddad a annoncé le 26 août 2026 son soutien à Édouard Philippe pour l’élection présidentielle de 2027.
  • Haddad considère Philippe comme « le mieux placé » pour « rassembler » le centre et élargir vers la droite.
  • Cette déclaration intervient alors que plusieurs ministres de Renaissance ont déjà rejoint la candidature d’Édouard Philippe.
  • Haddad avait précédemment soutenu Rachida Dati (LR) lors des municipales parisiennes de 2026, malgré la candidature officielle de Renaissance.
  • Le ministre met en avant les positions de Philippe sur la sécurité, les migrations et l’Europe comme arguments de son ralliement.

Un ralliement qui s’inscrit dans une dynamique de recomposition politique

Ce soutien s’ajoute à ceux de plusieurs autres figures du gouvernement et de la majorité présidentielle. Comme le rapporte BFM - Politique, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le ministre de la Transition écologique Mathieu Lefèvre ont déjà apporté leur appui à Édouard Philippe. Une situation qui illustre les tensions internes au sein de Renaissance, le parti du président Emmanuel Macron, alors même que son secrétaire général, Gabriel Attal, s’est également déclaré candidat à la présidentielle.

Benjamin Haddad, membre de Renaissance, avait pourtant marqué les esprits début 2026 en soutenant la campagne municipale de Rachida Dati (Les Républicains) à Paris, alors que son parti présentait son propre candidat, Pierre-Yves Bournazel (Horizons). Cette prise de position avait alors révélé des divisions au sein de la majorité présidentielle, certains membres n’hésitant pas à s’affranchir des consignes partisanes pour rejoindre d’autres figures politiques.

Les arguments avancés par Haddad pour justifier son choix

Dans son entretien sur France 2, Benjamin Haddad a détaillé les raisons de son ralliement à Édouard Philippe. Il a notamment salué le « message ferme sur le régalien, sur la sécurité et sur les migrations », des thèmes au cœur des débats politiques actuels. Le ministre a également mis en avant la capacité de Philippe à « porter une ambition forte sur la scène internationale et européenne », un domaine où l’ancien Premier ministre a déjà marqué son engagement, notamment lors de son passage à Matignon entre 2017 et 2020.

« Nous avons vocation à tous nous rassembler, sinon ce sera la catastrophe pour le pays », a-t-il insisté, évoquant la nécessité d’une union dès le premier tour de la présidentielle avec le candidat Les Républicains Bruno Retailleau. Haddad a précisé que cette alliance pourrait se concrétiser « quand on arrivera vers l’hiver », sans donner de date précise. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où les sondages récents montrent un recul d’Édouard Philippe dans les intentions de vote, au profit de Gabriel Attal, qui a estimé qu’il n’y avait « plus de favori » dans le bloc central.

« Nous faisons partie de la même famille politique et bien sûr, nous avons vocation à tous nous rassembler. Sinon, ce sera la catastrophe pour le pays. »
Benjamin Haddad, ministre délégué à l’Europe

Un contexte politique marqué par les divisions internes

L’annonce de Benjamin Haddad illustre les profondes divisions qui traversent la majorité présidentielle à l’approche de la présidentielle. Alors que Gabriel Attal, actuel chef de Renaissance, a lancé sa propre campagne, plusieurs ministres et figures du parti semblent privilégier Édouard Philippe, perçu comme un candidat plus à même de fédérer au-delà des clivages traditionnels. Cette situation rappelle celle de 2022, lorsque les dissidences internes avaient marqué la campagne d’Emmanuel Macron.

Les soutiens à Édouard Philippe s’inscrivent également dans une stratégie de rassemblement avec Les Républicains, un parti avec lequel Renaissance a déjà engagé des discussions, notamment sur les questions migratoires. Édouard Philippe avait d’ailleurs présenté ses « priorités » pour Mayotte en août 2026, insistant sur la nécessité de « reprendre le contrôle » de l’immigration et de reconstruire les infrastructures de l’archipel, un sujet qui pourrait devenir central dans la campagne.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir d’autres ralliements au sein de Renaissance, alors que les candidats du bloc central affinent leurs stratégies pour le premier tour prévu en avril 2027. La capacité d’Édouard Philippe à rassembler au-delà des clivages partisans pourrait être déterminante, surtout si les sondages continuent de montrer une fragmentation des voix au centre. Reste à voir si les tensions internes à Renaissance se calmeront ou, au contraire, s’accentueront dans les mois à venir.

Dans un paysage politique en pleine recomposition, cette dynamique de soutiens multiples pourrait redéfinir les équilibres du futur exécutif, quel que soit le vainqueur de la présidentielle. Une chose est sûre : la bataille pour le centre et la droite s’annonce comme l’un des enjeux majeurs de ce scrutin.

Benjamin Haddad a justifié son choix en soulignant la capacité présumée d’Édouard Philippe à « rassembler » le centre et à élargir vers la droite, notamment sur les questions de sécurité et de migrations. Il a également mis en avant le « message ferme » de Philippe sur ces thèmes, ainsi que son expérience gouvernementale, comme des atouts pour fédérer au-delà des clivages partisans.

Quatre ministres membres de Renaissance ont déjà apporté leur soutien à Édouard Philippe : Gérald Darmanin (Justice), Maud Bregeon (porte-parole du gouvernement), Mathieu Lefèvre (Transition écologique) et Benjamin Haddad (Europe). Ces ralliements illustrent les divisions internes au sein du parti présidentiel.