« On risque d’avoir un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national. » Selon BFM - Politique, Élisabeth Borne, ancienne Première ministre et actuelle ministre de l’Éducation nationale, a exprimé ses craintes quant à la multiplication des candidatures à l’élection présidentielle de 2027. Elle pointe notamment les ambitions de Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau, redoutant que leur éparpillement ne favorise une polarisation extrême du scrutin.

Ce qu'il faut retenir

  • Élisabeth Borne met en garde contre un risque de second tour entre LFI et le RN en 2027, lié à la fragmentation des candidatures.
  • Elle critique l’éparpillement des ambitions, citant spécifiquement Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau.
  • La ministre évoque une « multiplication des candidatures » et un « concours de celui qui aura le plus gros meeting ».
  • Elle réaffirme son soutien à la macronie, estimant qu’« il est encore trop tôt pour désigner un successeur » à Emmanuel Macron.

Une division qui pourrait profiter aux extrêmes

Pour Élisabeth Borne, la multiplication des postulants au sein de la majorité présidentielle affaiblit la capacité à fédérer un électorat modéré. « On a trop de candidats qui veulent jouer leur propre partition », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette fragmentation pourrait mener à un scénario redouté : un duel entre l’extrême gauche et l’extrême droite. Selon elle, cette situation « n’est pas une fatalité », mais elle exige une clarification rapide du camp présidentiel.

La ministre a également critiqué les ambitions précoces de Gabriel Attal, qu’elle considère comme « pas son patron ». Pour Borne, les priorités devraient se concentrer sur les élections municipales de 2026, plutôt que sur une course à l’Élysée déjà entamée. Elle estime que « l’essentiel » sépare les deux figures, sans préciser davantage.

La macronie, une force à reconstruire

Invitée de BFMTV fin mai 2026, Élisabeth Borne a réaffirmé son attachement à la macronie, tout en reconnaissant que le mouvement traverse une période de turbulences. « Je me battrai pour qu’elle soit en mesure de l’emporter en 2027 », a-t-elle lancé, soulignant que « la macronie n’est pas finie ». Elle a également écarté l’idée d’un choix prématuré de successeur pour Emmanuel Macron, préférant attendre une dynamique collective.

Cette position s’inscrit dans un contexte où plusieurs membres du gouvernement, comme Bruno Retailleau ou Gérald Darmanin, affichent des orientations plus droitières. Borne, elle, se présente comme un « facteur d’équilibre », défendant l’esprit originel du macronisme. « Porter une force et une ligne centrale » est, selon elle, la clé pour éviter une dérive vers les extrêmes.

Les autres sujets qui animent l’ancienne Première ministre

Outre ses prises de position sur la présidentielle, Élisabeth Borne a multiplié les interventions sur des dossiers éducatifs et sociétaux. En août 2025, elle a annoncé une réforme du contrôle continu au baccalauréat pour 2026, incluant notamment la prise en compte des notes de rattrapage. « Les modalités d’évaluation du baccalauréat sont aménagées », a-t-elle précisé, sans entrer dans les détails techniques.

Sur le plan éducatif, Borne a également mis en avant des mesures comme l’introduction d’une intelligence artificielle pour aider les enseignants à préparer leurs cours, ou encore des tests de sport en 6e pour lutter contre la sédentarité. « La pratique du sport à l’école permet de lutter contre la sédentarité », a-t-elle rappelé lors d’une conférence de presse en avril 2026. Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté de moderniser le système éducatif, tout en répondant à des enjeux de sécurité, comme les fouilles inopinées des sacs dans les collèges et lycées, annoncées pour faire face aux agressions récurrentes.

Un désaccord avec Bruno Le Maire sur les dépenses publiques

Élisabeth Borne a également croisé le fer avec Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, sur la question des finances publiques. Interrogée sur d’éventuelles leçons à recevoir concernant la maîtrise des dépenses, elle a rétorqué : « Je n’ai pas de leçons à recevoir. » Elle a défendu sa gestion, affirmant que « la rigueur budgétaire est nécessaire, mais elle doit être équilibrée ». Ce différend illustre les tensions au sein du gouvernement, où les approches économiques et sociales divergent parfois.

Sur le plan sociétal, Borne a exprimé des réserves sur l’interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans, une mesure portée par Renaissance. « J’ai les plus grands doutes sur la constitutionnalité de la mesure », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que le débat devait être ouvert. Elle a également défendu le programme d’éducation à la sexualité, malgré les critiques de certains conservateurs qui dénoncent une « théorie du genre ». Pour elle, ce programme est « indispensable » pour aborder des sujets comme les stéréotypes de genre ou les influences toxiques en ligne.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une clarification des positions au sein de la majorité présidentielle, avec une possible structuration du « bloc central ». Élisabeth Borne a évoqué une réflexion sur une fusion entre Renaissance et le Modem, si les désaccords idéologiques le permettent. Par ailleurs, la campagne pour les municipales de 2026, où les femmes sont appelées à s’engager, pourrait offrir un terrain d’expérimentation pour les idées portées par la ministre. Reste à voir si ces initiatives suffiront à éviter une fragmentation durable du camp présidentiel.

En conclusion, les prises de position d’Élisabeth Borne reflètent une volonté de préserver l’héritage macroniste, tout en naviguant entre les ambitions personnelles et les impératifs collectifs. Son rôle de « facteur d’équilibre » sera déterminant dans les mois à venir, à l’approche d’une présidentielle où les divisions pourraient coûter cher.

Élisabeth Borne estime que leurs ambitions présidentielles précoces et leur éparpillement affaiblissent la majorité. Selon elle, cette fragmentation risque de mener à un second tour entre La France insoumise et le Rassemblement national, une situation qu’elle juge dangereuse pour la démocratie. « On a trop de candidats qui veulent jouer leur propre partition », a-t-elle déclaré.