À un an de l’élection présidentielle, Bruno Retailleau, président des Républicains, table sur les tensions internes au camp présidentiel pour renforcer sa position. Selon Le Figaro – Politique, le sénateur de Vendée organisera son premier meeting de campagne fin juin, sans la participation de Laurent Wauquiez ni de Xavier Bertrand, deux figures historiques du parti. Autour de Retailleau, certains élus locaux estiment que la rivalité entre Édouard Philippe et Gabriel Attal pourrait jouer en faveur de la droite, malgré les déchirures au sein des Républicains.

Ce qu’il faut retenir

  • Bruno Retailleau organise son premier meeting de campagne fin juin, sans Wauquiez et Bertrand.
  • La rivalité entre Édouard Philippe et Gabriel Attal est perçue comme une opportunité par certains élus LR.
  • Les militants LR expriment des craintes quant à une proximité avec les « héritiers » de Macron.
  • Retailleau cherche à cultiver son indépendance face aux figures macronistes.

Un meeting sans les figures historiques de LR

Bruno Retailleau, candidat déclaré à la présidentielle, lancera officiellement sa campagne par un meeting prévu en fin du mois de juin. Cependant, deux personnalités majeures du parti, Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand, ne participeront pas à l’événement. Selon Le Figaro – Politique, leur absence est déjà interprétée comme un signe des tensions persistantes au sein des Républicains. Wauquiez, qui avait pourtant été pressenti pour jouer un rôle clé dans la campagne, a confirmé son refus, tout comme Bertrand, tous deux invoquant des raisons personnelles ou stratégiques.

Le duel Philippe-Attal, une aubaine pour Retailleau ?

À l’approche de la primaire de la droite, la rivalité entre Édouard Philippe, maire du Havre et figure historique de LR, et Gabriel Attal, actuel patron du parti Renaissance, est scrutée avec attention par les observateurs. « Ils vont s’user l’un l’autre ! », prédit un proche de l’ancien ministre de l’Intérieur, cité par Le Figaro – Politique. Autour de Retailleau, on estime que ce duel fratricide, loin d’affaiblir LR, pourrait paradoxalement lui profiter en marginalisant les héritiers de Macron. « Quand Philippe recule sur les retraites, Attal promet un monde meilleur sans jamais nous dire comment. Bref, c’est du Macron », s’amuse un proche de l’ancien ministre de l’Intérieur.

Les militants LR divisés sur la stratégie à adopter

Certains élus locaux expriment une inquiétude croissante quant aux « dangers » d’une éventuelle proximité entre LR et les « héritiers » de Macron. Un an avant le scrutin, une partie des militants s’interroge sur la ligne à suivre : faut-il s’opposer frontalement à la politique macroniste ou, au contraire, tenter de capter une partie de son électorat ? Pour Retailleau, la réponse semble claire : cultiver une indépendance totale vis-à-vis des figures issues de l’ex-majorité présidentielle. « À l’automne, nos courbes se croiseront », a-t-il déclaré en référence à Philippe et Attal, rappelant ainsi sa volonté de s’imposer comme l’alternative crédible.

« Quand Philippe recule sur les retraites, Attal promet un monde meilleur mais sans jamais nous dire comment. Bref, c’est du Macron. »
— Un proche de l’ancien ministre de l’Intérieur, cité par Le Figaro – Politique

Un contexte politique toujours aussi incertain

Alors que la dernière vague de l’étude Ifop-Fiducial, révélée en exclusivité par Le Figaro – Politique, confirme que le jeu reste ouvert pour la qualification au second tour, LR tente de se positionner comme un acteur central. Pourtant, les divisions internes persistent. Certains élus locaux perçoivent un malaise croissant parmi les militants, qui craignent une dilution de l’identité du parti dans une alliance avec les macronistes. Pour Retailleau, l’enjeu est double : convaincre les indécis tout en évitant de reproduire les erreurs du passé.

Et maintenant ?

Le meeting prévu fin juin devrait donner une première indication sur la capacité de Retailleau à fédérer au-delà des clivages traditionnels. Si le duel entre Philippe et Attal continue de s’intensifier, LR pourrait en profiter pour se présenter comme la seule alternative crédible face à une majorité présidentielle affaiblie. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la stratégie de Retailleau, notamment sur les questions économiques et sociales, où les positions de LR restent à préciser.

Reste à voir si les électeurs de droite seront sensibles à ce discours de rupture ou s’ils privilégieront, une fois encore, une alliance avec les figures macronistes. La présidentielle 2027 s’annonce plus ouverte que jamais, avec des équilibres encore fragiles.