Dominique de Villepin, figure politique française connue pour son passage à Matignon sous la présidence de Jacques Chirac, était en déplacement à La Rochelle (Charente-Maritime) ce jeudi 28 mai 2026. La visite, sous un soleil écrasant, s’est déroulée sous les traits d’une campagne électorale anticipée, alors que l’ancien Premier ministre n’a pas encore officiellement déclaré sa candidature pour la présidentielle de 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • Une visite à La Rochelle sous forme de campagne électorale, avec des rencontres publiques et des échanges avec les habitants, le 28 mai 2026.
  • Un discours axé sur le rassemblement, excluant les partis comme le Rassemblement National et La France insoumise, selon son entourage.
  • Une vision « éco-gaulliste » revendiquée par de Villepin, mettant en avant la souveraineté française et l’humanisme.
  • Un mouvement déjà structuré : La France humaniste revendique 50 000 adhérents, avec 100 personnes mobilisées pour recueillir des parrainages, une faiblesse en 2012.
  • Une candidature quasi certaine pour 2027, selon ses proches, qui affirment que le processus est déjà en marche.

Selon Franceinfo – Politique, Dominique de Villepin a multiplié les interactions avec la population locale lors de ce déplacement. « Ce que j’aime, c’est aller à la rencontre, c’est sentir le pays », a-t-il déclaré en interpellant les passants : « Vous êtes d’où ? Vous êtes d’ici ? Et heureux ? » Face à un jeune homme qui lui a répondu « On espère que ce sera pareil en 2027 », l’ancien Premier ministre a enchaîné : « Et là, il faut se rassembler. Vous avez compris le leitmotiv ? Que tous les talents se rassemblent. »

Cette logique de rassemblement, présentée comme une condition sine qua non pour gouverner avec une majorité solide, est au cœur de sa stratégie. Son entourage précise qu’il s’entretient déjà avec « tous les responsables politiques, hors Rassemblement National et La France insoumise ». Une position qui vise à élargir son électorat au-delà des clivages traditionnels.

Un discours entre humanisme et souveraineté

Dominique de Villepin a développé devant un public de plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux étudiants en sciences politiques, sa vision d’un « éco-gaullisme ». « Si on veut vraiment être capable de penser l’avenir, il faut qu’on puisse être souverain », a-t-il souligné. Cette ligne politique, mêlant écologie et gaullisme, cherche à séduire un électorat en quête de repères dans un paysage politique fragmenté.

« Rien que déjà la France humaniste. J’ai du mal à entendre des politiciens de droite parler d’humanisme », a réagi Tom, étudiant en première année de sciences politiques, présent lors de la réunion. Son commentaire illustre l’attrait que peut exercer le mouvement de Villepin auprès des jeunes générations, même si le scepticisme persiste sur la crédibilité de ses propositions concrètes.

Un couple de curieux, venu assister à l’événement sans adhésion préalable, a exprimé des réserves. « Pour l’instant, il ne propose rien. Ça ne touche pas les sujets qui nous tiennent vraiment à cœur. Il n’a rien dit de tranchant », a commenté l’un d’eux. Son interlocuteur a tempéré : « Je ne suis pas de droite, je ne suis pas de gauche, je suis pour la France. Mais le but n’était pas de nous convaincre. C’est de mobiliser des troupes. »

Une machine électorale déjà en branle

Malgré ces critiques, la campagne de Dominique de Villepin semble bel et bien lancée. Son mouvement, La France humaniste, revendique 50 000 adhérents, un chiffre qui reste à confirmer de manière indépendante. Plus concrètement, 100 personnes sont actuellement mobilisées pour recueillir les parrainages nécessaires à une candidature présidentielle – un écueil qui avait contribué à l’échec de sa tentative en 2012.

« Une chose est sûre, il y aura une candidature Dominique de Villepin », assure un fidèle du mouvement. Cette certitude s’appuie sur une dynamique déjà perceptible. Lors de son déplacement, l’ancien Premier ministre a été reconnu par plusieurs jeunes, comme Matis, qui a déclaré : « Je ne suis pas forcément de son parti. Mais j’aime bien quand même l’homme : du charisme, de la posture par rapport au discours à l’ONU. »

Une stratégie centrée sur l’exclusion des extrêmes

La ligne politique adoptée par de Villepin se veut inclusive, mais exclut délibérément deux formations majeures : le Rassemblement National et La France insoumise. Cette position, assumée par son entourage, vise à capter un électorat modéré, lassé par les divisions partisanes. « L’heure est venue ! » a-t-il lancé lors de sa réunion publique, martelant l’urgence d’un rassemblement des « talents » pour relever les défis du pays.

Pour autant, cette stratégie ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs politiques soulignent que l’exclusion des deux principaux partis de gauche et de droite radicale pourrait limiter son audience. « C’est du discours », a balayé Matis, reflétant un scepticisme partagé par une partie de l’opinion publique.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de la stratégie de Dominique de Villepin restent à préciser. Si son mouvement affirme être prêt à recueillir les parrainages d’ici la fin de l’année, la question de son ancrage territorial et de ses alliances politiques pourrait déterminer son succès. Une déclaration officielle de candidature pourrait intervenir d’ici la fin 2026, avant les premières primaires internes.

Reste à savoir si son discours, centré sur le rassemblement et la souveraineté, parviendra à séduire au-delà de son cercle de fidèles. Les élections européennes de juin 2024 et les régionales de 2027 pourraient offrir des premiers indicateurs sur sa capacité à fédérer.

Dominique de Villepin, qui avait déjà tenté une percée présidentielle en 2012 sans succès, mise aujourd’hui sur une stratégie plus large et une image renouvelée. Si sa visite à La Rochelle marque une étape concrète, l’épreuve de vérité résidera dans sa capacité à transformer l’essai lors des prochaines échéances électorales.

Selon son entourage, son mouvement mobilise déjà 100 personnes pour recueillir les parrainages nécessaires. Une déclaration officielle pourrait intervenir d’ici la fin 2026, avant les primaires internes et les élections régionales de 2027.

Son entourage précise qu’il s’entretient avec « tous les responsables politiques, hors Rassemblement National et La France insoumise », afin de capter un électorat modéré. Cette exclusion vise à élargir son audience au-delà des clivages traditionnels.