Le parti Europe Écologie Les Verts (EELV) a dévoilé, ce mercredi 2 septembre 2026, un nouveau volet de son programme économique en vue de l’élection présidentielle de 2027. Selon Le Monde – Politique, les écologistes proposent de renforcer la fiscalité sur les héritages les plus importants afin de dégager des ressources supplémentaires pour accélérer la transition écologique en France.

Ce qu'il faut retenir

  • Instaurer une contribution de 10 % sur les héritages dépassant 4 millions d’euros.
  • Ajouter une taxe supplémentaire de 10 % pour les héritages supérieurs à 13 millions d’euros.
  • Supprimer certaines niches et avantages fiscaux jugés incompatibles avec cette réforme.
  • Ces mesures visent à financer des investissements publics dans les énergies renouvelables et la rénovation énergétique.
  • Le parti estime que cette fiscalité ciblée pourrait générer plusieurs milliards d’euros par an.

Une fiscalité ciblée pour une transition écologique ambitieuse

Dans un contexte de tensions budgétaires et de besoin croissant de financements pour la transition écologique, EELV mise sur une réforme fiscale redistributive. Julien Bayou, secrétaire national du parti, a expliqué que cette contribution s’adresserait uniquement aux 0,1 % des héritiers les plus aisés. « Il s’agit de faire contribuer ceux qui ont déjà le plus profité du système », a-t-il souligné. Les fonds ainsi collectés seraient principalement destinés à des programmes de rénovation thermique des logements, au développement des transports en commun et à la recherche dans les énergies vertes.

Une suppression partielle des avantages fiscaux pour équilibrer l’impact

Pour limiter les effets de seuil et éviter les contournements, le parti écologiste propose aussi de supprimer certaines niches fiscales. Parmi elles figurent les dispositifs d’exonération partielle sur les donations familiales, jugés trop avantageux pour les patrimoines déjà importants. Cette mesure s’inscrit dans une logique de cohérence, puisque ces avantages réduisent mécaniquement les recettes publiques disponibles pour d’autres politiques publiques.

Selon les estimations internes d’EELV, cette réforme pourrait rapporter entre 5 et 7 milliards d’euros par an. « Ces fonds permettraient de financer près de 30 % du budget annuel nécessaire à la transition écologique », a précisé un proche collaborateur de Bayou. Le parti n’a pas encore détaillé comment ces recettes seraient réparties entre les différents postes de dépense, mais une priorité serait donnée aux projets locaux portés par les collectivités territoriales.

Un débat qui s’annonce tendu avec les autres forces politiques

Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur la fiscalité et la justice sociale, déjà vif en France. Si elle est saluée par une partie de la gauche, elle devrait rencontrer une forte opposition à droite et au centre, où l’on considère souvent que les droits de succession sont déjà trop élevés. Certains économistes, comme Nicolas Baverez, ont d’ores et déjà critiqué cette mesure, la qualifiant de « mauvaise idée économique » qui risquerait de décourager l’investissement et l’épargne.

À l’inverse, des associations comme OxFam France ont salué une avancée majeure vers une fiscalité plus progressive. « Taxer davantage les très grandes fortunes est un impératif pour réduire les inégalités et financer les urgences climatiques », a réagi le directeur de l’ONG. Le gouvernement actuel n’a pas encore réagi officiellement à cette proposition, mais le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait déjà exclu toute hausse des impôts dans le cadre du budget 2027.

Et maintenant ?

Cette proposition sera probablement intégrée au programme officiel d’EELV d’ici la fin de l’année, en vue des primaires écologistes prévues au printemps 2027. Reste à voir si elle sera reprise par d’autres forces politiques ou si elle restera un marqueur spécifique du parti vert. La prochaine étape consistera à affiner les modalités techniques de cette taxe et à en évaluer l’impact budgétaire précis. D’autres mesures fiscales pourraient être dévoilées dans les semaines à venir, notamment sur la taxation des superprofits ou des grandes entreprises polluantes.

Quoi qu’il en soit, ce débat s’inscrit dans un contexte où la question du financement de la transition écologique devient un enjeu central de la campagne présidentielle. Les prochains mois devraient permettre de mesurer l’écho que rencontrera cette proposition auprès des Français.

La taxe s’appliquerait uniquement aux héritages dépassant 4 millions d’euros, avec un taux de 10 %. Au-delà de 13 millions d’euros, une contribution supplémentaire de 10 % s’ajouterait, portant le taux total à 20 % pour ces patrimoines. Autant dire que seuls les très gros héritages seraient concernés.