Alors que la droite française se prépare à désigner son candidat pour l’élection présidentielle de 2027, le politologue Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France, met en garde contre une répétition des erreurs de 2022. Dans une tribune publiée par Le Figaro, il estime que le recours exclusif aux sondages d’opinion pour choisir un représentant affaiblirait la légitimité du futur candidat, et prône à la place l’organisation d’une primaire ouverte.
Ce qu'il faut retenir
- En 2022, la droite n’a pas organisé de primaire, privilégiant les sondages pour désigner son candidat.
- Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France, recommande une primaire pour renforcer la légitimité du candidat de la droite en 2027.
- Selon les enquêtes Ipsos-BVA, 81 % des Français expriment de la déception, du dégoût ou de la colère envers la politique, contre 11 % seulement qui ressentent de l’intérêt, de l’espoir ou de la passion.
- Le politologue souligne l’urgence pour la droite de proposer une alternative crédible face à un sentiment de stagnation et de gâchis.
Une primaire pour redonner du crédit à la droite
Pour Brice Teinturier, la campagne de 2027 représente une opportunité unique de restaurer la confiance dans les institutions politiques. Le Figaro rapporte que le politologue considère la primaire comme un outil essentiel pour permettre aux Français de trancher entre les différentes options proposées par les candidats. Selon lui, cette démarche offrirait au futur élu une légitimité renforcée pour mettre en œuvre son projet et relancer la dynamique du pays. Sans cette consultation démocratique, c’est l’incarnation même de l’alternance qui se trouverait fragilisée.
Teinturier rappelle que l’absence de primaire en 2022 a privé la droite d’un débat clair et d’une légitimité populaire. « Mieux vaut une primaire que de s’en remettre aux sondages d’opinion », affirme-t-il. L’enjeu dépasse la simple stratégie électorale : il s’agit de redonner aux citoyens un rôle central dans le choix des orientations politiques et économiques du pays.
Un contexte politique marqué par le pessimisme
Les dernières enquêtes d’opinion, réalisées conjointement par Ipsos et BVA, dessinent un paysage politique particulièrement morose. D’après Le Figaro, les sentiments négatifs dominent largement chez les Français : 81 % d’entre eux évoquent de la déception, du dégoût ou de la colère, tandis que seulement 11 % font état d’intérêt, d’espoir ou de passion pour la politique. Cette défiance généralisée reflète un sentiment de stagnation et de gâchis, alors que les défis économiques et sociaux restent immenses.
Teinturier souligne que cette atmosphère de défiance ne pourra être inversée que par une offre politique claire et incarnée par des personnalités légitimes. « La question de l’incarnation est devenue centrale », précise-t-il. Sans cela, le risque est de voir s’aggraver encore le fossé entre les citoyens et leurs représentants, dans un contexte où l’urgence d’agir est pourtant criante.
La droite face à son propre bilan
Valérie Pécresse, figure historique de la droite, a déjà appelé ses alliés à tirer les leçons de l’échec de 2022. Dans ses prises de position récentes, elle a insisté sur la nécessité de présenter une alternative crédible et unie. Brice Teinturier rejoint cette analyse en soulignant que la droite doit éviter de reproduire les mêmes erreurs, notamment en se reposant sur des enquêtes d’opinion fluctuantes pour désigner son champion.
Pour le politologue, une primaire permettrait non seulement de départager les candidats sur le fond, mais aussi de mobiliser les militants et les électeurs autour d’un projet commun. « Une primaire, c’est l’occasion de montrer que la droite est capable de débats sains et de propositions concrètes », explique-t-il. À l’inverse, une désignation par sondages risquerait de donner l’image d’une droite divisée et opportuniste, bien loin des attentes des Français.
Quoi qu’il en soit, Brice Teinturier rappelle que l’enjeu dépasse le simple cadre électoral : il s’agit de restaurer la confiance dans la démocratie représentative. « Sans légitimité, aucun projet ne peut aboutir », conclut-il. La balle est désormais dans le camp des dirigeants de la droite, qui devront choisir entre deux visions : une primaire démocratique ou une course aux sondages, au risque de prolonger une défiance déjà bien ancrée.
Selon Brice Teinturier, une primaire offre une légitimité démocratique bien supérieure à celle des sondages. Dans une tribune publiée par Le Figaro, il explique que les enquêtes d’opinion reflètent des opinions fluctuantes et ne permettent pas de départager clairement les candidats sur le fond. Une primaire, en revanche, permet aux militants et aux électeurs de trancher entre les programmes et les personnalités, ce qui renforce la crédibilité du futur candidat.
