Au Nigeria, le processus de désignation des candidats pour les élections générales de 2027 s’est ouvert officiellement le 23 mai 2026, avec une date limite fixée au samedi 30 mai par la commission électorale nationale. Ces primaires, qui concernent la présidentielle, les sièges du Sénat, de la Chambre des représentants, les assemblées législatives des États et les postes de gouverneur, révèlent des dissensions profondes au sein des partis d’opposition, selon RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Les primaires pour les élections de 2027 se déroulent du 23 au 30 mai 2026, sous la supervision de la commission électorale nigériane.
- Le scrutin de 2027 portera sur la présidentielle, les 109 sièges du Sénat, les 360 sièges de la Chambre des représentants, ainsi que les élections législatives et les gouverneurs des 36 États du pays.
- Les partis d’opposition présentent des divisions internes marquées, exploitées par le pouvoir en place ces derniers mois.
Ces primaires surviennent dans un contexte politique nigérian déjà tendu, où le parti au pouvoir, le Parti démocratique populaire (PDP), et ses alliés ont multiplié les stratégies pour affaiblir l’opposition. Selon RFI, les divisions au sein des partis d’opposition, notamment le Congrès des progressistes (APC), reflètent une stratégie délibérée du gouvernement pour fragmenter l’adversaire avant l’échéance électorale.
Parmi les enjeux majeurs, la désignation des candidats à la présidentielle retient particulièrement l’attention. Plusieurs figures de l’opposition ont dénoncé des irrégularités lors des scrutins internes, évoquant des pressions et des manipulations en faveur de certains candidats. « Les primaires doivent être transparentes et inclusives. Or, nous observons des méthodes qui remettent en cause la légitimité du processus », a déclaré un membre de l’APC sous couvert d’anonymat. Ces déclarations illustrent les tensions persistantes au sein des formations politiques.
Pour rappel, le Nigeria organise tous les quatre ans des élections générales, alternant entre scrutins présidentiels, législatifs et régionaux. La prochaine présidentielle est prévue pour février 2027, suivie des élections législatives et locales en mars de la même année. La commission électorale nationale (INEC) a déjà confirmé que plus de 90 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales, un chiffre en hausse par rapport à 2023.
Une fois les candidats désignés, les partis d’opposition devront se recentrer sur une stratégie commune pour affronter le pouvoir en place, à moins que les divisions actuelles ne s’aggravent. Les observateurs politiques soulignent que la capacité de l’opposition à s’unir sera déterminante pour l’issue du scrutin de 2027, alors que le président sortant, Bola Tinubu, brigue très probablement un second mandat.
Reste à voir si ces primaires, marquées par des tensions internes, permettront aux partis de présenter un front uni face à l’électorat nigérian.
Les deux principaux partis sont le Parti démocratique populaire (PDP), actuellement au pouvoir, et le Congrès des progressistes (APC), principal parti d’opposition. D’autres formations, comme le Parti travailliste (LP) ou le Parti des peuples du Nigeria (NNPP), pourraient aussi jouer un rôle significatif.
L’INEC supervise le processus en envoyant des observateurs dans chaque État et en vérifiant les listes de candidats. Cependant, des irrégularités ont déjà été signalées lors de scrutins précédents, notamment en 2022, lorsque des accusations de fraude avaient émaillé les primaires du PDP.